27/10/2009

Yes, you can, M. Brélaz

 

 

Peur du MCG

Lausanne fait enfin la chasse aux dealers...

la victoire éléctorale du Mouvement des Citoyens Genevois (MCG) de Eric Stauffer a fait l'effet d'une bombe, jusque dans le canton de Vaud. Eric Stauffer a promis de faire disparaître les dealers de drogue et les mendiants en moins de deux mois si on le laisse diriger les opérations.

Il a aussi promis de conquérir le pays de Vaud, d'y fonder un Mouvement des Citoyeny Vaudois.

Premier effet de cette annonce: du coup, les autorités lausannoise mettent la deuxième et la troisième vitesse dans la lutte contre les dealers de drogues qui squattent Bel Air, Riponne, Saint Laurent et depuis peu la Rue de Bourg.

Jusqu'à maintenant, les excellents articles, reportages et commentaires de 24heures sur le sujet, les protestations de citoyens, les diverses interpellation et motion de parlementaires inquiets n'ont eu que peu d'effets. La police a fait des razzias coup de poing pour amuser la galerie - et les médias, mais il n'y a eu aucune comncertation efficace entre les différents pouvoirs compétents, municipalité, police, pouvoir judiciaire, pour nettoyer le centre de la ville de cette "racaille" comme dirait Sarkozy.

Il fallait la menace du MCG pour qu'enfin ça bouge. Le municipal de police Vuilleumier, un bon type, sympa, promet enfin un programme, des nouveaux flics s'occuperont des dealers, le syndic Brélaz se plaint de la lenteur et du manque de sévérité des juges. Et annonce que "notre lutte doit tendre à l'éradication du marché, même si c'est impossible". 

C'est toujours ça, disait la souris qui faisait pipi dans le Léman. Attendons de voir si ces effets d'annonce seront suivis d'actes efficaces. Pour le centre de Lausanne, il y a urgence....

D'ailleurs, la formule de Brélaz est assez intéressante, elle mérité le Prix Champignac, c'est pourquoi je la répète: "Notre lutte doit tendre à l'éradication du marché, même si c'est impossible." 

Il veut dire: il est impossible de faire quelque chose, mais essayons quand même...

Je ne perds pas l'espoir.

 

      

 

  

 

 

 

 

14/10/2009

ChessexIII

Cher JLK,


votre réponse me plait. Vous devriez la publier dans le journal, partager vos émotions avec les lecteurs.

Je vous ai fait tort, peut-être...j'ai lu de l'aigreur, une volonté de blesser dans votre texte qui n'y étaient peut-être pas. 

Vous invoquez le manque de temps pour rédiger un texte qui serait à la hauteur du sujet, je vous répondrais que dans le journalisme, le temps ne doit jamais être un excuse, et sous la pression du "dead line" comme disent si joliment les Anglais, on écrit souvent les meilleurs textes, parce qu'ils contiennent beaucoup de spontanéité...

D'ailleurs, vous pouvez toujours revenir su le sujet...Chessex et son oeuvre restent d'actualité.

Ou je ne vous suis pas, c'est quand vous l'accusez d'avoir fait un "marketing douteux" pour son livre "Un Juif pour l'exemple"...

Reproche que j'entends souvent de la part d'autres personnes (auteurs et journalistes surtout).

Eh bien, je dirais que c'est justement ce qui manque à la plupart des créateurs romands, cette capacité de vendre, de "réseauter" jusqu'à Paris, de créer un buzz autour d'une oeuvre, cette capacité de faire du marketing, oui, qui naturellement implique un manque de pudeur souvent. Mais si vous voulez exister, à côté des auteurs français par exemple qui profitent d'une énorme machine de public relations et de marketing, vous devez suivre l'exemple de Chessex.

Naturellement, on ne peut se permettre de crier fort que si l'oeuvre tient la route, s'il est de qualité, s'il resiste à la critique...

Ce qui était le cas pour le Juif pour exemple. C'est un excellent livre, et vous verrez, quand il sortira en allemand, en février, comment les critiques zurichois vont le recevoir. Sans à prioris, sans jalousie, sans faire référence au caractère de l'auteur ou à ses antécédants de bagarreur...

