14/12/2009 08:50 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (5)

Le cinquième minaret

Le cinquième minaret

k Guillaume «Toto» Morand était furieux il y a quelques mois. Le propriétaire des magasins de chaussures Pomp it Up, un des commerçants les plus créatifs du centre de Lausanne, a bien vu les journalistes assister à l’inauguration de son nouveau magasin au Flon. Ils ont bu des pots, mais ils n’ont pas écrit une ligne. Toto en a tiré une leçon: il faut trouver autre chose, un événement extraordinaire qui fait l’actualité. Le cinquième minaret, construit avec du matériel de décoration sur un toit de Bussigny (VD), c’est Toto! Bien sûr, il l’a aussi fait par conviction, pour envoyer un message de paix et de tolérance aux musulmans, mais évidemment il n’est pas mécontent de voir son nom et celui de ses magasins à la une de tous les journaux et sites Internet. Toto, qui soutient aussi des manifestations culturelles d’avant-garde, a réussi à faire du marketing intelligent pour l’image de son enseigne. Il a signalé – une fois de plus – qu’il est bien davantage qu’un vendeur de pompes.

Moralisme galopant

k Pourquoi les médias se délectent-ils tant des déboires et affaires extraconjugales de Tiger Woods, ce joueur de golf de génie, premier milliardaire parmi les sportifs de ce monde, sans ajouter que, s’il s’appelait Bernhard, Kari ou Robert et s’il était Suisse ou Français, personne ne saurait rien de ses aventures amoureuses. Et qu’en aucun cas on ne lui ferait ce procès public. C’est très simple: on peut juger son comportement immature, on peut trouver qu’il court de gros risques pour son image de jeune homme parfait sous tous rapports, mais ce qu’il fait de ses nuits ne regarde que lui et son épouse. Il a la malchance de vivre dans une société (américaine) qui suinte de moralisme galopant, d’hypocrisie en matière de mœurs – et il devrait peut-être en tenir compte. Mais ceux qui le jugent devraient aussi juger ses nombreuses conquêtes féminines qui profitent honteusement de la célébrité de leur ami (ou faut-il écrire client?) pour se faire connaître, passer dans les journaux et gagner quelques sous en plus.

Immixtions sonores

k Je croyais que c’était une mauvaise habitude des villes du sud de la France ces haut-parleurs installés aux quatre coins des places publiques en période de fête, abreuvant le passant du matin au soir de ces mélodies doucereuses qui font mal aux oreilles des mélomanes. Bref, ce bruit organisé, inutile et qui dure généralement jusqu’à 23 h, ça n’existe pas chez nous, avais-je l’habitude de dire à mes amis français, ce genre d’immixtions sonores idiotes est interdit en Suisse. Or quelle surprise de me rendre compte, l’autre jour, en traversant la place Saint-François de Lausanne, que je me suis trompé. La musique y est omniprésente, au centre-ville, toute la journée, impossible d’y échapper. L’affreuse mode a pris chez nous. Mais pourquoi les autorités autorisent-elles ce non-sens barbare?

Le danger

k C’est pathétique de voir Johnny Hallyday dans son fauteuil roulant. Je n’ai pas de conseils à lui donner. Mais, de toute évidence, il irait mieux s’il avait tenu sa promesse de passer soixante jours par année dans sa résidence (fiscale) de Gstaad (BE) au lieu de se lancer dans une tournée folle, fatigante. Ici, il aurait pu respirer l’air des Alpes, profiter de l’excellente qualité des chirurgiens suisses et se refaire une santé avant de remonter sur scène. Espérons que ses maladies mystérieuses ne sont qu’une mauvaise passe et qu’il pourra quand même venir se reposer dans son chalet. On doit se faire de réels soucis. Je me rappelle ce qu’un manager de Michael Jackson a dit après la mort de Bambi: «Maintenant, le plus gros facteur de coûts ne pèse plus sur le bilan.» Finalement, pour le business, la mort d’une rock star rapporte plus que d’interminables tournées d’adieu. Voilà le danger.

Perte de crédibilité

k Pour moi, le mot de l’année, c’est la «grippe porcine», c’est aussi le «fantôme de l’année», la «désinformation de l’année», et c’est sûrement l’«affaire de l’année» pour l’industrie pharmaceutique. Mais arrêtons de critiquer, c’est toujours mieux d’être déçu en bien que de se faire surprendre par une pandémie, une vraie. Donc cette catastrophe sanitaire qu’on nous annonçait n’était qu’une grippe comme une autre, même un peu plus banale que toutes les autres. A la place des 2 millions de malades que l’Office fédéral de la santé avait annoncés pour le mois d’octobre, on a enregistré un total de 10 580 cas. Maintenant, j’aimerais bien savoir comment l’Office fédéral fera la prochaine fois pour nous impressionner. Comme perte de crédibilité et comme désinformation, on ne peut faire mieux.

Commentaires

Et la perte de crédibilité des médias, vous la passez soigneusement sous silence! Vous n'êtes que des perroquets et vous prétendez penser!

Écrit par : zoltan | 27/12/2009

le plus gros facteur de coûts ne pèse plus sur le bilan.» Finalement, pour le business, la mort d’une rock star rapporte plus que d’interminables tournées d’adieu. Voilà le danger

Écrit par : research paper services | 20/07/2011

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Écrit par : Online Shopping | 07/03/2012

et il devrait peut-être en tenir compte. Mais ceux qui le jugent devraient aussi juger ses nombreuses conquêtes féminines qui profitent honteusement de la célébrité de leur ami (ou faut-il écrire client?) pour se faire connaître, passer dans les journaux et gagner quelques sous en plus.

Écrit par : philosophy essay | 23/04/2013

et il devrait peut-être en tenir compte. Mais ceux qui le jugent devraient aussi juger ses nombreuses conquêtes féminines qui profitent honteusement de la célébrité de leur ami (ou faut-il écrire client?) pour se faire connaître, passer dans les journaux et gagner quelques sous en plus.

Écrit par : philosophy essay | 23/04/2013

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