16/11/2009 16:49 Publié dans Le Journal (notes quotidiennes) | Lien permanent | Commentaires (4)

Confrérie du Guillon - les intellos du vin

Unique au monde!  

Samedi soir, j'ai eu l'honneur de vivre un spectacle unique en Suisse, non, unique au monde, et s'il vous plait, ne dites pas aux Chinois, aux Indiens et aux Américains que cela existe, sinon, ils vont prendre d'assaut le Château de Chillon pour vivre cet évènement, eux aussi. Il faut que ça reste entre nous.

Donc, j'ai eu l'honneur d'être accueilli comme Compagnon d'honneur à la vénérable Confrérie du Guillon, lors du "Ressat d'automne", un diner aux chandelles à 250 personnes, dans une énorme salle du Château de Chillon.  

Je ne pouvais pas refuser cet honneur, parce que cet un ami cher, Claude-Alain Mayor, doyen de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL), qui m'a proposé comme compagnon d'honneur.

Mais j'avoue que j'y suis allé sans trop me presser, sans me réjouir vraiment, j'imaginais une soirée parmi des amis du vin certes sympas, mais âgés et éventuellement un peu courts en conversation qui allaient me parler de mélanges de goût (quelque chose entre la myrtille et le caramel, vous sentez, là?)du dernier millesime du x-ème vignobles de Lavaux ou de la Côte. J'aime bien le vin, mais trop en parler...

Je m'attendais aussi à deux ou trois discours de notables, aussi ennuyeux que longs (je connais la musique) et une musique folklorique d'accompagnement qui rend impossible toutes les discussions à table. Et surtout à un repas long, long, long, en compagnie de gens qui ne m'intéressent pas vraiment, avec des pauses interminables entre la soupe et la salade et le morceau de rôti trop cuit et le dessert hypercalorique. Si, si ça existe, et dans les meilleures sociétés.  

Eh bien, c'était tout le contraire. J'ai assisté à une sorte de miracle, j'étais, et cette fois l'expression s'impose, déçu en bien. Et combien. Donc, ça existe, des soirées parfaites, parfaitement bien organisées, oû on reste à table quatre heures sans s'ennuyer une seconde, en compagnie de gens sympas, drôles et en profitant d'un spectacle qui s'adresse à tous les sens.  

Je ne sais pas pourquoi on n'écrit pas plus souvent sur cette Confrérie du Guillon. Ce que j'ai vécu samedi soir est un évènement culturel d'une originalité incroyable, un spectacle unique, une sorte de "Gesamtkunstwerk", oeuvre d'art total qui allie cérémonie, gastronomie, bonne humeur, élégance, gentillesse et surtout beaucoup d'esprit. A croire que boire du vin rend particulièrement spirituel.

Les conseillers du Guillon, ces messieurs qui forment le noyau dur de la Confrérie (qui n'a qu'un seul but: chanter la gloire du vin en bonne compagnie, si je peux me permettre ce résumé) sont de véritables poêtes, des dignes successeurs de Gilles, de Jack Rolland, de Michel Deneriaz et d'autres grands chanteurs et humoristes Vaudois: a propos, l'un des meilleurs entre eux est effectivement le fils du légendaire homme-orchestre de la radio Romande Michel Dénériaz! Christian Dénéreaz est avocat, un beau monsieur, qui a une voix qui porte à cent mètres....

Chaque plat du repas (concoté par la brigade de Nino du restaurant de l'université de Lausanne à Dorigny) et chaque nouveau vin est annoncé par un conseiller en robe (jaune, rouge ou verte, les couleurs de l'automne) et là, c'est le miracle: ces messieurs ont préparé des textes qui font rires aux larmes le parterre de compagnons et compagnonnes, les blagues fusent, Khadafi, Brélaz, Merz et les Genevois en prennent plein la g...... Il y a tant de nouveaux bons mots, j'en ai noté des tout petits: "Je suis à moitié bilingue, je ne parle que le français." "Brigitte Bardot n'a jamasi investi dans la chirurgie esthétique, elle économise pour le taxidermiste." "Audiovisuel en Vaudois? Ecoute-voir!" "Pourquoi le drapeau vaudois est-il vert et blanc? Pour que le vin coule mieux dans le verre", "Les cochons ne vivent pas vieux, mais les vieux deviennent cochon" (en parlant de Berlusconi), "Ce sont des acrobates du verbe qui donnent au pays de Vaud des airs de St-Germain des Prés" 

Ces messieurs parlent sans micros, ils cultivent ce qui se perd de plus en plus chez nous: le discours libre, à haute voix, sans power point ni micro, ni musique d'accompagnement, ils chantent même, et en vers, s'il vous plait.     

