23/05/2011

Qui est la victime?

Qui est la victime?

 L’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York, les accusations portées contre lui, sont tellement énormes, tellement incroyables qu'en France, on évite la seule question rationelle qui compte: est-il coupable ou non? On a préféré parler de complot. Ou de gloser sur le choc des cultures: ici, la France tolérante, libertine, catholique, où les politiciens sont un peu olé olé et où les médias ferment les yeux sur les écarts moraux de leurs dirigeants et - entendons-nous, sans le dire - DSK aurait échappé à la justice..... Là, une Amérique protestante, puritaine, moralisatrice, sans pitié, sans tolérance, qui condamne l’adultère de ses leaders. Et une justice sans pitié qui traque, humilie, met au pilori, expose les prévenus à la meute des reporters.

Mais le seul et véritable choc des cultures qui intéresse dans cette affaiere, c'est celui entre deux individus: un homme blanc, juif, très puissant, très riche et libertin qui s’en prend à une immigrée africaine, noire, musulmane, effacée, pauvre, exemplaire au travail.

On préférerait tant, en France, croire que ce soit Strauss-Kahn la victime. Le contraire serait une catastrophe. C'est pourquoi les avocats de Strauss-Kahn feront tout pour transformerune une victime en coupable. Et ainsi la violer une seconde fois.

 

Cher Oscar Freysinger

Cher Oscar Freysinger,

ce n’est pas une bonne idée d’inviter le Hollandais d’extrême droite Geert Wilders pour parler des musulmans, c’est-à-dire pour bouffer du musulman. Vous la jouez bon enfant, vous parlez d’une personne «prestigieuse» qui aura la chance de découvrir les montagnes et la raclette à Savièse. Mais votre initiative n’est qu’une simple provocation qui vous garantira une visibilité maximale en cette période de campagne électorale. Avec ce cercle vicieux de communication bien connu qui fera de vous le chantre de la liberté d’expression. Et des manifestants qui vous feront le plaisir de s’opposer, des vilains trublions de l’ordre public et du débat démocratique. Seulement, cette fois, il est trop évident qu’il ne s’agit pas de hausser le niveau du débat – nécessaire – sur ce que vous appelez «l’islamisation de notre société», mais juste de faire du bruit autour de vous, de plus, avec l’aide d’un étranger. Je croyais, avec d’autres, que vous n’aviez de commun avec Wilders qu’une coiffure étrange et ce côté éternel gamin jouant avec le feu. Dommage que vous viriez encore un peu plus à droite. Mais j’en connais qui se réjouissent: Christophe Darbellay ouvrira grands ses bras aux brebis égarées du PDC, qui retourneront au bercail, dégoûtés par votre pas de deux avec Wilders.

Cordialement,

Peter Rothenbühler

04/05/2011

Littérature romande

Littérature romande

 Petite question qui me vient à l’esprit en pensant au Salon du livre «international». Pourquoi, dans les listes des romans les mieux vendus en Allemagne, trouve-t-on régulièrement des auteurs suisses comme, actuellement, Martin Suter, Melinda Nadj Abonji et Alex Capus? Et pourquoi, depuis la mort de Chessex, ne trouve-t-on jamais un auteur romand (vivant) dans les meilleures ventes en France? Il y a sûrement beaucoup de réponses à donner, des tendres et des moins tendres. Disons que Capus, Suter et Nadj écrivent d’excellents romans qui vous prennent aux tripes et que vous avez envie de recommander immédiatement à des amis.

Kate et son mascara

//]]>

 

Kitsch sur giratoire

Kitsch sur giratoire

 C’est une véritable peste: les nouveaux giratoires sont ornés de sculptures d’une qualité douteuse, choisies par des Conseils communaux incompétents en matière d’art. Dans la plupart des cas, ça part de la louable intention de donner du boulot à un artiste local qui aura enfin une reconnaissance publique (et un peu de blé). Si cette manie perdure, nous aurons bientôt en Suisse le plus grand musée en plein air de sculptures ratées. Dans ce contexte, on ne peut que remercier le Conseil communal de Préverenges (VD) d’avoir refusé le financement de l’œuvre d’un artiste local, une sculpture de 4,5 mètres de haut représentant deux cygnes s’enlaçant en arabesques et qui devait être posée sur le nouveau rond-point de l’Etoile.

Cher Patrick Ferla

Cher Patrick Ferla,

Grand fan de vos émissions de radio, je vous croyais foncièrement bon et amical. Et voilà que je découvre que vous pouvez aussi être mufle et inélégant. Voyez-vous de quoi je veux parler? Je l’espère. Difficile de penser que «la phrase qui tue» dans votre «message du président» dans le programme du Salon du livre vous ait échappé par inadvertance. Vous écrivez: «Succédant au fondateur du Salon (…), l’éditeur Pierre-Marcel Favre, j’ai souhaité remettre l’écriture et la création au premier plan de ce grand rendez-vous culturel.» «Break the code», disent les Américains, déchiffrons: heureusement que Zorro Ferla est arrivé pour mettre un peu d’ordre.

Mon prédécesseur, à qui je ne dois ni remerciements ni hommage ni mon nouveau job, a négligé l’essentiel, l’écriture et la création. Voilà le message subliminal que vous envoyez à la figure de celui qui a le mérite d’avoir créé le Salon et qui en vingt-cinq  ans en a fait l’institution magnifique dont vous avez pu hériter sur un plateau de desserts. Il a même soutenu votre candidature, malgré votre âge avancé. Heureusement, en me promenant dans les allées du Salon, hier, j’ai pu constater avec plaisir que l’écriture et la création sont encore exactement là où PMF les avait installées: au centre. Je suppose que des excuses s’imposent.

Cordialement, Peter Rothenbühler

All the posts