03/04/2011

Vaud, c'est la Californie

VAUD, C’EST LA CALIFORNIE

Vaud, le «canton rupestre» (selon le Vert genevois Patrice Mugny) se transformera en agglomération urbaine majeure d’ici à 2035. Il comptera autant d’habitants que le grand Zurich: un million. Mais pourquoi viennent-ils tous ici? La raison profonde est ce mélange unique entre un très beau paysage, un climat doux, une population agréable et tous les avantages d’un grand centre urbain avec des écoles de pointe, des nouvelles entreprises, une vie culturelle animée, etc. L’attractivité du Pays de Vaud, c’est ce climat général qu’on pourrait appeler californien. Nous avons tous rêvé un jour de pouvoir travailler et vivre dans des villes entourées d’un paysage inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, non? On y est.

Cher Jean Ziegler,

Cher Jean Ziegler,

Vous vous défendez plutôt mal, ces jours. On vous attaque à cause de vos relations passées avec le colonel Kadhafi, en particulier de ce fameux prix que la fondation Kadhafi vous aurait attribué. Salzbourg vient de vous retirer une prestigieuse invitation. Et que faites-vous? Vous gesticulez devant des caméras, vous lancez des contre-attaques (le refus de Salzbourg serait une intrigue des sponsors) – et comme pour vous tirer d’affaire une fois pour toutes – vous déclarez que le colonel Kadhafi est tout simplement devenu fou. Ne voyez-vous donc pas qu’en disant cela, vous êtes en train de l’excuser, une fois de plus?

Un dictateur devenu fou qui tire sur son peuple n’est pas responsable de ses actes, donc innocent. Et quand il n’était pas fou, quand il a fait tuer des Européens et des Américains, avait-il de bonnes raisons de le faire, était-il plus fréquentable, d’après vous?

Selon toute vraisemblance Kadhafi n’est ni plus ni moins fou qu’à l’époque où il lisait vos livres et qu’il en a débattu avec vous sous sa tente. Je ne vois pas pourquoi il est si difficile pour vous de simplement et très clairement dire et assumer comment les choses se sont passées entre vous et lui. Il n’y a pas de honte à visiter des dictateurs. On vous pardonnera tout, sauf de nous envoyer de la poudre aux yeux…

Cordialement, Peter Rothenbühler

01/04/2011

Cher Johnny Hallyday

Cher Johnny Hallyday,

Et si vous étiez Jésus? On dit qu’une star devient mythe quand elle meurt jeune (Marilyn, James Dean). Mais on peut faire mieux: d’abord mourir (un peu), puis ressusciter. Comme lui, comme vous. Et ça, juste avant Pâques. On doit remplacer les lapins de Pâques par des Johnny en chocolat et dire bravo à votre management! La mise en scène est réussie, elle rappelle furieusement l’autre ressuscité, à qui vous ressemblez toujours plus, d’ailleurs.

Les nouvelles photos montrent un homme qu’on croit avoir croisé à l’école du dimanche déjà. Eh oui, sur le CD, Johnny aux bras écartés, avec cette croix tatouée sur la poitrine, il y a quelque chose du Golgotha dans cette image. Et ça marche, ça plaît, ça atteint sa cible: la France va mal, Sarko, Le Pen et DSK, tous des nuls… la nation déprime. Qui sortira les Français de leur état de léthargie collective, ne serait-ce que pour quelques heures? La seule idole de la nation, Johnny. Avec lui, nous ne serons plus «Jamais seul» (titre de votre CD). Johnny nous sauve de la déprime.

Regardez la prière collective organisée par les médias français. Tous à genoux, sur le tapis, à vous écouter religieusement raconter votre chemin de croix, la trahison des Judas, la résurrection, votre madone adorée et d’autres choses profondes. Le coup est réussi, tellement bien réussi qu’à mon tour, devant tant de génie de marketing, je ne peux que dire: messie, euh, merci Johnny. Amen.

Cordialement, Peter Rothenbühler

Jean-Daniel Gerber

Départ d’un grand

 Les trains qui partent à l’heure et ne déraillent pas ne font pas les gros titres. Ainsi, l’annonce que M. Jean-Daniel Gerber, directeur du SECO, ancien chef de l’Office fédéral des migrations, ancien directeur exécutif auprès du Groupe de la Banque mondiale, partira à la retraite fin mars, n’émeut pas les foules. Je parie que 80% des lecteurs ne savent pas qui est M. Gerber, alors qu’il a été responsable pendant des années de quelques-uns des problèmes les plus épineux de la Confédération: les réfugiés, la politique économique, le marché du travail, etc. C’est que M. Gerber a été excellent dans tout ce qu’il a touché. Cet homme de grande culture, respecté par tous, est resté modeste dans le contact quotidien avec les citoyens. Jamais l’objet d’un scandale, ses prises de position étaient pourtant souvent très courageuses, mais aussi fondées. Il partira sans faire de bruit. Nous ne pouvons que le remercier.