28/09/2009

Nos first ladies

Lundi

First ladies

Léger sentiment de honte pour l’image de la mode Suisse en voyant les toilettes de nos trois Conseillères fédérales et des épouses de leurs collègues lors de la réception du président russe Medvedev. Au temps de l’union soviétique, ce sont les mamies russes qui avaient l’air d’avoir arraché les rideaux d’un palace pour s’habiller. Cette fois, la plus élégante était Madame Medvedev et nos dames totalement à côté de la plaque, avec leurs robes surdimensionnés de toutes les couleurs. La seule qui portait du noir festif, Micheline Calmy-Rey, ne s’est jamais séparé de son énorme sac rouge (un véritable tic chez elle) et une fois de plus, la seule qui dégageait une certaine élégance était Madame Couchepin quoique des pantalons noirs (à la place des blancs) auraient mieux fait l’affaire.       

 

Mardi

Jura « libre » de fumer

On s’est battu pour la « liberté » des Jurassiens. Quelle déception de voir ce qu’ils en font. Au nom de la liberté et de l’autonomie (« on ne fera pas comme les autres cantons ») le parlement jurassien vient de refuser une motion visant à protéger la population contre la fumée passive. La décision tombe au moment où, enfin, dans les restaurants Lausannois, on peut manger et boire sans se faire enfumer (Quel bonheur !)  Et naturellement, la décision jurassienne n’a strictement  rien à voir avec la présence de l’un des plus gros producteurs de cigarettes de Suisse (BAT) dans le canton.  Non, les Jurassiens sont courageux, jamais ils ne cèderaient aux pressions d’un  lobby !      

 

Mercredi

Surprise Burkhalter

Didier Burkhalter n’est pas celui que vous croyez : les médias (et moi-même) vous l’ont présenté comme un type du genre « Buchhalter » (comptable), ennuyeux, triste, sans charisme. Et que découvrons-nous dans ses interviews, par exemple dimanche soir, face à Fathi Derder et Pascal Décaillet dans « Le grand oral » de « La Télé » ? Il fait exprès. Si Burkhalter projette une image d’homme austèr, c’est que cela fait partie de sa méthode. La « méthode  Burkhalter « signale une volonté de rupture totale avec le comportement traditionnels des ministres. Fini les batailles d’égo, les déclarations fracassantes, le jeux des indiscrétions, avec lui, ce sera : le ministre au service des projets, au service des solutions, le discours public pour rassembler, pour convaincre les adversaires. Burkhalter a une écoute, d’une qualité inouie. S’il réussit à imposer son style avec cette autorité tranquille qu’il dégage, ce sera un grand bien pour la Confédération.       

 

Jeudi

Le cœur à droite

Nous recevons un message de Vera Weber, la fille de l’écologiste Franz Weber : « Oskar Freysinger a un cœur pour les phoques ». Bravo, ça prouve au moins  que le Conseiller national UDC a un cœur.  Qui bat pour une espèce étrangère à notre pays !  C’est déjà pas mal. On ne peut s’empêcher de penser à Brigitte Bardot. Freysinger et Bardot, même combat. Elle, c’est les phoques, les chiens, les chats et le Front National. De la à dire que l’extrême droite préfère les animaux aux humains, c’est un pas que je ne franchirais pas…

 

Vendredi

Solution au « syndrome Broulis »

Après la mésaventure de Pascal Broulis, renvoyé dans son canton pour mauvaise note en allemand (le « syndrome Broulis »),  L’Hebdo appelle à une « relance linguistique » dans le canton de Vaud qui reste à la traine en matière d’enseignement de l’allemand. Tout y fait défaut : la volonté politique, l’enthousiasme des enseignants pour l’aventure bilingue, les maîtres germanophones, la proximité d’un canton alémanique. Les jeunes Vaudois n’ont aucune possibilité de s’immerger dans la langue allemand. J’ai une solution patente au problème : et si tous les Suisses allemands vivant dans le canton offraient aux petits Vaudois la possibilité d’entendre la langue de Goethe (ou de Züri West) au quotidien en parlant plus souvent en allemand ? Aujourd’hui, les très nombreux Alémaniques vivant sur les rives du beau Léman s’interdisent de parler allemand en présence de Romands. Par respect. Mais aussi pour leur propre plaisir de parler français. Quand deux ou trois Alémaniques se rencontrent dans la rue, ils s’adressent la parole en français. C’est peut-être totalement faux.  Qu’ils émergent enfin de leur « apnée linguistique » pour permettre aux autres cette immersion linguistique qui fait défaut. 

