27/09/2010

Bernard Genoud

Bernard Genoud

 C’était un type très bien. Il a impressionné bien au-delà du cercle des catholiques. Par son esprit d’ouverture, sa simplicité de contact et sa façon de parler ouvertement de sa maladie. Maintenant, les journaux disent que «Bernard Genoud est dés-ormais auprès de Dieu qu’il a tant cherché, aimé et prié». Ah bon? Je savais qu’un évêque avait une place réservée dans la crypte de la cathédrale. Mais une place auprès de Dieu? Pas si sûr que ça. A moins que ce ne soit la main de Dieu elle-même qui a dirigé la plume des journalistes qui osent affirmer ce genre de chose.

Cyberguerre

 

Cyberguerre

 Le chef de notre armée, André Blattmann, est passé pour un clown quand il a annoncé récemment que «la cyberguerre est la plus grande menace pour la Suisse». Il imaginait que les codes servant à déclencher nos systèmes d’armement puissent tomber entre les mains de terroristes. Aujourd’hui, on apprend à quel point il avait raison: les usines nucléaires d’Iran viennent probablement de subir la première attaque d’une cyberarme de destruction massive. Le virus Stuxnet aurait paralysé ou détruit des centres névralgiques des installations nucléaires iraniennes. On ne sait pas encore qui est à l’origine de l’attaque (Israël, les Etats-Unis?). Pour organiser notre défense contre ce genre d’arme, il faudrait d’urgence verser une partie du budget militaire aux chercheurs informatiques de nos Ecoles polytechniques fédérales. Les soldats de demain seront des informaticiens.

Cher Oscar Tosato

Cher Oscar Tosato,

Un détail pour commencer: changez de coiffeur! Croyez-moi. Si vos collègues ne vous ont jamais fait la remarque, c’est parce qu’ils craignent que vous plairiez davantage aux électeurs en améliorant votre coupe. Sincèrement, avec cette panosse sur le crâne, vous avez une tête de serial killer intello dans un policier américain – ou de secrétaire général d’un syndicat français.

Mais je ne vous écris pas pour me moquer de votre coiffure. Non, c’est pour vous féliciter pour votre culot. Oui, il fallait en avoir, pour offrir, l’hiver dernier, des places d’apprentissage aux adolescents sans titre de séjour. C’était plein de bon sens. Mais contraire aux lois, malheureusement. Beaucoup vous ont soutenu. Beaucoup vous ont critiqué surtout. On vous a traité d’irresponsable. Et pour cause. Un municipal lausannois de L’Enfance et de la Jeunesse qui milite pour le non-respect des lois, qui déclare vouloir «faire le pari de l’illégalité», c’est juste impossible. Mais bon, vous avez eu du nez, et beaucoup de chance, et peut-être avez-vous même fait avancer les choses.

En tout cas, aujourd’hui, on vous pardonne, parce que le Conseil aux Etats vient de légaliser exactement ce que vous demandiez. Vous êtes devenu le héros d’une bataille juste.

Bravo et merci ! (Mais n’oubliez pas d’appeler le coiffeur!)

Cordialement,

Peter Rothenbühler

Cher Alain Rebetez,

Cher Alain Rebetez

J’ai suivi les élections au Conseil fédéral sur les chaînes des télés alémaniques et romandes. A votre collègue alémanique je donne 4 sur 10. Il a été ennuyeux. Vous par contre, vous faites 10 sur 10, vous êtes un animateur redoutable: toujours les bonnes questions, une autorité naturelle exercée avec charme. Vous lâchez la bride quand les querelles deviennent passionnantes, vous relancez immédiatement quand ça devient ennuyeux. Vous «virez» les intervenants avec tact, mais vite. Et vous êtes enthousiaste!

La cerise sur le gâteau, pour moi, c’était le cadrage: on ne vous voyait pratiquement que de profil. J’étais content pour vous. Parce que j’ai un vrai problème quand je dois vous regarder de face à la télé. Même mes gamins secouent la tête: «Faut l’envoyer à Youtube», disent-ils quand ils vous voient gesticuler depuis la place Fédérale: «On dirait Kermit du Muppet Show.» Vous roulez les yeux, vous ouvrez la bouche, si grande qu’on a peur d’être avalé. Pensez aux écrans énormes: ça fait quelque chose!

Je ne veux pas freiner vos élans: vous nous donnez au moins l’impression que la politique fédérale peut encore provoquer des poussées d’adrénaline à un correspondant. C’est déjà pas mal. Mais calmez votre gestuelle, juste un tout petit peu. Pour nous plaire de face, aussi.

Cordialement,

Peter Rothenbühler

07/09/2010

Ciao Ciao, Grüezi Tschüss

Ciao Ciao, Grüezi Tschüss !