A part ça, je me ferais un plaisir de rendre une petite visite à vos trois ânes, ce sont des animaux que j'adore. Vous pouvez me traiter  que je d'âne, et je suis heureux. Et n'oubliez pas, ils ont l'habitude de faire une auto-promotion très bruyante.

Disons que Chessex étaitz un très grand écrivain, et par moment un grand âne.  

Vous m'avez battu: je vis à 1000 mètres, et je rêve de vivre à 1222.

Bien à vous

Peter Rothenbühler

 

 

 

11/10/2009

Jacques Chessex II

Cher JLK,

merci d’avoir répondu. Je comprends mieux maintenant. C’est un homme déçu par l’homme

Jacques Chessex qui a écrit cet hommage dont je n’appréciais pas un certain arrière-goût d’aigreur

Vous êtes victime d’une amitié trahie, d’un manque de reconnaissance. D’accord.

Mais permettez-moi de penser qu’au moment de la mort de l’écrivain, on devrait être en-dessus

de ce genre d’émotions personnelles.

 

Vous me dites de descendre, je vous réponds, prenez un peu de hauteur.

 

Je vois bien comme d’autres écrivains (qui n’auront jamais la notoriété de Chessex)

ne peuvent pas s’empêcher non plus de remettre à sa place cette figure de père

qui leur a fait de l’ombre, qui leur a manqué d’affection et de reconnaissance.

 

Prernez l’hommage de

Christophe Gallaz, aujourd’hui dans le Matin dimanche qui commence par dire qu’il

Y a plus grand que Chessex parmi les écrivains romands. Pourquoi ? Pourquoi l’abaisser

si démonstrativement, juste après sa mort ? Parce qu’il était, lui, sévère, même blessant

quand il jugeait les jeunes collègues ?

 

Je comprends et j’apprécie tous les commentaires. Mais je me permets aussi de les interpréter.

J’apprécie d’ailleurs particulièrement vos écrits sur la littérature romande. C’est pourquoi je vous interpelle.

Prenez ma critique pour un geste amical.

 

Il faut parler

De tous les aspect de l’oeuvre, de la vie et de la personnalité du défunt. Mais attendons, bon sang, qu’il

Soit sous terre.

 

Le jour de la mort, nous devons rendre hommage à la grandeur de l’homme, à

A ses qualités, à sa dimension qui dépasse toutes les querelles de bistrots

entre collègues.

 

Avez-vous vu Bernard Pivot au téléjournal de la tsr, hier ? Il a  trouvé les mots justes. Lisez

les grands journaux dominicaux alémaniques. Pirmin Meier dans le « Sonntag » voit en

Chessex le seul auteur suisse contemporain qui aurait mérité le prix Nobel de la littérature.

Pour le critique Manfred Papst de la NZZ am Sonntag, Chessex était le plus important écrivain romand.

 

Comprenez-moi bien : j’avais l’illusion de croire que les collègues vaudois et les journalistes d’ici

devaient être les premiers à rendre un hommage fier à la grandeur, au rayonnement et à la brillance

de cet auteur, de « notre » Chessex qui nous fait tant honneur dans le monde.

 

Quand Dürrenmatt est mort, on ne s’est pas pressé de signaler

qu’il était alcoolique et avait tendance à devenir assez vulgaire quand il avait un verre dans le nez,

quand Frisch est mort, personne n’a mis l’accent sur le côté hautain, méprisant du personnage.

Le monde entier, a rendu un vibrant hommage à l’oeuvre de

ces grands hommes.

 

Voilà. 

Je vous souhaite un agréable dimanche.

