16/05/2010 11:40 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (0)

L'affaire Hainard

L’AFFAIRE HAINARD

C’est le rêve de tout journaliste d’investigation: la constitution d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) suite aux révélations de ce dernier. Ludovic Rocchi a rapporté dans ce journal jour après jour des faits à charge de Frédéric Hainard, le conseiller d’Etat neuchâtelois qui se comporte comme un shérif alors qu’il devrait – en tant que ministre de l’Economie – s’occuper de la situation inquiétante de son canton. Pour «Le Matin», la décision du bureau du Grand Conseil de créer une CEP est une petite victoire. Mais, pour Neuchâtel, c’est une catastrophe: une CEP perpétue jusqu’à fin 2010 une crise de l’institution (Conseil d’Etat). Une «affaire Hainard» qui dure nuit considérablement à l’image du canton, comme l’affaire Garbani avait sali durablement la ville de Neuchâtel. Dans les deux cas, ce qui étonne l’observateur, c’est qu’une fois de plus, à Neuchâtel, on ne sait pas résoudre une crise rapidement. En politique, tout est une question de timing, on devrait le savoir dans un canton horloger! La seule personne capable de crever l’abcès et ainsi de stopper la dynamique du scandale, c’était Hainard lui-même: il aurait dû admettre ses fautes (finalement pas si dramatiques) et s’excuser auprès des personnes concernées et de ses électeurs. Il aurait pu demander pardon et promettre de ne pas recommencer. Et ainsi tenir compte d’une loi fondamentale de la vie publique: ce n’est pas tant de commettre des fautes qui est grave, c’est de les nier et de ne pas admettre ses torts. Ça ne pardonne pas. S’il veut encore rendre un dernier service à Neuchâtel, Hainard devrait démissionner.

Les commentaires sont fermés.