Das gute alte Ciao verliert an Terrain. Tschüss nimmt überhand. Und führt zu Missverständnissen, die der Aufklärung bedürfen : erstens ist Tschüss nicht, wie jetzt viele denken, einfach ein Import der vielen zugewanderten Deutschen, noch einer ! Nein, es kommt usprünglich aus dem romanischen Sprachraum, hat aber einfach, bevor es in die Schweiz kam, den Umweg über  Deutschland genommen.  Also, kurzfristig gesehen ist das Tschüss natürlich schon ein deutscher Import. Aber romanischer Herkunft. Etwa so wie der Porto, den uns die Engländer schmackhaft gemacht haben.   Im Welschland ist man indessen noch weit weg vom Tschüss. Hier sagt man immer noch Ciao.

Also, eins nach dem andern….

Tschüss kommt ursprünglich von Adieu, Adios oder Adeus, also aus dem Französischen, dem Spanischen oder dem Portugiesischen und es etablierte sich schon vor Jahrhunderten im deutschen Sprachraum, wo es sich als Tschüs in Norddeutschland, als tschüssing im Ostseeraum, als tsché im Rheinland, tüüs in Schleswig-Holstein und in Ostdeutschland als tschüssi eingebürgert hat.

Tschüss wird vorwiegend für die Verabschiedung verwendet, und zwar im Du- wie im Sie-Verkehr. Tschüs  sagt man eher beim Weggehen. Auch dem Chef.

Ciao ist ein anderes Paar Stiefel : wer seinem Chef Ciao sagt, gehört zum Kreis der Vertrauten, mit denen er per Du ist. Ciao hat dafür den Vorteil, dass es sowohl fürs Grüezisagen wie fürs Adieusagen geht. 

Lustig wird’s, wenn Zürcher ins Welschland kommen und ihr Tschüss – zur Anpassung – dann durch das orstübliche Ciao ersetzen, aber dieses falsch anwenden, will sagen, auch Ciao sagen, wenn sie eigentlich per Sie sind. Hab ich grad kürzlich erlebt. Als ein wichtiger Zürcher in Lausanne eine Betriebsbesichtigung vornahm und allen Mitarbeitern der Firma beim Abschied die Hand drückte und Ciao sagte, hat er gleich enorm Punkte gewonnen. Lässiger Kerl, sagten die Leute, hat uns alle geduzt ! Und dies im Welschland,  wo die Big Bosse ihre Untergebenen – wie in der Vieille France – mit dem Vornamen anreden, aber beim Sie bleiben, so wie früher die Herrschaften den Voiturier ansprachen : «Johann, Sie können vorfahren ».  

Da haben es die Engländer einfacher : You für alle, Vornamen für alle und Hey, Hello und Bye, bye für alle. Darum ist ja auch das Hallo auf dem Vormarsch, oder das Hoi.

Also, man könnte sich ja gut freundeidgenössisch auf einen Kompromiss einigen, Hallo beim Grüssen und Tschüss beim Abschied. Adieu sagt man ja heutzutage nur noch, wenn  man jemanden auf Nimmerwiedersehn verabschiedet wird.  Aber im Welschland auch zum Grüssen, jawohl !  Als ich mich bei meiner neuen Redaktion vorstellte, wusste ich, dass nicht nur eitel Freude herrschte, aber gerade so. Einige Mitarbeiter sagten mir gleich lächelnd « Adieu ». Nun, Adieu wird hier von vielen, eher konservativen  Menschen, wie Grüezi verwendet, weil es ja das gleiche heisst : Gott grüsse dich.

Soll man die Verdrängung des Ciao durch das Tschüss bedauern ? Warum eigentlich? Die Umgangssprache ist im ständigen Wandel begriffen.  Die Berner Matte-Giele sagten sich schon vor sechzig Jahren « Moin », obschon weit und breit kein Engländer  war.  Den knappsten Gruss pflegen übrigens die Berner Oberländer. Da wird nur die letzte Silbe von Grüessech ausgesprochen, also « -such » oder die letzte Silbe des Vornamens. Der Schwingerkönig Kilian Wenger heisst zu Hause «Kilu», gegrüsst wird er wahrscheinlich nur mit einem knalligen « -lu ». Das genügt.

Das Ciao ist bekanntlich wie die Pizza und die Spaghettis mit den Italienern, Spaniern und Portugiesen eingewandert und hat sich als « Tschau » in der deutschen und als « Tchô » in der westlichen Schweiz assimiliert.  Und genau so ist’s mit dem Tschüss, es ist definitiv romanischer Herkunft. Sarum könnte es sich ja auch zum Adieu zurückverwandeln…Warum nicht ?  Sicher ist  der deutsche Gruss « Grüssgott » ganz weg vom Fenster ! Dafür lernen jetzt die Chinesen und Inder Grüezi zu sagen. Das ist auch etwas. Tschüss !