Je n'éxagère pas, je suis plutôt du genre difficile en ce qui concerne le divertissement, je connais les "Schnitzelbänk" des Bâlois, je n'ai aucuen raison de louer gratuitement une institution juste parce qu'elle m'a offerte une sorte de carte de membre en forme de Guillon (ce machin qui est planté dans le tonneau et qu'on peut tirer un peu pour goûter le vin.... j'ai essayé et heureusement le vin blanc ne fait pas de tâches, j'en avais plein les pantalons...), mais ce "Ressat de la Confrérie du Guillon" est probablement l'évènement culturel qui m'a le plus impressionné, ces derniers temps. Et je ne boude pas le théâtre.

En plus, il faut dire que cette société qui n'est composée que de volontaires (vignerons, avocats, notaires, professeurs, ingéneiurs, architectes du pays de Vaud) fonctionne comme un organisateur de fêtes professionnel. La décoration est de bon goût. L'évènement est "timé" à la minute, les hôtes entourés et chouchoutés du début à la fin...le service des vins et des plats se fait en quatrième vitesse... impressionnant. Ils ne se prennent pas trop au sérieux, mais ils font les choses sérieusement.

Le Château de Chillon offre naturellement un cadre absolument fantastique pour un repas de fête de ce genre, avec ses grandes salles, sa chambre de torture et ses grands feux de cheminée. Seul bémol: le Château de Chillon refuse d'acheter une troisième machine à café, ce qui fait que le service du café prend plus de temps que prévu. (Mais cela devrait s'arranger bientôt).

14 novembre 2009 

Je vous donne encore la liste des vins, l'essentiel de la soirée (quitte à ne boire qu'une gorgée par verre, vu que la plupart des convives rrentraient en voiture...)

Vinzel AOC 2007 (Avec la terrine de chevreuil)

Aigle AOC Pinot noir 2007 (Avec les tagliatelles à la myrtille

Saint Saphorin AOC 2006 (Avec La Bocca d'oro de l'Atlantique poêlé aux poireaux et truffes)

La Côte AOC Gamaret 2005 (Avec le filet de sanglier "in Porchetta")

Dézaley AOC 2006 (avec le Vacherin de la Vallée)

 

Mon préféré: le Camaret, un très grand vin, digne des meilleurs Bordeaux.    

  

 

                   

Commentaires

Je constate simplement qu'on se permet ici d'effacer les commentaires désagréables et qu'on corrige à posterori les passages du texte mis en question.
Un correcteur d'orthographe grammaticale serait par ailleurs bienvenu.

Écrit par : Alain Rebuffat | 23/11/2009

Oui effectivement... La grande classe!!!

Non mais vous comprenez... oublier le nom de ses amis, ça fait tache. Enfin peut-être M. Rothenbühler en a-t-il trop pour se souvenir de tous leurs noms...

En même temps, ce monsieur ne nous a pas habitués à une grande honnêteté intellectuelle.

Écrit par : haha | 27/11/2009

M. Rothenbühler,

Malgré vos beaux principes orthographiques et vos amitiés oenologiques, permettez-moi de constater la confusion que vous faites entre Camaret et Gamaret (sans parler des fautes de frappes un peu fréquentes pour un preux chevalier de l'ortographe)...

Cela dit, Camaret fait référence à une chanson paillarde tout à fait à propos dans le registre lourdingue que vous semblez apprécier.

Bien à vous

Écrit par : yann g | 01/12/2009

J'ai du mal à comprendre le sens de la critique envers ces amoureux du vin

Écrit par : vin | 13/04/2011

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