 

10/10/2009

Jacques Chessex

 

Cher Jean-Louis Kuffer, 

je ne suis pas Vaudois, je ne connais pas les petites guegerres et les jalousies entre créateurs et critiques,

mais je suis devenu, par hasard voisin de Jacques Chessex, j'ai eu l'énorme chance de faire connaissance d'un homme de qui j'avais une idée complètement faussée par l'image qui en a été projeté par la presse locale. L'image d'un homme austère, hautain, difficile, égocentrique, enfin, tout ce qu'on peut dire de mal d'un grand homme. Et les photos publiées dans la presse ne faisaient que confirmer l'image: un type sérieux, au regard fixe, sans le moindre sourire. J'ai connu un homme qui était exactement le contraire: souriant, charmant, poli, tendre. Jacques Chessex se prenait le temps d'écouter, il offrait son temps, pas seulement au journaliste connu que je suis, mais aussi à la concierge, aux artisans et commerçants de sa rue. Cet homme n'avait que des amis, sauf, apparemment, dans la presse et auprès des écrivains qui ne lui arrivaient pas à la cheville et qui mouraient de jalousie parce que lui, il a réussi, et comment! Le prix Goncourt, un réseau à Paris, des articles dans la presse française et allemande. Par ce seul homme, la Suisse romande a existé dans la littérature française.

Et que faites vous, le jour ou ce grand homme meurt, terrassé par un infarctus: vous dépeignez dans le deuxième paragraphe de votre article un homme qui serait un "forcené": "La querelle, l'invectice, dans les café set les journaux, voire la bagarre à poings nus, n'auront point trouvé de représentant plus acharné".

Vous osez écrire cela au début d'un hommage. Dans le plus grand quotidien d'un canton qui a eu la chance d'exister au delà de ses frontières grâce au rayonnement de l'oeuvre de Chessex.   

Qu'est-ce qu'il vous a fait? Et quand? Les coups de poings, de quand datent-ils?

Avez-vous vu les articles que la presse zurichoise à publié à la mort de l'écrivain Hugo Loetscher, il y a à peine quelques semaines?

Avez-vous suivi avec quel respect et quel reconnaissance les Zurichois lui ont fait les adieux?

J'ai de la peine. Cette petitesse, cette aigreur qu'on lit entre les lignes de votre hommage, m'afflige.

Je vous le dis dans l'émotion, spontanément. Et aussi ému de la mort d'un homme qui a créé une oeuvre immense, qui restera probablement pour longtemps le plus grand écrivain romand.

Bien à vous

Peter Rothenbühler

 

 

 

 

 

05/10/2009

Horreur à Saignelégier

 

Lundi

Lausanne bouge

C’est la semaine du renouveau culturel et sportif de Lausanne. Cette fois, tout s’est décidé à la fois : la ville aura un nouveau stade de foot, un bassin olympique et un nouveau musée des beaux-arts dans les anciens dépôts de locomotive. Et un nouveau directeur de la cinémathèque, Frédéric Maire, qui lui aussi voit grand : il aimerait faire de cette institution une sorte de « maison du cinéma » qui attire les foules. Saluons ce nouveau dynamisme de Lausanne. Et espérons que ça dure…

 

Mardi

Des millions en l’air

Guy Laliberté, le fondateur canadien du Cirque du Soleil s’est payé le ticket de voyage le plus cher au monde : il a  payé  35 millions de dollars pour un aller retour dans l’espace  avec arrimage à la station spatiale internationale pendant quelques jours. Celui qui fut un modeste artiste de rue est devenu milliardaire grâce au succès de son cirque qui offre des spectacles d’une grande poésie.  Si un mec dépense 35 millions pour réaliser un rêve de gamin, en cette période de crise ou des pères de famille ne savent plus comment nouer les deux bouts, je n’ai plus aucune envie d’aller voir le spectacle qui a fait sa fortune.  Pour moi, il peut rester dans l’espace.          

 

Mercredi

Horreur à Saignelégier

D’abord, je croyais à une farce. Un architecte biennois (de 80 ans) veut construire un grand hôtel quatre étoiles près de Saignelégier, un projet devisé à 21 millions qui prévoit la création de 80 chambres  sur un terrain de 14 000 m2. La maquette du futur grand-hôtel rappelle furieusement les horreurs architecturales des années septante, ces grands machins touristiques du style « Grande-Motte », énormes triangles en béton, clapiers à touristes inspirés des constructions monumentales des ères fascistes et bolchéviques. Bon, ne nous énervons pas, les Jurassiens ont su éviter d’autres horreurs (places d’armes et compagnie), ils sauront imposer un style sympa et campagnard à tout projet sérieux .      