 

 

26/09/2009

mariage V

Pourquoi vous parler de ce mariage, affaire privée par excellence, de surcroit assez conventionnel: tout le monde était heureux, la famille en harmonie, le père de la mariée est arrivée avec sa deuxième épouse, Marguerite, et sa première, la mère d'Anne-Sylvie, était là aussi, elle s'appelle aussi Marguerite, les deux Marguerites s'entendent à merveille.

Je vous parle de ce mariage parce que la mariée est une personnalité connue, publique, auteur de deux romans qui ont fait beaucoup de bruit, receuillis d'excellentes critiques, mais le papa, la maman, la grand-maman et même les frères d'Anne-Sylvie sont incapable de les lire. Pour eux, c'est trop brutal, trop crû, ce n'est pas notre soeur, ce n'est pas ma fille, disent-ils d'un commun accord.

Déjè à  la première page du roman, la "sale fille" raconte comment elle à mis fin à la vie d'un oiseau, "j'ai enroulé la bestiole dans un linge de cuisine, je l'ai posée sur la planche à pain et, les yeux fermés, je l'ai achevée à coups de marteau." Et à la deuxième page, elle tue sa grand-mère: " Quand tu te débattais, quand ton corps tremblait dans des soubresauts de détresse, je n'ai pas lâché. Je pressais encore plus fort." Etc. Et ainsi de suite. Faut avoir des nerfs solides pour supporter. Ou aimer la littérature, la vraie...

La grand-mère de Anne-Sylvie, elle, est bien vivante, une petite dame délicieuse qui a participé à la fête du mariage du début à la fin...Elle n'a pas lu le livre, non plus.

Mais voilà, "sale fille" est si bien écrit, si suggestif, raconté à la première personne, que le lecteur a vite fait d'associer l'histoire à l'auteur.

Ce qui est complètement faux.

Quand elle s'adresse à son futur mari, dans l'un des premiers mails d'amoureuse qu'elle a lu lors du mariage civil, l'écrivaine l'appelle "petit ange, tête chamboulée". Lui répond "mon petit oisillon".

Elle a même composé uine prière pour la cérémonie à l'église, très douce, elle est croyante...Ceds deux sont des grands romantiques, tiout le contraire de ce qu'on imagine en lisant les romands d'Anne-Sylvie Sprenger qui est enceinte: d'un bébé et d'un nouveau roman qu'elle devrait terminer à la fin de l'année.

 

La suite demain.

 

La suite demain.  

 

 

24/09/2009

Mariage III

 

Mariage

Le mariage civil a lieu le 09.09.2009, à 15 heures. A Pully, les deux officiers de l'Etat civil ont marié 10 couples (chacun cinq de suitte) qui ont choisi cette date qui est...

oui, qui est quoi? Un porte-bonheur? Un gadget? Une date mythique?

Je n'ai aucun rapport avec la numérologie. Qüand on me dit neuf, neuf, neuf, je pense aux bulles des bandes déssinés,  et je vois des cochons (ils font neuf,neuf,neuf chez Walt Disney), pardonnez-moi, mais il y a peut-être un lien: le cochon est un porte-bonheur important pour jeunes mariés. Fértilité, abondance, nourriture, etc.    

L'officier de l'Etat civil est une jeune femme sympathique. On s'imagine toujours dans cette fonction un vieux monsieur cravaté. Eh bien, non, pour sceller l'amour, on prend aujourd'hui des anges. Elle n'avait pourtant ni flèches ni arc, mais un gros stylo. 

Elle a très bien fait son travail.

Elle a lu deux poèmes, je ne sais plus de qui était le premier, mais le deuxième était de Henri Des, très touchant.

Henri Des est vraiment partout, des écoles maternelles, des lycées  portent son nom en France, on lit ses poëmes dans les "salles de mariés", et pourtant il est bien vivant. je veux dire, normalément, on lit des textes de grands poêtes morts depuis longtemps.

