20/12/2009

Les mamans au pouvoir

LES MAMANS AU POUVOIR!

k Un peu partout dans le monde, les politiciens découvrent – enfin – que les mamans ne sont pas seulement les «chefs de famille» en matière de consommation, mais un groupe qui peut faire pencher la balance lors d’élections et de votations. Déjà, dans certains pays, les politiciens font tout pour obtenir des interviews ou des «chats» dans des sites spécialisés adressés aux mères comme Mumsnet.uk en Angleterre, aujourd’hui «le» forum incontournable des mamans anglaises. Elles y échangent informations, opinions, conseils, bons plans, adresses et aussi convictions politiques au sujet de décisions à venir comme l’aménagement du temps de travail, les crèches, les soins à domicile, etc. Quand le service de santé du gouvernement devait diffuser les premières informations sur la grippe porcine, il s’est adressé directement à Mumsnet.


MUSULMANS CONVERTIS

k Un phénomène tout nouveau se manifeste en Suisse: de plus en plus de jeunes nés de familles catholiques ou protestantes suisses adhèrent à l’islam – par conviction et non par mariage. Rien que dans le quartier du Lignon à Genève il y a toute une série de jeunes convertis qui cherchent dans cette nouvelle religion un cadre strict, des règles de vie claires et nettes, une ferveur et une communauté qui leur manquent. Pour eux, nos Eglises traditionnelles sont trop «floues» et laissent trop de place à la pensée autonome. Mon prof d’allemand au gymnase avait l’habitude de dire: «Les vrais novateurs, les vrais créatifs sont généralement assez vieux. La jeunesse, elle, est toujours conservatrice, facile à embrigader.» Naturellement, il parlait du gauchisme, pas de l’islam.

JUSTICIERS

k Le scandale du vol de données bancaires par Hervé Falciani, ex-informaticien de la Hongkong & Shanghai Banking Corporation (HSBC) à Genève, crée de graves problèmes diplomatiques entre la Suisse et la France. Il révèle aussi une réalité très inquiétante: le secret n’existe plus. Big Brother is watching you, et le «grand frère» n’est pas le patron (qui devrait tout savoir), mais l’informaticien qui a accès à toutes les données les plus confidentielles, intimes et secrètes d’une entreprise. Si ces techniciens ont la fibre de Zorro ou de Robin des Bois, ils peuvent mettre en danger des personnes et des pays entiers.


LISEZ!

k Ne jetez pas la pierre aux gens qui ne lisent «que» les journaux gratuits. Au moins ils lisent! C’est qu’il y a de plus en plus de gens qui ne lisent plus rien du tout, même pas les pancartes et affiches indiquant par exemple l’ouverture d’un magasin. Ils se fient totalement à l’intuition, à la «mise en place». Je m’explique: attachez une petite pancarte à la porte d’un ascenseur sur laquelle est écrit: «L’ascenseur fonctionne». Les gens prendront l’escalier, parce qu’intuitivement ils pensent que c’est écrit «En panne». Enlevez les chaises de la terrasse d’un bistrot en hiver et mettez une pancarte «Ouvert» sur la porte du resto, les gens vont ouvrir la porte et demander: «C’est ouvert?»



16/12/2009

Cher Dominique Warluzel

Cher Dominique Warluzel,

je suis d'accord avec vous quand vous dites dans Le Matin qu'à Genève une certaine défaillance de l'autorité concourt au développement de l'insécurité. D'accord aussi quand vous dites qu'il faudrait des gens de convictions pour diriger le département des institutions (anciennement Justice et Police) et que la police devrait davantage jouer un rôle répressif.

Mais je trouve complètement fou et irresponsable d'annoncer haut et fort que - à cause du climat d'insécurité à Genève que vous comparez à celui de New York des années 80 - vous vous êtes armé, que vous avez même une arme (que j'imagine chargée) dans votre voiture.

Quand un avocat aussi célèbre et aussi respecté que vous estime qu'il n'est plus possible de circuler à Genève sans avoir une arme à feu dans sa voiture, je crie "au secours".

Votre message sera compris: citoyens, armez-vous! Les autorités, la police en l'occurence n'est plus capable de vous protéger. Voilà comment on lit vos propos.

Et malheureusement, votre exemple ne sera pas suivi que par des citoyens responsables comme vous, mais aussi par toutes sortes de voyous qui n'hésiteront pas à faire usage de leur arme....Si on porte une arme, c'est bien pour s'en servir.

D'un côté, nous nous battons pour interdire les chiens dangereux qui sont de véritables "armes de combat" et de l'autre on recommande (indirectement) aux citoyens de se munir d'uen arme à feu... C'est de la folie.

Désarmez-vous, cher ami! Et vite. Genève n'est pas ausi dangereuse que ça.

La repression oui, mais l'autodéfense armée non!