 

Jeudi

Polanski, encore

Mon opinion sur l’affaire Polanski ? Je refuse les raccourcis du genre, « il a beau être un génie, cela reste un violeur d’enfant, donc, il doit être jugé, même trente ans après les actes ». Il y a plusieurs niveaux à considérer dans cette affaire, avec chaque fois quelques réserves. Un : oui, à l’époque des faits reprochés et avoués, Polanski aurait dû être jugé. Mais : craignant que la justice américaine (connue pour ses peines longues et inhumaines)  statue un exemple de sévérité à cause de sa célébrité, il a préféré fuir, ce que je comprends très bien.  Deux : difficile de comprendre pourquoi Polanski, avec les moyens dont il dispose, n’a pas réussi depuis à trouver un arrangement avec la justice américaine (qui  fonctionne comme un marché). Trois: les autorités Suisses auraient du éviter le scandale en informant discrètement la star des ennuis qui l’attendent. On a des services secrets et diplomatiques pour cela. Quand la Suisse a-t-elle arrêté et extradé un très grand criminel, genre tortionnaire ou dictateur ? Jamais. Quatre : Un Conseil fédéral qui s’exprime à plusieurs voix jette une image déplorable sur le fonctionnement de notre gouvernement. Cinq : je ne crains pas pour Polanski, il a les moyens de se payer les meilleurs avocats français et américains. Six: j’ai aussi un point de vue de père et je me demande. Quelle maman, quel papa laissera son enfant de treize ans s’amuser sans surveillance avec des comédiens et metteurs en scènes délurés dans une villa de star ? A ma connaissance, Jack Nicholson et Roman Polanski n’avaient pas vraiment le profil du gentil baby-sitter rassurant. S’il y a des coupables dans cette affaire, ils sont nombreux… Sept : last but not least, quand le monde culturel proteste contre la sévérité d’un acte de l’Etat, l’opinion publique se range – presque par réaction épidermique - plutôt du côté de l’Etat et de la répression.  Et huit : à la place de Frédéric Mitterrand, je n’aurais rien dit. Mais d’autant mieux agi en coulisse.  

 

Vendredi

Barrière du papet ?

Les artisans bouchers-charcutiers du canton de Vaud ont créé la première  journée du papet vaudois, aujourd’hui, ils distribuent gratuitement du papet dans leurs magasins. Le client achète les saucissons de son choix, le papet lui est offert, même pour quatre personnes.  L’action rencontre un succès fou. Voilà des artisans qui ont des idées de marketing ! Malheureusement, aucune boucherie de la ville de Lausanne ne participa à cette journée. Y  a-t-il un fossé du papet autour de Lausanne ? Non, simplement, il ne reste que très peu d’artisans charcutiers certifiés en ville, fabriquant leur propre saucisson. Vous voulez la recette du papet, tapez www.charcuterie-vaudoise.ch

04/10/2009

Polanski

 

Pourquoi Polanski a été arrêté

J'entends les Conseillers fédéraux et autres personnalités répéter: nous ne sommes pas d'accord qu'on n'aurait pas du arrêter M. Polanski parce que c'est un créateur...

La vérité est toute différente, c'est justemen parce que M. Polanski est un créateur qu'il a été arrêté sans états d'âmes par les autorités Suisses

Il n'a pas de lobby fort derrière lui, il ne représente pas les intérêtes d'un Etat, ce n'est qu'un créateur. Son arrestation ne peut en aucun cas porter préjudice à des intérêtes majeurs du pays... Ce n'est qu'un saltimbanque sans véritable patrie. 

Nos ministres jouent un peu aux naifs dans le cas Polanski en répétant la loi c'est la loi, eux qui connaissent très bien tous les cas (restés secrets) ou le gouvernement a lié les mains au Procureur fédéral quand celui-ci voulait arrêter une personnalité étrangère importante en vertu des lois.

Quand les Russes ou les Américains sont embarassés au plus haut niveau, nous fermons les yeux, nous lançons un petit coup de téléphone d'avertissement.

Non, tout le monde n'est pas égal devant la loi.... 

 

 

 

 

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