17/04/2009 15:53 Publié dans Le Journal (notes quotidiennes) | Lien permanent | Commentaires (6)

Serrer la main à Ahmadinejad

 

Droits de l'homme et politesse

Des politiciens genevois recommandent au Conseiller d'Etat Laurent Moutinot de ne pas serrer la main au président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui est attendu à Genève pour participer lundi à la conférence contre le racisme, à l'ONU. On ne donne pas la main à quelqu'un qui appelle à la destruction d'Israel, qui viole les droits de l'homme, qui discrimine les femmes, etc. Disent ces politiciens de tous bords. Surtout, disent-ils, imaginez de voir dans la presse du monde entier une photo de Moutinot serrant la patte à Ahmadinejad.

Je leur dis: on peut se battre pour les droits de l'homme tout en restant polis: les règles de politesse internationales et le protocole de genève exigent qu'un chef d'Etat soit salué à sa descante d'avion par un membre du gouvernement local. Point, à la ligne. M. Laurent Moutinot va tout de même pas mettre un voile pour accueillir M. Ahmadinejad... 

Et si on voulait bouder tous les chefs d'Etat à qui on pourrait reprocher la violation répétée des droits de l'homme dans leur pays, le gouvernement de Genève ne pourrait plus serrer la main à beaucoup de monde. Ils devraient devraient dresser une liste noire (ou grise...) ou l'on trouverait les rois de divers pays arabes, les dictateurs d'Afrique, Putin, Obama,quelques dignitaire d'Amérique du sud, le président chinois, enfin pratiquement tout le G20, à part peut-être Merkel et Sarkozy. Mais ceux-là ne viennent pas nous voir parce que pour eux, c'est nous, les vilains méchants...à qui ils n'aimeraient pas trop serrer la main.

Alors, pour commencer, restons polis. Au moins à l'aéroport.

 

   

 

 

    

Commentaires

Restons polis ! Enfin: est-ce parce qu'on reçoit un dictateur, appelant à la destruction d'un pays membre de l'ONU, dont le régime emprisonne arbitrairement, torture et exécute sommairement, pratique le sexisme et l'homophobie, et finance des mouvements terroristes que l'on va faire la fine bouche ?
L'ironie avec laquelle vous maniez les listes grises ou noires montrent à quel point elles ont heurté la susceptibilité des Suisses.
Pour autant, une main ne lave pas l'autre et ce n'est pas en serrant par procuration celle d'un Hitler au petit pied que vos compatriotes prendront une quelconque revanche sur les mesures vexatoires de l'OCDE. La réception organisée à l'aéroport par un Conseiller d'Etat, suivie de la rencontre avec le président de la Confédération n'est pas de la politesse mais une marque sinon d'obédience, du moins d'acceptation tacite des pratiques du régime de la République islamique d’Iran.
Vient un moment où la politesse, le "politiquement correct" devient synonyme de complicité.
Quand bien même la Suisse ne "pourrait plus serrer la main de beaucoup de monde" la question à se poser est la limite qu'on accepte de ne pas franchir.
C'est un moment crucial que connaissent toutes celles et ceux qui hésitent avant de tomber dans la criminalité, la drogue ou la prostitution.
Après, il n'y a que le premier pas qui aura coûté.
A.C.

Écrit par : A. Capino | 18/04/2009

Polis. Du verbe polir ?

Écrit par : Davidex | 18/04/2009

Oui, maintenez bien la "politesse suisse" qui, en langue de bois, veut dire l'hypocrisie sempiternelle pour laquelle vous êtes connus. Mon cul!

Écrit par : John Mckay | 19/04/2009

N'oublions pas que la Suisse représente les intérêts des USA en Iran et des intérêts, il y en a! Surtout en période de crise et d'instabilité des prix du pétrole. Et ce n'est pas en tournant le dos à un guignol qu'on peut le faire changer de politique.

Écrit par : Povtype | 25/04/2009

Au sujet de Mr. Merz et de son entretien avec Ahmadinejad président èlu de l'Iran.
Nombreux sont ceux qui jouent les vierges effarouchées et crient au loup au sujet du récent discours du président iranien Ahmadinejad à l'ONU à Genève. Ces réactions excessives sont souvent cousues de fil blanc (et bleu), celui d'Israël !
Malencontreuse collision temporelle, il est vrai, avec la "célébration" de la Shoah, cette conférence sur le racisme se devait d’être le lieu d'un débat contradictoire vif et productif, pas d'un consensus mou et de la politique de la chaise vide. Il vaut mieux avoir un interlocuteur, même irascible et extrême dans ses propos, que pas d'interlocuteur. Et il faut une fois de plus déplorer l'influence disproportionnée du lobby israélite sur les médias. Qui ose encore défendre aujourd'hui les Palestiniens? Qui plaide en leur faveur? Pas grand monde...
(Mr. Ahmadinejad n’a pas nié la Shoah à la tribune de l’ONU)
L'opération de guerre de Tsahal "Plomb Durci" a eu tous les aspects d'une guerre d'extermination de nature raciste (motivée par la haine de la race arabe). En ce sens les propos incendiaires du président iranien sont pertinents, et ne sont rien en comparaison du déluge de feu, dont au phosphore blanc ("napalm"), que le gouvernement israélien a fait pleuvoir sur les civils palestiniens.
Aujourd’hui toute critique de la politique de l’Etat hébreu est automatiquement taxée d’antisémitisme. On a pourtant le droit de critiquer la politique d’un Etat, quel qu’il soit, il n’y a pas de tabou, et cela sans porter de jugement raciste. Ne mélangeons pas tout ! Et c’est une attitude révoltante de la part d'Israëlque d’invoquer à tout va la Shoah pour justifier tout et n’importe quoi.
Et que le gouvernement helvétique maintienne le dialogue avec les gens "infréquentables" au yeux de la droite extrémiste israélienne maintenant au pouvoir est plutôt rassurant, même nécessaire, au milieu de cette tempête médiatique savamment orchestrée...

Ashtamir

Écrit par : Ashtamir | 03/05/2009

Les médias sionnistes font leur boulot à merveille, regardez que non seulement le président iranien élu est un chien qu'on doit fuir, mais aussi c'est tout l'état iranien qui, à la limite, devrait.. juste arrêter d'être. Qu'est ce que vous pensez d'une petite guerre à la Irakienne en Iran? et la cause? Vous direz que le pays cache des armes, et qu'il déteste Israel, ou alors dites n'importe quoi, de toute façon personne ne demandera plus jamais pourquoi!
Maintenant chaque état, personne ou entité qui affiche un désaccord, un mécontentement (parce qu'on va pas dire haine, ah non!) même minime vis-à-vis d'Israel mériterait la bouderie?
On doit juste l'aimer, ou alors on est taxé d'antisémite, et si jamais il nous arrive de médire d'elle, c'est qu'on est des tueurs, des dictateurs, des fichus néo-Hitleriens. Eh ben! C'est un grand travail des médias israeliens gouvernements et autres...
Chapeau! Leçon retenue.

Écrit par : S.C | 16/06/2009

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