04/05/2011

Kitsch sur giratoire

Kitsch sur giratoire

 C’est une véritable peste: les nouveaux giratoires sont ornés de sculptures d’une qualité douteuse, choisies par des Conseils communaux incompétents en matière d’art. Dans la plupart des cas, ça part de la louable intention de donner du boulot à un artiste local qui aura enfin une reconnaissance publique (et un peu de blé). Si cette manie perdure, nous aurons bientôt en Suisse le plus grand musée en plein air de sculptures ratées. Dans ce contexte, on ne peut que remercier le Conseil communal de Préverenges (VD) d’avoir refusé le financement de l’œuvre d’un artiste local, une sculpture de 4,5 mètres de haut représentant deux cygnes s’enlaçant en arabesques et qui devait être posée sur le nouveau rond-point de l’Etoile.

Cher Patrick Ferla

Cher Patrick Ferla,

Grand fan de vos émissions de radio, je vous croyais foncièrement bon et amical. Et voilà que je découvre que vous pouvez aussi être mufle et inélégant. Voyez-vous de quoi je veux parler? Je l’espère. Difficile de penser que «la phrase qui tue» dans votre «message du président» dans le programme du Salon du livre vous ait échappé par inadvertance. Vous écrivez: «Succédant au fondateur du Salon (…), l’éditeur Pierre-Marcel Favre, j’ai souhaité remettre l’écriture et la création au premier plan de ce grand rendez-vous culturel.» «Break the code», disent les Américains, déchiffrons: heureusement que Zorro Ferla est arrivé pour mettre un peu d’ordre.

Mon prédécesseur, à qui je ne dois ni remerciements ni hommage ni mon nouveau job, a négligé l’essentiel, l’écriture et la création. Voilà le message subliminal que vous envoyez à la figure de celui qui a le mérite d’avoir créé le Salon et qui en vingt-cinq  ans en a fait l’institution magnifique dont vous avez pu hériter sur un plateau de desserts. Il a même soutenu votre candidature, malgré votre âge avancé. Heureusement, en me promenant dans les allées du Salon, hier, j’ai pu constater avec plaisir que l’écriture et la création sont encore exactement là où PMF les avait installées: au centre. Je suppose que des excuses s’imposent.

Cordialement, Peter Rothenbühler