16/05/2010

L'affaire Hainard

L’AFFAIRE HAINARD

C’est le rêve de tout journaliste d’investigation: la constitution d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) suite aux révélations de ce dernier. Ludovic Rocchi a rapporté dans ce journal jour après jour des faits à charge de Frédéric Hainard, le conseiller d’Etat neuchâtelois qui se comporte comme un shérif alors qu’il devrait – en tant que ministre de l’Economie – s’occuper de la situation inquiétante de son canton. Pour «Le Matin», la décision du bureau du Grand Conseil de créer une CEP est une petite victoire. Mais, pour Neuchâtel, c’est une catastrophe: une CEP perpétue jusqu’à fin 2010 une crise de l’institution (Conseil d’Etat). Une «affaire Hainard» qui dure nuit considérablement à l’image du canton, comme l’affaire Garbani avait sali durablement la ville de Neuchâtel. Dans les deux cas, ce qui étonne l’observateur, c’est qu’une fois de plus, à Neuchâtel, on ne sait pas résoudre une crise rapidement. En politique, tout est une question de timing, on devrait le savoir dans un canton horloger! La seule personne capable de crever l’abcès et ainsi de stopper la dynamique du scandale, c’était Hainard lui-même: il aurait dû admettre ses fautes (finalement pas si dramatiques) et s’excuser auprès des personnes concernées et de ses électeurs. Il aurait pu demander pardon et promettre de ne pas recommencer. Et ainsi tenir compte d’une loi fondamentale de la vie publique: ce n’est pas tant de commettre des fautes qui est grave, c’est de les nier et de ne pas admettre ses torts. Ça ne pardonne pas. S’il veut encore rendre un dernier service à Neuchâtel, Hainard devrait démissionner.

04/05/2010

Dispenses religieuses

Dispenses religieuses

 Des filles dispensées des leçons de gym parce que les parents ne veulent pas (pour des questions de religion) qu’elles se déshabillent et s’amusent avec les garçons, des enfants dispensés de tous les spectacles organisés à l’école, des enfants qui n’ont pas le droit d’aller en course d’école. Des enfants battus par leurs parents sans que personne ose intervenir. C’était en 1955, dans un village de l’Oberland bernois, où j’allais à l’école. Je veux dire: les sectes ou communautés religieuses fanatiques qui demandent – et obtiennent – des régimes d’exception pour leurs enfants, ça a toujours existé chez nous. Et déjà à l’époque, tout gamin que j’étais, je me suis demandé pourquoi personne ne venait en aide à ces pauvres copains et copines privés des plaisirs de l’école par leurs parents sévères. L’Etat doit faire respecter l’école obligatoire, qui est obligatoire dans son programme entier.

Elégante Doris

Doris20100427PHOWWW00429.jpgL'effet Leuthard

 C’est peut-être «l’effet Michelle Obama» ou «l’effet Carla Bruni» qui opère. Je n’en reviens pas de voir à quel point nos ministres peuvent être élégants quand ils font un petit effort. Regardez Didier Burkhalter et son épouse à l’ouverture du Salon du livre: elle portait une belle robe bleue, assortie à ses yeux bleus. Rayonnante, chic, mode, élégante, et finalement très simple, pas un accent de trop. Et le petit détail qui tue: son mari a mis une cravate de la même couleur. Vraiment craquants, ces deux. Et notre présidente, Doris Leuthard, à Berlin, avec la chancelière Merkel. Quelle robe! Quelle aisance! Quel charme fou! Ce n’est peut-être pas si important sur le plan politique, mais pour nous, qui faisons tant de complexes par rapport aux grands de ce monde, ça fait du bien de voir «les nôtres» briller ainsi. Avec son costume blanc qui lui va si bien, la présidente me rappelait Julia Roberts dans ses meilleurs rôles (elle lui ressemble d’ailleurs un peu). Et pour la première fois, elle ne portait pas un bijou ou accessoire de trop, elle était juste parfaite, de la coiffure jusqu’aux hauts talons. Souhaitons simplement qu’elle réussisse à exercer un «effet Leuthard» sur notre classe politique suisse. Elle en a besoin.

26/04/2010

Hypocrisie

Hypocrisie

 Arrêtez de tirer sur Ribéry! Et ne faites pas comme s’il s’était passé quelque chose d’absolument extraordinaire dans ce bordel des Champs-Elysées où des footballeurs se sont amusés avec des prostituées. Si l’une d’elles n’avait que 17 ans, c’est une affaire à régler avec le patron de l’établissement, pas avec les clients. Il est tout à fait dans les habitudes des équipes sportives de faire venir des filles (groupies, call-girls ou autres) à l’hôtel pour fêter une victoire. Et alors? Ça se fait depuis la nuit des temps. Et cela se fera toujours. Mais probablement qu’à l’avenir les millionnaires du foot vont s’assurer d’un service de protection plus efficace.