Avec mes meilleures salutations

Peter Rothenbühler

 

 

 

      

14/12/2009

Berlusconi et les demeurés

Berlusconi et les simples d'esprit

On peut condamner la politique de Silvio Berlusconi, on peut détester le personnage, mais il est absolument inadmissible de cautionner ou même justifier l'acte d'agression dont il vient d'être la victime.

Heureusement, l'individu qui a lancé un objet solide à la figure du président du conseil italien est identifié comme étant un individu bizarre aux antécédents psychiatriques notoires, sans attaches politiques précises. On n'ose imaginer à quel point le climat politique italien - qui est déjà pas mal empoisonné - aurait été détérioré si cet individu avait appartenu à un parti politique de l'opposition.

Ce qui choque dans cet attentat, c'est 

-le manque flagrant de vigilance de la part des gardes de corps de Berlusconi. Ils sont là pour empêcher justement ce genre d'attentats. Cet incident aura des conséquences graves pour l'organisation de la sécurité de Berlu.

-la propension de Berlusconi à vouloir prendre des bains de foules alors qu'il sait pertinemment qu'il court de grands risques. On dirait presque qu'il l'a cherché, le conflit physique...  

-les pires, ce sont les réactions des internautes -Suisses et Italiens - qui font de l'agresseur de Milan un héros. Dois-je en conclure que certaines personnes qui inondent actuellement les sites des journaux de quelques stupidités (avec le grand courage d'auteurs anonymes) ont enfin trouvé un héros qui leur va bien...un demeuré?

 

   

  

Lieber Georg Kreis

SMD-Logo
Nachrichten
Peter Rothenbühler
Lieber Georg Kreis

Peter Rothenbühler

Sie haben das Talent, Dinge auf den Punkt zu bringen. Die Verachtung gewisser Eliten für das «dumme Volk» haben Sie im «Club» mit einem Satz auf die Spitze getrieben: Wenn eine SVP in den Dreissiger- jahren eine Initiative gegen die Juden lanciert hätte, hätte wohl auch eine Mehrheit zugestimmt. (So werden Sie von der NZZ zitiert). Als Präsident der Eidgenössischen Kommission gegen Rassismus sollten Sie wissen, was den Rassisten auszeichnet: Er verdächtigt ohne konkreten Anlass eine Volksgruppe pauschal der schlimmen Tat. Dass man das gar rückwirkend tun kann, ist Ihre persönliche Erfindung. Gratuliere.

Aber Spass beiseite: Was Sie da im Namen der Eidgenossenschaft rausgelassen haben, ist nicht nur eine Beleidigung der SVP, der Sie retrospektiv Antisemitismus unterstellen. Es ist eine Beschimpfung unserer Grosseltern, die sich nicht mehr wehren können. Meine Grossväter, beide einfache Männer des Volkes, mussten kotzen (ja, echt kotzen), wenn sie Hitlers Reden am Radio hörten, und ihren Kollegen – ob links oder rechts – ging es gleich. Hingegen gab es zahlreiche Offiziere, Bundesbeamte, Professoren und andere Leute aus besseren Kreisen, die den Sirenentönen des deutschen Antisemitismus nicht abhold waren. Ich will jetzt nicht behaupten, dass es – rein soziodemografisch gesehen – die gleichen gehobenen Kreise waren, die heute die Volksmehrheit für dumm und rassistisch verkaufen. Aber es könnte ja sein, nicht wahr, Herr Professor?

Freundliche Grüsse, Peter Rothenbühler

«Was Sie rausgelassen haben, ist eine Beschimpfung unserer Grosseltern»

Le cinquième minaret

Le cinquième minaret

k Guillaume «Toto» Morand était furieux il y a quelques mois. Le propriétaire des magasins de chaussures Pomp it Up, un des commerçants les plus créatifs du centre de Lausanne, a bien vu les journalistes assister à l’inauguration de son nouveau magasin au Flon. Ils ont bu des pots, mais ils n’ont pas écrit une ligne. Toto en a tiré une leçon: il faut trouver autre chose, un événement extraordinaire qui fait l’actualité. Le cinquième minaret, construit avec du matériel de décoration sur un toit de Bussigny (VD), c’est Toto! Bien sûr, il l’a aussi fait par conviction, pour envoyer un message de paix et de tolérance aux musulmans, mais évidemment il n’est pas mécontent de voir son nom et celui de ses magasins à la une de tous les journaux et sites Internet. Toto, qui soutient aussi des manifestations culturelles d’avant-garde, a réussi à faire du marketing intelligent pour l’image de son enseigne. Il a signalé – une fois de plus – qu’il est bien davantage qu’un vendeur de pompes.