 

Peter Rothenbühler

 (Article paru dans Aargauer Zeitung sous "Tribune libre", septembre 2010)

06/09/2010

Eric Woerth

Il en sait trop

 Mais pourquoi Eric Woerth fait-il encore partie du gouvernement français? Pourquoi a-t-il encore tant d’amis qui le soutiennent, malgré les mensonges, malgré les soupçons qui entachent son image de ministre? La réponse est, peut-être, très simple: tout ce qu’on lui reproche le sauve! S’il n’avait pas été trésorier de l’UMP, s’il n’était pas au courant des fuites fiscales de certaines personnalités, si son épouse n’était pas proche de la plus riche Française, il aurait été viré du gouvernement depuis longtemps. Cet homme en sait trop. Assez pour en faire tomber quelques-uns. Imaginez sa vengeance si l’équipe Sarkozy le laisse tomber! A l’Elysée, on préfère un Woerth menteur à un Woerth qui se met à table. Woerth le repenti, c’est la cata. Vive l’amitié, la vraie… celle qui lie les hommes à vie, qui est plus forte que des valeurs comme la crédibilité du gouvernement ou la réforme des retraites…

Fermez la porte

L’armée Suisse

 Bien fait pour l’UDC. Depuis bientôt quinze ans, c’est un ministre UDC qui doit diriger le Département militaire fédéral. Et ainsi porter à bout de bras la responsabilité du mythe que le parti affectionne tant: l’image d’une Suisse indépendante et neutre qui a la meilleure armée (de milice) du monde, qui est capable de défendre toute seule notre chère patrie. Et les budgets militaires fondent comme neige au soleil, les menaces disparaissent, le matériel vieillit, les hommes n’ont plus envie de servir. Pour le dire crûment: l’armée ne fait plus partie des priorités de notre société. Mais, au lieu d’envisager une réforme radicale (abolition, professionnalisation, etc.), tout le monde et les politiciens de tous bords montrent du doigt ce pauvre Ueli Maurer, qui ne sait plus quoi faire, lui non plus. C’est la débandade, sur tous les fronts. Que le dernier qui sort ferme la porte!

Liberté d'expression

Liberté d’expression

 Un éminent membre du directoire de la Banque fédérale allemande, M. Thilo Sarrazin, a écrit des choses qu’on peut écrire et dire dans presque tous les pays, sauf en Allemagne. «Les immigrés musulmans ne s’intègrent pas aussi bien que les autres groupes d’immigrés en Europe» et «les raisons à cela ne viennent apparemment pas de leur origine ethnique mais sont enracinées dans la culture de l’islam». Il a aussi défendu la thèse que certains groupes ethniques (comme les Juifs, selon lui) partageaient les mêmes gènes. On peut en effet se demander si, avec ses responsabilités, il ne devrait pas parler de finance seulement. On peut aussi réfuter, contredire et discuter les thèses de M. Sarrazin, qu’il développe dans un livre à paraître. Mais non: toute la classe politique de son pays, tous les médias lui tombent dessus, le mobbent, son parti veut l’exclure, c’est comme s’il avait volé dans la caisse de la Bundesbank. C’est ça, la liberté d’opinion et d’expression en Allemagne?

L'homme alibi

L’homme alibi

 Comme les temps changent! Il n’y a pas si longtemps, on sacrifiait des hommes valables pour faire entrer des candidates femmes dans un exécutif. (Evidemment, c’était nécessaire pour gommer une injustice.) On se rappelle du pauvre socialiste neuchâtelois Francis Matthey, qui, le 3 mars 1993, était élu conseiller fédéral et devait céder aux pressions de son parti et laisser son siège à une femme, Ruth Dreifuss. Aujourd’hui, on a presque la même situation à l’inverse: le Parlement va probablement élire un homme parce que c’est un homme. Depuis quelques jours, le premier argument avancé pour élire Johann Schneider-Ammann au Conseil fédéral, c’est la peur de voir cinq femmes au gouvernement. Schneider-Ammann, le premier homme alibi, homme quota, de l’histoire politique!

Dieu dans la mine

Dieu dans la mine

 Je lis chaque détail sur ces 33 mineurs chiliens enfermés à 700 mètres sous terre qui devront attendre jusqu’à Noël pour retrouver leurs familles. C’est une histoire extrêmement fascinante à plusieurs égards. D’abord, elle n’a que du positif, ce qui est assez rare dans nos journaux. Ils sont vivants! Le Chili fait tout pour les aider, les nourrir, les vêtir, les divertir et alléger leur peine. Passionnant, le nombre de scientifiques, médecins, psychologues, nutritionnistes, spécialistes de la NASA mobilisés qui doivent inventer au jour le jour des solutions à des problèmes jamais vus. Mais il est intéressant aussi d’observer qu’une aide très efficace reste d’ordre immatériel: les croyants parmi les enfermés, ceux qui croient en Dieu et prient tous les jours, sont les moins angoissés.

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