15/03/2010 11:53 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (0)

Carla comme Diana

André Blattmann

Au fond, il a une bonne tête, André Blattmann, le chef de l’armée suisse. C’est un type sympa, positif, intelligent. Elle doit aussi être sacrément solide, sa tête, parce qu’il se la casse tous les jours: pas facile de faire marcher une armée qui ne sait pas où elle va. Comme dans la chanson d’Ella Fitzgerald: «I don’t know where I am going/But I’m going, I’m going.» Ainsi, il a eu une idée formidable, pour économiser sans vraiment changer de système: on ne veut pas supprimer les cours de répétition (CR), mais éventuellement les remplacer par des CR de piquet. Ce qui veut dire: les soldats auront l’obligation d’aller au CR seulement quand l’armée en aura vraiment besoin. Donc jamais. Dernière trouvaille: l’armée ne doit pas jouer aux gardes-frontière, mais des patrouilles de cavaliers montés vont se promener le long des frontières et avertir les gardes-frontière quand ils découvrent des irrégularités. Imaginez l’efficacité. Avec sa créativité débordante, l’armée pourra bientôt remplacer les tanks par des think tanks. Ça aussi, ce sera moins cher.

Le risk management

kVaut-il mieux sous- ou surestimer un risque? Voici deux exemples: les épidémiologistes de l’OMS découvrent un nouveau virus de grippe, le H1N1. Doivent-ils volontairement surestimer le risque de pandémie et déclencher une alarme mondiale en avançant l’éventualité de dizaines de millions de morts? Ou plutôt attendre et réagir par étapes? Autre exemple: les climatologues constatent des variations étranges dans les températures. Devraient-ils sonner l’alarme et dépeindre des images d’apocalypse ou plutôt observer l’évolution sur une plus longue période? Et voici une question: qu’est-ce qui distingue l’épidémiologie et l’écologie du secteur de la finance? Dans la banque, en sous-estimant les risques pour des tiers, on fait les plus grands bénéfices à court terme, dans l’écologie et dans la santé (dites: pharmacie), c’est le contraire: c’est en surestimant les risques pour des tiers qu’on fait les plus grands bénéfices à court terme (pharmacie, vaccins, budgets pour la recherche). Dans les trois cas, ce sont les tiers qui paient les frais (nous) pour les fausses estimations.

 

Le sexe et l’église

kPas un jour sans révélations sur les crimes sexuels commis sur des enfants par des prêtres ou autres serviteurs de l’Eglise catholique. C’est paradoxal: les mêmes qui fustigent à longueur d’année l’homosexualité, la contraception et la sexualité non liée à la procréation sont coupables de complicité dans des centaines de cas de pédophilie, de viol et d’abus d’enfants dans le monde entier. Enfin, un archevêque, Christian Schönborn, de Vienne, avoue qu’il y a une relation entre la chasteté imposée aux prêtres et certaines formes de déviance et de perversité sexuelle. Ça commence par le casting: des hommes qui s’intéressent aux femmes ne deviennent pas prêtres. Mais tous les autres. C’est simple comme bonjour. Et puis il y a ceux qui «font des compromis»: a-t-on déjà compté les prêtres qui ont une maîtresse, avec ou sans enfants, et les prêtres homosexuels qui entretiennent une relation stable avec un homme? Ça doit tourner autour de 60% du clergé. Ce sont les révélations du futur (affaire à suivre).

 

carlaC7259722706B191E7371BB427F68A291.jpgCarla remplace Diana

Le commentaire le plus intelligent que j’aie entendu au sujet des rumeurs concernant le couple présidentiel français (il paraît qu’ils se trompent), c’est: «La rumeur n’a pas été démentie, donc elle est fausse.» D’ailleurs, tant que Nicolas et Carla ne commettent que des infidélités, cela ne regarde strictement personne. C’est seulement quand un couple largement médiatisé engage une procédure de divorce que ça devient une affaire publique, comme quand Cécilia (l’ex-épouse de Sarkozy) était allée voir un avocat pour officialiser la séparation. D’ailleurs, ce qui rend la rumeur encore moins crédible, c’est son côté symétrique: pourquoi les deux auraient-ils une affaire en même temps? Comme d’habitude, les journaux français ne pipent mot de la rumeur, alors que la presse anglaise en fait ses choux gras: là aussi, il faut comprendre, la «reine» Carla Bruni a définitivement pris la place de la princesse Diana et des princesses de Monaco. Au grand dam de la presse people, il ne se passe strictement plus rien de «sexy» du côté de la Couronne ou du Rocher.

 

 

 

 

 

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La pub politique

 

Quand on ne fait plus confiance à ses propres messages politiques, on montre ses fesses: les Jeunes Verts du canton de Zurich ont montré leur candidat Matthias Kestenholz nu et de dos, accompagné du slogan (plutôt vulgaire) «Die Umwelt geht uns nicht am Arsch vorbei». Traduit librement, cela veut dire: «Nous ne disons pas: l’environnement, mon cul.» Et les socialistes du Kreis 11, eux, ont tourné un spot télévisé où l’on voit un petit zèbre en peluche expliquer comment on doit voter (en oubliant peut-être que des enfants en dessous de 18 ans n’ont pas le droit de vote). Ce ne sont que deux exemples de la lente débilisation de la pub politique dans notre pays.

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