30/11/2010

Lieber Felix Gmür

Lieber Felix Gmür,

Da sieht man, wie es herauskommt, wenn nicht Rom allein entscheidet : das Domkapitel wählt einen jungen Bischof, der allen gefällt. Keinen traurigen Theologe mit gebeugtem Haupt, keinen versauerten Jurassier im AHV-Alter, keinen Fundi aus Vaduz, nein, einen munteren, jungen Lozärner Fasnächtler mit Schalk, einen, der dafür sorgt, dass wieder mal Freude herrscht im Schweizer Katholizismus. Ich kenne ein paar Protestanten, die erblasst sind vor Neid, als Sie Ihr Foto in den Zeitungen sahen : diese Publizität ! Diese Interviews.  Wenn der neue Präsident einer reformierten Synode ernannt wird, reichts grad für eine Viertelseite, haben die gemurmelt. Aber Luther und Zwingli haben eben das Zeitalter McLuhans nicht kommen sehen : the medium is the message. In der Pracht liegt die Macht der Kirche Roms. Diese Kardinäle zum Beispiel, kürzlich in Rom, mit ihren wunderbaren roten Roben, stellen Sie sich mal vor, die Greise hätten sich im grauen Zweireiher in einem Kongresszentrum zur Diplomübergabe getroffen, da hätte kein Hahn danach geschreit. Zum Glück ist der Papst immer noch gegen die Frauenordination und die Aufhebung des Zölibats. Stellen Sie sich mal vor, eine Christa Rigozzi oder eine Paola Felix könnten Bischof oder Kardinal werden. Da wäret Ihr Katholiken nicht mehr weit entfernt von der einen, allgemeingültigen Kirche, die Ihr Chef anstrebt. Aber das gefällt mir eben an Leuten wie Ihnen : Sie geben sich modern, bleiben dabei aber stockkonservativ. Bitte so weitermachen, gell!   

 

Herzlich

 

Peter Rothenbühler

Chère Nadine de Rothschild

Chère Nadine de Rothschild,

S’il existait un registre des monuments humains à préserver, on devrait vous y inscrire. Pour votre beau sourire. Et pour votre originalité. Vous avez eu l’idée de lancer une assurance contre les pensions alimentaires impayées. C’est assez surprenant. Je vous voyais sur le front des bonnes manières, la taille des verres, la position des fourchettes et celle de la femme dans le couple (serviable et disponible). Et voilà que vous faites dans le social. Eh bien, il faut bien que des aristos s’occupent des douloureuses réalités sociales quand les socialistes se perdent dans les grands principes (comme la rupture avec le capitalisme), n’est-ce pas? Aussi, en vous voyant défendre les droits de ces femmes abandonnées par leur prince pas trop charmant, je ne peux m’empêcher de penser que vous avez eu tellement raison d’épouser un homme très riche. Je dis toujours à mes amis: la prochaine fois, j’épouse une femme très, très riche qui meurt trente ans avant moi. A vous voir, je me dis que le veuvage est – du point de vue économique – bien moins désastreux que le divorce. Mais ne prenez pas cela pour une déclaration d’amour (de raison)! C’était juste pour rire. Je vous souhaite une longue vie, et encore beaucoup d’idées originales.

Cordialement, Peter Rothenbühler

Cher Ricardo Lumengo

 

Cher Ricardo Lumengo,

Ayez le courage de vous retirer du Conseil national: les médias ont fait de vous, l’ancien requérant d’asile africain, le symbole de l’intégration réussie. On vous a appelé un «porteur d’espoir». Et vous avez volontiers assumé ce rôle. Seulement voilà: quand on est devenu l’ambassadeur d’une cause, on se doit d’être irréprochable, plus que tous les autres. Sinon, on risque de nourrir des préjugés négatifs. Si vous restez, si vous continuez à défendre publiquement votre petite tricherie électorale, vous rendez un mauvais service à tous les Africains immigrés qui mènent une vie au-dessus de tout soupçon et travaillent chez nous comme médecins, physiciens, juristes, professeurs, etc.

Sachez aussi que votre soudaine célébrité, votre omniprésence dans les médias, est trompeuse. Elle vous donne l’impression d’être porté par les journalistes. Mais chaque fois que nous parlons encore de vous, nous devons aussi rappeler que vous avez été condamné pour fraude électorale. Et vous vous transformez en une caricature, un symbole de l’intégration pas tout à fait réussie. Il est encore temps de réparer cette image. En revenant à la case départ. Dignement.