Moralisme galopant

k Pourquoi les médias se délectent-ils tant des déboires et affaires extraconjugales de Tiger Woods, ce joueur de golf de génie, premier milliardaire parmi les sportifs de ce monde, sans ajouter que, s’il s’appelait Bernhard, Kari ou Robert et s’il était Suisse ou Français, personne ne saurait rien de ses aventures amoureuses. Et qu’en aucun cas on ne lui ferait ce procès public. C’est très simple: on peut juger son comportement immature, on peut trouver qu’il court de gros risques pour son image de jeune homme parfait sous tous rapports, mais ce qu’il fait de ses nuits ne regarde que lui et son épouse. Il a la malchance de vivre dans une société (américaine) qui suinte de moralisme galopant, d’hypocrisie en matière de mœurs – et il devrait peut-être en tenir compte. Mais ceux qui le jugent devraient aussi juger ses nombreuses conquêtes féminines qui profitent honteusement de la célébrité de leur ami (ou faut-il écrire client?) pour se faire connaître, passer dans les journaux et gagner quelques sous en plus.

Immixtions sonores

k Je croyais que c’était une mauvaise habitude des villes du sud de la France ces haut-parleurs installés aux quatre coins des places publiques en période de fête, abreuvant le passant du matin au soir de ces mélodies doucereuses qui font mal aux oreilles des mélomanes. Bref, ce bruit organisé, inutile et qui dure généralement jusqu’à 23 h, ça n’existe pas chez nous, avais-je l’habitude de dire à mes amis français, ce genre d’immixtions sonores idiotes est interdit en Suisse. Or quelle surprise de me rendre compte, l’autre jour, en traversant la place Saint-François de Lausanne, que je me suis trompé. La musique y est omniprésente, au centre-ville, toute la journée, impossible d’y échapper. L’affreuse mode a pris chez nous. Mais pourquoi les autorités autorisent-elles ce non-sens barbare?

Le danger

k C’est pathétique de voir Johnny Hallyday dans son fauteuil roulant. Je n’ai pas de conseils à lui donner. Mais, de toute évidence, il irait mieux s’il avait tenu sa promesse de passer soixante jours par année dans sa résidence (fiscale) de Gstaad (BE) au lieu de se lancer dans une tournée folle, fatigante. Ici, il aurait pu respirer l’air des Alpes, profiter de l’excellente qualité des chirurgiens suisses et se refaire une santé avant de remonter sur scène. Espérons que ses maladies mystérieuses ne sont qu’une mauvaise passe et qu’il pourra quand même venir se reposer dans son chalet. On doit se faire de réels soucis. Je me rappelle ce qu’un manager de Michael Jackson a dit après la mort de Bambi: «Maintenant, le plus gros facteur de coûts ne pèse plus sur le bilan.» Finalement, pour le business, la mort d’une rock star rapporte plus que d’interminables tournées d’adieu. Voilà le danger.

Perte de crédibilité

k Pour moi, le mot de l’année, c’est la «grippe porcine», c’est aussi le «fantôme de l’année», la «désinformation de l’année», et c’est sûrement l’«affaire de l’année» pour l’industrie pharmaceutique. Mais arrêtons de critiquer, c’est toujours mieux d’être déçu en bien que de se faire surprendre par une pandémie, une vraie. Donc cette catastrophe sanitaire qu’on nous annonçait n’était qu’une grippe comme une autre, même un peu plus banale que toutes les autres. A la place des 2 millions de malades que l’Office fédéral de la santé avait annoncés pour le mois d’octobre, on a enregistré un total de 10 580 cas. Maintenant, j’aimerais bien savoir comment l’Office fédéral fera la prochaine fois pour nous impressionner. Comme perte de crédibilité et comme désinformation, on ne peut faire mieux.

11/12/2009

Où sont les pro-minarets?

 

Bravo aux musulmans suisses! Contrairement aux pires craintes de certains, leurs réactions au vote du peuple Suisse ont été mesurées.

L'idée d'organiser une manif de musulmans à Berne, samedi, est excellente. Tout le monde peut et doit faire usage des droits démocratiques, chez nous. (Je ne pense pas qu'en Arabie Saoudite ou en Libye ou dans d'autres pays qui soutiennent et financent en partie les mosquées construites en Europe, il soit possible de manifester contre une nouvelle loi sans se faire coffrer..)

Ce qui est déplorable, c'est que les pro-minarets ne soient pas capables de mobiliser des personnalités Suisses pour défendre leur cause. A Berne, c'est un imam venu d'Allemagne, Abu Hazma, un ancien boxeur professionnel allemand converti à l'islam qui prendra la parole....

Voilà un problème qui provoque un grande incompréhension auprès du public suisse: on se demande où sont les porte-paroles des musulmans suisses. Ou sont des hommes et des femmes établis ici, crédibles, qui ont le courage de donner les explications nécéssaires sur ce qui se passe dans les mosquées, dans la tête des croyants, leur rapport à la Sharia, etc. 