Un phénomène, Monsieur Des.  

Les mariés ont eu une très belle idée: ils liront chacun l'un des premiers mails d'amour qu'ils ont reçu de l'autre.

Je vous donne les textes demain.

Juste encore ceci: Yvan a dit "oui" à la fameuse question de l'officier, Anne-Sylvie a dit "oui,oui". Deux fois oui. Ca tient deux fois plus longtemps.

C'était la journée neuf,neuf,neuf,oui, oui,oui. Trois fois neuf 27, plus trois fois oui, devinez l'âge de la mariée...

La suite demain.

   

23/09/2009

Mariage II

 

Premier chapître: mariage civil à Pully. Il aura lieu à 15 heures. Les témoins et les futurs mariés ont décidé d'aller manger à quatre avant. Jacques Chessex a reservé la table 12 au restaurant Le Prieuré, il est arrivé le premier, moi, j'arrive à midi exactement, les futurs mariés arrivent en retard, occasion pour moi d'avoir une longue conversation avec cet écrivain dont on dépeint si souvent l'image d'un type hautain, bourru, distant, carrément méchant, image totalement fausse, motivée par la jalousie et la déception de concurrents ou de collègues frustrés, échoués. Cet homme est charmant, fin, doux, très poli, il a les gestes lents et réfléchis. Voilà ce qui frappe, sa lenteur. Avant de dire quelque chose, il s'installe, quand il est debout, il fait un demi pas en avant, et comme pour assurer une élocution correcte il a ce mouvement de la chanteuse d'opéra qui se "plante" à un endroit précis de la scène.  Je n'ai jamais vu un type en pleine forme marcher aussi lentement que Chessex ... je sais que ce n'est pas lâge qui le ralenti, je l'ai déjà vu et observé quand il avait trente ans. je l'ai vu traverser la vieille ville de Lausanne. Et je comprends pourquoi il a fait peur à certaines personnes. Quand je veux impressionner mes enfants en jouant au fantôme, j'adopte aussi cette démarche très lente, droite, à grand pas.. Chessex a quelque chose de majestueux. Il me rappelle aussi le vieux paysan qui fait le tour du propriétaire, le dimanche, tranquillement, satisfait du travail. Enfin, dans la discussion, il ne dit pas n'importe quoi, cet un homme qui ne fait jamais du small talk, il place ses phrases, il choisit ses mots, avec facilité certes, mais toujours après réflexion, comme s'il s'agissait d'écrire un texte qui doit tenir...

Enfin, Jacques Chessex est exactement l'homme que j'imagine quand on me parle d'un intellectuel. C'est à dire un penseur qui vous éclaire la lanterne, le contraire d'un bavard.

Je me rends compte qu'il a une vraie affection pour Anne-Sylvie en qui il voit une sorte de successeur. Quelqu'un qui lui ressemble, qui a prouvé par ses premiers textes qu'elle ose, qu'elle est prête à prendre des risques dans l'écriture, à aller loin, très loin.    

(La suite demain.)      

 

22/09/2009

mariage

Mariage

Oui, j'avais complètement oublié de vous parler d'un mariage qui m'a tellement ému que j'en ai perdu la parole, enfin, façon de parler.

Ce n'était pas n'importe quel mariage, c'était l'union de la jeune écrivaine romande la plus célèbre, Anne-Sylvie Sprenger ("Sale fille", "Vorace" chez Fayard) avec un cinéaste biennois pas mal connu non plus, Yvan Kohler, fils du peintre Walter Kohler-Chevalier et de la photographe Jeanne Chevalier. Le mariage a eu lieu à Pully et à Bienne.

Les témoins étaient Jacques Chessex, l'écrivain, Prix Goncourt et ange gardien d'Anne-Sylvie et moi-même.

C'était une fête à plusieurs lieux, en plusiers châpitres et en beaucoup de moments émotionnels très touchants.

Je vais vous le raconter en détail. Mais un peu de patience, j'en fais le feuilleton de la semaine. A demain.

