28/06/2011 11:21 | Lien permanent | Commentaires (0)

Cher Pierre Keller

Cher Pierre Keller,

Pas facile, ces honneurs, n’est-ce pas? Le provocateur, l’artiste sulfureux, le polémiste soudain élevé au rang de notable, de ponte, honoré, applaudi par tous. Le Coluche de la culture suisse (par tes gestes comme par tes vannes) décoré comme un général, rentrant victorieux d’une bataille. Etrange, non?

Quand l’ambassadeur de France t’a accroché les palmes académiques au revers, l’autre jour, ils étaient tous là, autorités, amis, artistes, grands cuisiniers. C’était beau, festif, sympa. Tu étais touché aux larmes. Mais tu semblais aussi souffrir un peu. Parce que c’est quand même la fin de quelque chose…

Bon, tu ne serais pas Pierre Keller, si tu ne savais pas transformer une fin en nouveau départ. Discrètement tu changes ta «tournée d’adieu» de directeur de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) en campagne, pour une nouvelle carrière, politique par exemple. A la radio tu as déjà changé de ton, soudain, le trublion excité d’hier se donne des airs de sénateur. Ça te va bien, d’ailleurs, ce discours serein. Mais, avant de redémarrer, laisse-nous encore un peu te fêter: avant toi, l’ECAL n’était qu’une modeste école d’art régionale. Tu en as fait l’une des meilleures écoles de design et d’art du monde. Non, la meilleure! La Suisse te doit une profonde reconnaissance.

Cordialement, Peter Rothenbühler

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