C'est une des questions qui fausse le rapport avec les comunnautés musulmanes, on entend plein de choses sur certains Imams pratiquants en Suisse qui, selon un rapport secret de la Confédération, seraient assez nbombreux à prêcher la haine (12 sur 200) et on aimerait recevoir une réponse claire et nette à ce sujet de la part des musulmans modérés qui forment la majorité.

     

10/12/2009

Finn, l'ours

L’ours est bon

 Les minarets ont fait disparaître l’ours «Finn» des grands titres de la presse. Et pourtant il y a des nouvelles intéressantes à signaler: «Finn» se remet de ses blessures, il est de mauvaise humeur (bon signe pour la santé d’un ours) et il devient papa! «Björk», sa compagne, est portante. Magnifique. Pour ma part, je n’arrive toujours pas à comprendre cette vague de sympathie pour «Finn». L’ours est un animal qui a l’air sympa et drôle, mais ne l’est pas du tout, plutôt bête et méchant. Il n’aime pas les hommes. Même pas pour les manger. En revanche, il paraît que l’ours est agréable à l’homme sous forme de ragoût. Mais c’est difficile à vérifier: on ne sert plus de viande d’ours dans les restaurants de Berne, comme c’était la tradition jusqu’à la fin des années 1970, chaque fois qu’un ours en surnombre se faisait abattre par les gardiens.

Gare aux espions!

Gare aux espions!

kDifficile à dire lequel des hôtels cinq étoiles de Lausanne est le plus beau. Le Lausanne-Palace et le Beau-Rivage Palace font tout pour que cela reste ainsi. Tu ouvres un sushi bar, moi aussi, tu refais ton spa, moi aussi, tu ouvres un restaurant gastronomique, moi aussi. Et gare aux espions! Il y a quelque temps, un collaborateur du Lausanne-Palace s’est fait virer du Beau-Rivage parce que soupçonné d’espionner la décoration de Noël! L’autre jour, petit coup de théâtre au Lausanne-Palace: la célèbre cuisinière du Beau-Rivage, Anne-Sophie Pic, son mari, le directeur de l’hôtel, François Dussart, et trois autres personnes boivent un pot au bar du Lausanne-Palace, pour ensuite, à 1 heure du matin (!), se rendre dans les cuisines et la salle fraîchement rénovée du restaurant La Table d’Edgard (fermé à cette heure). Gauer, averti le lendemain, a pris sa plume pour tirer gentiment l’oreille de son collègue Dussart et se moquer d’une «certaine inégalité de curiosité». Le patron du Beau-Rivage présenta immédiatement (et par écrit) ses «sincères excuses pour cette maladresse nocturne». Et, pour finir, les deux patrons, qui n’ont pas perdu leur sens de l’humour, se sont juré de s’inviter chaque fois qu’il y aura une nouvelle réalisation à présenter. Et on ne saura jamais qui est la plus belle…

Tapis rouge pour Freysinger

Tapis rouge pour Freysinger

 Carton rouge pour «Infrarouge»: inviter Daniel Cohn-Bendit pour affronter Oskar Freysinger sur les minarets, c’était donner gagnant Freysinger à l’avance. L’erreur était double: Dany le Rouge est un étranger qui vient faire la leçon au peuple suisse et lui demande de revoter. Inacceptable, même pour ceux qui ont voté non. Et Cohn-Bendit est une personnalité importante, à la renommée internationale. L’opposer à Freysinger, c’est élever le Valaisan au niveau d’un acteur international. C’est trop d’honneur! Le choix de Cohn-Bendit est aussi un camouflet à toutes les personnalités suisses qui seraient capables de tenir tête à Freysinger. «Everybody loves a fight», disent les Américains, mais faut-il sacrifier le bon sens politique aux règles de l’audimat?

Le religieux dans la société

 

La place des églises

kLe vote suisse contre les minarets peut être interprété comme un non catégorique au retour du religieux dans la vie civile, la vie des écoles, des institutions, des tribunaux, de la politique, un problème capital du début du IIIe millénaire. L’arrivée massive en Europe de représentants d’une religion (l’islam) qui a l’ambition de régler la vie de ses croyants jusque dans les moindres détails vestimentaires interpelle une société qui se définit comme laïque. Et provoque le débat sur la nécessité de poser des limites au religieux (symbolisé par les minarets, mais aussi par les cloches des églises!), et cela dans tous les pays d’Europe (les sondages le prouvent). Il s’agit maintenant de poser la vraie question, sans discriminer les uns ou les autres: quelle est la place des communautés religieuses dans notre société? Faisons d’abord le ménage chez nous: la plupart des cantons prélèvent encore un impôt ecclésiastique et offrent ainsi un traitement privilégié aux pasteurs et aux prêtres.

All the posts