21/03/2009 20:03 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (3)

Garbani, le pape et les mulets

Lundi

Gastronomie

J’ai mangé une quiche aux oignons au seul restauroute qui se trouve entre Genève et Lausanne : la pâte était à peine cuite, le dessus brulé. J’ai pris un cornet de glace vanille au Cinéma les Galeries de Lausanne. Le cornet était mou, la glace visiblement plusieurs fois dégelée et regelée, elle débordait de cristaux d’eau glacée. J’ai commandé un saltimbocca au risotto au self-service du stade de la Maladière, à Neuchâtel: le risotto était tellement trop cuit que vous ne deviniez plus les graines de riz, la viande était dure comme des semelles de chaussures. Merci !

 

Mardi

Retour à la case départ

Curieusement je ne me sens plus du tout concerné par la dispute interminale des Vaudois autour du projet d’un Musée cantonal des beaux-arts. Je suis de plus en plus convaincu –  malgré les résultats des sondages qui disent le contraire-, qu’au fond ils ne veulent pas de musée du tout. Du coup, ils le voient à Morges, à Renens, à Yverdon, donc un peu partout sauf là, où une institution de ce genre fait vraiment du sens, c’est-à-dire à Lausanne, au bord du lac. Les Vaudois font une fois de plus honneur à leur réputation de vouloir éternellement peser le pour et le contre et leur contraire.

 

Mercredi

Peopleisation ? 

Tous ces chroniqueurs qui prennent le destin de Valérie Garbani pour une illustration patente des dérives de la « peopleisation » de la politique se trompent énormément. Lés médias ne se seraient jamais intéressés à la vie privée de cette politicienne ni à ses soirées neuchâteloises bien arrosées si elle n’avait pas elle-même attiré l’attention – et avec beaucoup de bruit- sur ses problèmes de couples et de santé. Personne ne peut reprocher aux médias de parler de la seule Amy Winehouse que connaît la politique suisse. Si les instances dirigeantes du Parti socialiste n’ont pas la sagesse de retirer immédiatement Mme Garbani de ses fonctions, Neuchâtel risque bien de faire l'objet, encore plusieurs fois, des moqueries de tous les médias suisses. D’ailleurs, dans le privé, un cadre qui se fait cueillir par la police en état d’ébriété et en proférant des propos racistes, serait immédiatement renvoyé – ou « placardisé ».       

 

Jeudi

La cavalerie et les mulets 

Tollé en Suisse - et surtout en Suisse alémanique, après les mots du ministre des Finances allemand, Peer Steinbrück, qui nous a traités d’Indiens. En parlant du comportement de la Suisse face aux pressions des voisins européens il a trouvé une métaphore pour le moins originale: «On peut envoyer la cavalerie. Mais ce n’est pas absolument nécessaire. Il suffit que les Indiens sachent qu’elle existe.» Entre nous: il a juste dit la vérité. Dès que les Américains et les Allemands nous ont menacés, nos grands manitous bernois ont sorti le drapeau blanc au lieu de déterrer la hache de guerre. En ce qui concerne la cavalerie allemande, je me suis renseigné : leur armée n’occupe que des mulets. Et en ce qui concerne les Indiens, c’est eux qui devraient se sentir vexés : un Indien ne se rend jamais! A part ça, les proeuropéens nous ont toujours avertis : à la fin, la Suisse ressemblera à une réserve d’Indiens qui se fera traiter comme telle. Pour ma part, je préfère le langage direct, brutalement vrai du « vilain Allemand » aux doux baisers de Bernard Kouchner qui a su charmer notre ministre des affaires étrangères à Paris. La photo était bonne. Mais loin de la vérité des rapports actuels entre nos deux pays.         

 

Vendredi

Erreur de casting

Le problème, avec les papes, c’est que l’église paye cher les erreurs de casting : une fois élus, impossible de les renvoyer. Et comme ils sont considérés saints hommes, ils n’ont –en principe - pas droit à l’erreur. Chacune de leur parole pèse lourd, surtout quand ils disent des bêtises. La perte de crédit de Benoît XVI, après ses déclarations sur le sida en Afrique (l’utilisation du préservatif aggraverait encore le problème, selon lui) et la réhabilitation de l’évêque négationniste Williamson affecte aussi les non-catholiques : la société a besoin de quelques figures admirables qui sont des guides de haute moralités. Le pape Jean Paul II en faisait partie. Il ne reste plus que le dalaï-lama et Obama.     

 

 

D’autres notes sur mon blog sur lematin.ch. Accès direct : peterrothenbuhler.bleublog.lematin.ch" http://peterrothenbuhler.bleublog.lematin.ch

 

 

 

Commentaires

Bonjour...
une question qui n'a rien à voir avec votre post...(pardon!...)
Votre blog est centré sur le navigateur...pas le mien!
Comment vous avez fait pour le centrer????
merci pour vos lumières et bon dimanche!
Chris

Écrit par : chris | 28/03/2009

Sehr geehrter Herr Rothenbuehler: Als Pensionierter (Uni Zuerich) bin ich momentan fuer einige Monate in Kalifornien. Ich moechts Sie auf eine Episode von Bill Moyer's Journal aufmerksam machen, die mir als hoechst brisant aufgefallen ist: Interview mit dem Oekonomen William Black ->> http://www.pbs.org/moyers/journal/04032009/watch.html.

Mit freundlichen Gruessen

Écrit par : Kurt Brassel | 05/04/2009

Bonjour Monsieur Rothenbühler,

Je souhaite qu'en ces beaux jours de Pâques, les Suisses se rappellent des 2 compatriotes retenus en Lybie contre leur gré et que la population suisse se mobilise et manifeste enfin (toutefois sans violence inutile) contre cette sauvage attitude du régime lybien et la rétorique sans résultats de nos gouvernants.

Malheureusemnt, nos chères autorités, ni à Genève ni à Berne, n'ont été capables et celà dès le début de cette crise de mesurer les conséquences de leur attitude.

Et dans la crise (du secret) bancaire, elles n'ont pas faits mieux.

Je vous souhaite encore, Cher Monsieur Rothenbühler, des bonnes fêtes de Pâques.

Écrit par : Marc von Büren | 11/04/2009

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