14/10/2009 09:21 Publié dans Le Journal (notes quotidiennes) | Lien permanent | Commentaires (2)

ChessexIII

Cher JLK,


votre réponse me plait. Vous devriez la publier dans le journal, partager vos émotions avec les lecteurs.

Je vous ai fait tort, peut-être...j'ai lu de l'aigreur, une volonté de blesser dans votre texte qui n'y étaient peut-être pas. 

Vous invoquez le manque de temps pour rédiger un texte qui serait à la hauteur du sujet, je vous répondrais que dans le journalisme, le temps ne doit jamais être un excuse, et sous la pression du "dead line" comme disent si joliment les Anglais, on écrit souvent les meilleurs textes, parce qu'ils contiennent beaucoup de spontanéité...

D'ailleurs, vous pouvez toujours revenir su le sujet...Chessex et son oeuvre restent d'actualité.

Ou je ne vous suis pas, c'est quand vous l'accusez d'avoir fait un "marketing douteux" pour son livre "Un Juif pour l'exemple"...

Reproche que j'entends souvent de la part d'autres personnes (auteurs et journalistes surtout).

Eh bien, je dirais que c'est justement ce qui manque à la plupart des créateurs romands, cette capacité de vendre, de "réseauter" jusqu'à Paris, de créer un buzz autour d'une oeuvre, cette capacité de faire du marketing, oui, qui naturellement implique un manque de pudeur souvent. Mais si vous voulez exister, à côté des auteurs français par exemple qui profitent d'une énorme machine de public relations et de marketing, vous devez suivre l'exemple de Chessex.

Naturellement, on ne peut se permettre de crier fort que si l'oeuvre tient la route, s'il est de qualité, s'il resiste à la critique...

Ce qui était le cas pour le Juif pour exemple. C'est un excellent livre, et vous verrez, quand il sortira en allemand, en février, comment les critiques zurichois vont le recevoir. Sans à prioris, sans jalousie, sans faire référence au caractère de l'auteur ou à ses antécédants de bagarreur...

A part ça, je me ferais un plaisir de rendre une petite visite à vos trois ânes, ce sont des animaux que j'adore. Vous pouvez me traiter  que je d'âne, et je suis heureux. Et n'oubliez pas, ils ont l'habitude de faire une auto-promotion très bruyante.

Disons que Chessex étaitz un très grand écrivain, et par moment un grand âne.  

Vous m'avez battu: je vis à 1000 mètres, et je rêve de vivre à 1222.

Bien à vous

Peter Rothenbühler

 

 

 

Commentaires

Est-ce que Mr. Rothenbühler regarde le site de son ami Hannibal.ly ??
Et maintenant j'aimerais entendre son opinion au prochaine "Arena" bon Monsieur.....

Écrit par : Guenter | 20/10/2009

À Monsieur Rothenbühler.

Cher Monsieur,

C'est avec intérêt que je découvre votre blog, ayant été très proche de Jacques Chessex. Et me sentant toujours proche de lui, par-delà les aléas de la vie et de la mort...

Si j'ai tant apprécié cet homme, je ne vais pas faire de l'angélisme pour autant. Jacques pouvait être le plus charmant des hommes, comme le contraire. Son caractère était très fort et très contrasté. Les propos de Monsieur Küffer sont de quelqu'un qui a bien connu son mode de fonctionnement.

Ne soyons pas dans le jugement. Jacques recherchait Dieu, la paix intérieure, la sérénité, il n'était pas du tout un mauvais homme, loin de là, il était véritablement bon, même s'il pouvait être terriblement blessant. Il fallait être très fort, avec lui, c'est d'ailleurs ce qu'il a dit (à propos des femmes, certes...)lors de la dernière conférence de lui à laquelle j'ai assisté, à l'Ecal.

Je suis persuadée qu'il a écrit "Un Juif pour l'exemple" dans un sincère élan obsessionnel d'en faire un chef-d'oeuvre, ce que ce livre est.

J'en profite, cher Monsieur, pour vous féliciter des superbes photos que vous avez prises de Jacques devant m'a-t-on dit la maison de Ramuz.

Cordialement,
Myriam

Écrit par : Myriam | 14/11/2009

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