Cordialement, Peter Rothenbühler

Chère Bâloises, chers Bâlois,

 

Chères Bâloises, chers Bâlois,

Merci! Vous avez rendu un grand service à toute la presse suisse. Dans les turbulences autour de votre journal, la Basler Zeitung , vous avez réaffirmé une vérité fondamentale. Vous avez répondu à la question: à qui appartient un journal? Qui décide, en dernier ressort, de son destin? L’éditeur? Des financiers zurichois? Non, un journal appartient à ceux qui le lisent et qui l’achètent, aux lecteurs. Leur attachement à un journal est fort, c’est pour eux un «outil de survie» indispensable, un ami, un conseiller, un fiduciaire. Il existe un contrat de confiance, mais aussi un lien affectif entre un journal payant et ses abonnés. En disant «c’est mon journal», les lecteurs en parlent en véritable propriétaire. C’est la grande différence avec les informations gratuites: vous ne verrez jamais des lecteurs descendre dans la rue pour sauver l’âme d’un site internet, n’est-ce pas? Vous avez exigé que la Basler Zeitung reste bâloise et vous avez réussi. Le nouveau propriétaire, le Bâlois Moritz Suter promet de sauver l’entreprise, il fait confiance au nouveau rédacteur en chef, Markus Somm qui s’engage, lui, à faire un journal ouvert à tous, miroir authentique de l’esprit des Bâlois. J’espère seulement que les deux seront capables de tenir leurs promesses.

Cordialement, Peter Rothenbühler

Monsieur tourisme

M. Tourisme

Kurt Illi est mort. Frappé par une crise cardiaque à 75 ans, à la sortie d’une soirée passée dans un cirque, à Zurich. Peu connu des Romands, Kurt Illi a été pendant de longues années le promoteur le plus original du tourisme suisse, en Asie et dans les pays arabes. L’ancien directeur de l’Office du tourisme de Lucerne vendait des vacances avec «garantie pluie» aux Arabes, il organisait des mariages japonais dans une chapelle romantique au bord du lac des Quatre-Cantons et il a réussi à imposer le pont de la Chapelle de Lucerne comme un symbole touristique aussi important que la tour Eiffel ou le Colisée. Il a aussi invité les Romands à passer quelques jours à Lucerne à moitié prix après le vote du peuple suisse contre l’EEE. Et il a monté un «coup» avec Claude Nobs: pour lui faciliter les négociations avec Montreux, il s’est fait photographier avec lui sur la terrasse d’un café de Lavaux en déclarant qu’il lui offrait des conditions favorables pour un déménagement complet du Montreux Jazz à Lucerne. Ça a fait bouger les autorités de Montreux!

Leonard Gianadda

Une honte

 On ne devrait pas cracher dans la soupe, c’est-à-dire dans la coupe de champagne, quand une ville décide de remettre son prix culturel à une personnalité qui le mérite depuis longtemps. Mais il y a quand même des retards qui ne se pardonnent pas. Martigny a attendu trente ans (!) pour attribuer le Prix de la Ville à Léonard Gianadda. Donc, un prix qui «vise à favoriser et à encourager le développement et la transmission du patrimoine culturel». Gianadda est l’un des plus importants acteurs culturels de Suisse, reconnu, célébré et décoré dans le monde entier, sauf chez lui. La remise du prix samedi dernier ne fait que rappeler les raisons pour lesquelles cette ville a si longtemps refusé les honneurs à Gianadda: parce qu’il est ce qu’il est! Un géant qui balaie tous les obstacles sur son chemin, avec fougue. Donc, quelqu’un de difficile pour des gens petits.

Les amis de facebook

«Friends with you»

 J’ai fait une erreur: je me suis inscrit sur Facebook, par curiosité et pour faire connaissance du phénomène. Maintenant, je reçois environ dix demandes par jour, de personnes que je ne connais ni d’Adam ni d’Eve mais qui «want to be friends with you on Facebook». Alors, normalement, je n’accepte que les gens que je connais déjà (et que j’apprécie), mais cela ne plaît pas à tous les candidats. Il y en a même qui me demandent de motiver mon refus! Et comme je suis poli, du coup je me vois écrire à une personne que je ne connais pas pour lui expliquer pourquoi je ne veux pas être son ami. C’est absurde. Je devrais faire comme Darius Rochebin, amasser un maximum d’amis, chercher à battre son record (20 000 amis!) et ne pas me creuser la tête.

All the posts