10/01/2011 10:43 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (1)

Le foulard

Le foulard

La RSR peut-elle engager une journaliste qui porte le foulard islamique? La question est mal posée. On n’engage pas une journaliste pour ses habits, sa coiffure ou ses bijoux. On l’engage d’abord pour ses qualités professionnelles. Si le meilleur candidat ou la meilleure candidate vient du canton d’Appenzell et porte une petite vachette dans l’oreille ou si un garçon porte les cheveux longs par conviction ou s’il ou elle sort d’un milieu très catholique, peu importe.

Je connais bien la candidate qui suscite actuellement une polémique de dimension nationale et à laquelle participent nombre de politiciens de tous bords (comme si la RSR leur appartenait), sans se demander un instant quelles sont les qualités professionnelles de la candidate! Quand je lis que des politiciens catholiques du PDC prétendent tout de go qu’une personne portant le foulard ne pourra jamais être objective, je rigole. Quel journaliste est sans convictions personnelles qui transparaissent dans ses commentaires ou même dans ses comptes rendus? Soyons sérieux: il s’agit en l’occurrence d’une étudiante suisse d’origine égyptienne, binationale qui parle parfaitement le français et l’arabe. Pour le moment, elle ne veut pas apparaître personnellement dans les médias, elle ne voit aucun intérêt d’entrer dans la polémique et elle a bien raison. Elle a fait son master à l’Académie du journalisme et des médias à l’Université de Neuchâtel, où j’ai le plaisir de donner quelques cours.

Appelons-la Aicha (ce n’est pas son vrai nom). Aicha nous a vite fait oublier son foulard, elle s’est distinguée d’abord par ses qualités intellectuelles, sa curiosité, son ouverture d’esprit. Excellente dans les recherches comme dans l’écriture, elle a fait de très bonnes notes et à aucun moment elle aurait exprimé des opinions teintées de fanatisme ou d’intolérance. J’ai eu des étudiants écologistes ou féministes fondamentalistes qui se sont montrés bien moins «objectifs». Bref, j’engagerais immédiatement Aicha, si j’étais à la place de Jean-Jacques Roth, le chef de l’information de la Radio Télévision suisse. C’est une chance pour la Radio romande de disposer d’une journaliste ouverte au monde, capable de communiquer avec les nombreux musulmans vivant en Suisse et de voyager sans aucun problème dans le monde arabe. Je ne vois même pas d’inconvénient à la faire paraître plus tard à la télévision, avec son foulard. Jugeons-la par ce qu’elle fait et dit et non par ce qu’elle porte sur la tête.

Commentaires

Il ne s'agit pas d'une ouverture au monde, mais d'une inféodation directe ou indirecte à une religion basée sur un livre fondateur empli de violence, d'appel au meurtre et de ségrégation.

Écrit par : Berger Philippe | 16/01/2011

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