03/04/2011 11:04 Publié dans Chronique Le Matin Dimanche | Lien permanent | Commentaires (0)

Cher Jean Ziegler,

Cher Jean Ziegler,

Vous vous défendez plutôt mal, ces jours. On vous attaque à cause de vos relations passées avec le colonel Kadhafi, en particulier de ce fameux prix que la fondation Kadhafi vous aurait attribué. Salzbourg vient de vous retirer une prestigieuse invitation. Et que faites-vous? Vous gesticulez devant des caméras, vous lancez des contre-attaques (le refus de Salzbourg serait une intrigue des sponsors) – et comme pour vous tirer d’affaire une fois pour toutes – vous déclarez que le colonel Kadhafi est tout simplement devenu fou. Ne voyez-vous donc pas qu’en disant cela, vous êtes en train de l’excuser, une fois de plus?

Un dictateur devenu fou qui tire sur son peuple n’est pas responsable de ses actes, donc innocent. Et quand il n’était pas fou, quand il a fait tuer des Européens et des Américains, avait-il de bonnes raisons de le faire, était-il plus fréquentable, d’après vous?

Selon toute vraisemblance Kadhafi n’est ni plus ni moins fou qu’à l’époque où il lisait vos livres et qu’il en a débattu avec vous sous sa tente. Je ne vois pas pourquoi il est si difficile pour vous de simplement et très clairement dire et assumer comment les choses se sont passées entre vous et lui. Il n’y a pas de honte à visiter des dictateurs. On vous pardonnera tout, sauf de nous envoyer de la poudre aux yeux…

Cordialement, Peter Rothenbühler

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