08/10/2008

a propos de tout

Lundi

 

Star planétaire

 

C’est par hasard que j’ai entendu sa voix pour la première fois. J’écoutait distraitement la radio en conduisant. Du coup c’était le choc. Un choc musical comme il vous en arrive tous les six mois. Je n’ai pas fait d’accident. Mais presque. Je savais que je venais de découvrir une toute grande chanteuse, une sorte de Bob Dylan au féminin, une personnalité exceptionnelle bourrée de talent. Je l’imaginais américaine ou anglaise. Et voilà qu’on me disait que la fille s’appelait Sophie Hunger, qu'elle vient de Zurich et qu'elle est la fille de Philippe Welti, notre ambassadeur à Téhéran. Sophie, inconnu il y a deux ans, a réalisé son premier album en 2006 dans sa cuisine. Aujourd'hui, à 25 ans, elle sort « Monday’s Ghost », son deuxième CD, enregistré dans des studios pro avec de très grands musiciens. En tournée actuellement, elle chantera à l’Octogone de Pully le 15 novembre. Dépechez-vous d’aller l’entendre live, je parie qu’elle ne restera pas très longtemps chez nous. Je lui prédis une carrière planétaire. Vous pouvez aussi l’admirer sur youtube. Tapez Sophie Hunger.  

 

 

 

Mardi

 

Excellentissime

 

Un livre passionnant à signaler : Vincent Philippe, un grand journaliste suisse installée à Paris vient de publier la première véritable biographie de Roland Béguelin, figure de proue de la lutte séparatiste jurassienne, qui était à son époque le Suisse le plus détesté de la classe politique. Je n’ai lu que le premier chapitre, ça doit être le plus ennuyeux. Parce qu’il contient une description de la vie à Tramelan - où est né Béguelin -  dans l’entre-deux-guerres. Il n’y est encore question ni de luttes, ni de conflits ni d’anecdotes hautes en couleur. Et pourtant ce premier chapitre est si bien écrit, si instructif, si divertissant que je me réjouis déjà de lire le reste. Comme toujours, c’est la première impression qui compte. Elle est excellentissime. (Roland Béguelin, la plume-épée, de Vincent Philippe, Ed. de l’Aire.) 

 

 

Mercredi

 

Débroussailler

 

Que faire quand il faut absolument couper l’herbe avant la première neige un dimanche ? Impossible d’y aller avec la débroussailleuse, cette machine à moteur fait un bruit infernal. Les voisins n’apprécieraient pas. Je me suis alors souvenu qu’il y avait une faux dans la grange, je suis allé la chercher et je me suis mis à imiter le geste de mes ancêtres paysans, tout seul, sans instruction.  Et ça a marché ! Mieux que je n'aurais pu le croire. L’expérience m’a laissé perplexe : avec la faux on coupe beaucoup plus d’herbe en moins de temps qu’avec la débroussailleuse. Ca fait moins de bruit, ça ne consomme pas d’essence, c’est moins cher et en plus ça vous fatigue moins ! Si, si, porter une débroussailleuse sur l’épaule, ce n’est pas si léger. Je pense que c’est la même chose pour ces balayeurs qui déambule avec leurs énormes souffleries dans nos villes. Allez savoir si ce ne serait pas plus efficace de faire le travail avec les beaux vieux balais.  

 

 

Jeudi

 

Ciao Gatto !

  

Quand on me parle du Matin, sept fois sur dix on me donne des salutations et des compliments pour Jean-Pierre Gattoni, l’auteur du billet quotidien « Au jour le jour ». Un jour, ma coiffeuse m’a demandé si je connaissais Gattoni, un peu comme si on demandait à un rédacteur en chef s’il connaîssait Johnny Halliday. J’ai été fier de répondre que c’était un pote. Elle m'a dit qu'elle l'admirait. Parce qu’il sait parler aux femmes, dans ses billets, ce vieux charmeur. « Gatto » a pris sa retraite cette semaine, il a voulu partir sans faire de bruit, sans apéro, sans la moindre mention dans le journal. Comme il a un caractère bien trempé et qu’il n’aime pas trop obéir, je ne lui obéis pas non plus. Je le remercie ici publiquement pour tout ce qu'il a donné au Matin. Jean-Pierre a fait une longue et belle carrière dans la presse romande, d’abord au Journal de Genève, puis à La Suisse et enfin au Matin en qualité de  rédacteur en chef adjoint. Ciao Jean-Pierre, je lève le verre à ta retraite et te souhaite, au nom de toute la rédaction : bon vent pour ta nouvelle vie.         

 

 

Vendredi

 

Moral des troupes

  

Pour se remettre des cabales politiques indignes autour de notre armée, il n’y a rien de mieux que d’aller voir l’armée elle-même, de se mêler aux soldats, officiers et sous-officiers. On constate vite que le moral des troupes et bien meilleur que celui de la majorité du Conseil national. J’avais la chance d’assister aujourd’hui au rapport des officiers de la région territoriale 1 sous le commando du divisionnaire Jean-François Corminboeuf, réunis à Vicques, dans le canton du Jura. J’ai entendu le discours du chef de l’armée ad intermin, le divisionnaire André Blattmann. Un discours réaliste, encourageant, humain, charmant. Cet homme a su convaicre immédiatement, il a l’étoffe d’un grand général. Les longs applaudissements lui ont prouvé que si les officiers pouvaient décider, ils lui enlèveraient tout de suite le « ad interim ».