 

 

 

 

 

 

 

14/09/2009

Mariage

Montbenon appartient aux dealers

 

Lundi

Dealers gagnants

L’esplanade de Montbenon, l’un des plus beaux parcs de Lausanne, autrefois promenade préférée des mamans avec leurs bébés, n’appartient plus aux Lausannois, il est en main des dealers. La « banane », cette belle terrasse qui couvre le bâtiment de la FNAC,  place Bel-Air, n’appartient plus aux Lausannois, elle est en permanence squattée par les dealers.  Le citoyen a l’impression que les autorités sont impuissantes face au commerce illégal et ses acteurs. La police fait des descentes spectaculaires, de temps en temps, puis tout retourne à l’ordre du jour. Ce sont toujours les dealers qui gagnent. 

 

Mardi

La grippe

J’ai rencontré l’autre jour un porte-parole de l’Office fédéral de la santé et je lui ai demandé, monsieur, sincèrement, vos prévisions ne sont-elles pas un peu exagérées ? « Non », me dit-il, « nous sommes sûrs qu’il y aura deux million de malades de la grippe A en octobre. » Et il ajoute : « et probablement, comme ils ne seront pas tous enregistré, on comptera officiellement environ 400'000 malades de la grippe ». Et alors, quand il y a une vague de grippe normale, on en compte combien ? « A peu près 400’000 ». J’en conclus que s’il y aura une vague de grippe (-  j’en doute encore), elle ressemblera à ce que nous vivons chaque année.  Sans panique, sans avertissements, sans spots publicitaires, sans désorientation totale du public. Après ça, il faudra quand même sérieusement revoir la politique d’information de l’Office fédéral de la santé.     

 

Mercredi

Sarko le grand

Un documentaire de la télévision romande l’a révélé (bravo !) : quand le président Nicolas Sarkozy visite des usines, accompagné d’une horde de journalistes et photographes, il ne veut serrer la main et voir autour de lui que des ouvriers et responsables qui ne dépassent pas sa taille. Encore un truc pour paraître plus grand. Les semelles compensés, la coiffure montée ne suffisent plus. Mais qui aura le courage de dire à M. Sarkozy qu’être et surtout paraître petit ou grand, ce n’est pas une question de centimètres, mais d’attitude. Mitterrand était (physiquement) encore plus petit que Sarkozy. Mais il paraissait plus grand. Semelles compensés ? Non. Attitude altière, droite, décontractée.  Sarko ne sort pas grandi de cette histoire.

 

Jeudi

« Otages » Suisses

Arrêtez de parler d’ «otages» dans l’affaire Libyenne. Quand on voyage librement dans le pays et qu’on va régulièrement déjeuner avec le premier ministre et qu’on a une jolie chambre à l’ambassade Suisse, une voiture et un téléphone portable et un portemonnaie plein de pognon,  mais une interdiction temporaire  de quitter le pays, ce n’est pas vraiment un destin d’otage comme on les connait. Ou alors il faudra trouver un autre mot pour les vrais otages.  D’ailleurs : pourquoi on nous révèle seulement maintenant, que ces messieurs ne souffrent pas vraiment le martyre ?

 

Vendredi

Bonjour les dégâts

J’ai le léger soupçon que le parti libéral-radical (PLR) n’est pas vraiment décidé à gagner cette bataille pour la succession Couchepin. Je n’ai pas d’autre explication pour leur stratégie faible:  ils ne nomment pas l’homme fort du parti, Fulvio Pelli. Ils partent avec un double-ticket, avec des candidats peu convaincants : Le Genevois Christian Lüscher est sympa mais trop léger, le Neuchâtelois compétent mais sans rayonnement. J’ai entendu des Zurichois du parti faire une réflexion intéressante : «On va de toute façon perdre un siège, mieux vaut le perdre maintenant qu’après le départ de Merz. Un parti national qui n’a qu’un seul  Conseiller fédéral, ce n’est pas la gloire, si en plus c’est un Romand, bonjour  les dégâts.» Et derrière tout cela, il y a un grand stratège: Fulvio Pelli qui n'a pas enterré ses ambitions. Quand Hans-Rudolf Merz partira, il sera l'homme providentiel: radical proche des alémaniques, mais repésentant la "latinité", donc recréant l'équilibre lingistique au gouvernement. Mon pari: en 2010, nous aurons Schwaller et Pelli au gouvernement.

 

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