23/11/2009

Sécurité à la française

Lundi

Vie simple

Réflexions sur la vie simple: le vrai luxe, ce n’est pas de posséder une montre chère, le vrai luxe c’est d’avoir du temps. Parce que le temps passé ne revient plus. Alors qu’on peut facilement remplacer une montre. Offrez votre temps, c’est le bien le plus précieux, hors prix. J’ai lu dans le Financial Times une réponse à la question « quels sont vos objets préférés » que je n’oublierai pas si vite : « J’aime les beaux objets que je possède, mais ce que j’ai de plus précieux, ce sont mes bonnes manières. Ca ne s’achéte pas, ça me distingue vraiment, et ça fait plaisir aux autres. Et ce n’est pas remplacable.

 

 

Mardi

Rengaine

Les Romands et les Latins sous-représentés sous la coupole fédérale. Seul Pascal Couchepin veillait systématiquement à engager, à qualités égales, des candidats romands. Mais à quoi bon se plaindre? Dans les universités on enseigne en anglais. Et constater que les Romands apprennent peu volontiers l’allemand et que les Alémaniques négligent l’apprentissage du français est une vieille rengaine. Si la Suisse veut rester le pays de quatre cultures qui non seulement s’entendent mais se comprennent, elle doit lancer un véritable programme pour la promotion du multilinguisme. Le Welschlandjahr des Trudis et les autres échanges n’existent plus. L’armée ne joue plus le role de lien entre Confédérés. Au lieu de les envoyer à l’armée, il faudrait envoyer chaque jeune suisse quatre mois dans une autre partie linguistique du pays. Et la cohésion fédérale serait sauvée. Mais j’ai l’impression que ça fait partie des sports nationaux : se plaindre de temps en temps de l’évolution, mais surtout ne rien entreprendre dans ce domaine.

 

jacky_gillmann_p.jpgMercredi

Que de l’eau

J’ai eu le plaisir de rencontrer Jacky Gillmann, PDG de Losinger Construction (filiale Suisse de Bouygues Construction) qui s’occupe de quelques chantiers des plus importants du pays. Il me confie que depuis que l’entreprise se trouve sous direction française le nombre des accidents du travail a été divisé par dix. Et ceci à cause des mesures de sécurités très strictes et très sévèrement contrôles par l’entreprise: port du casque, port de masques, sécurisation des chantiers et surtout échauffement des ouvriers avant le travail, comme en Chine, au moyen d’exercices de gymnastique ! En plus, interdiction absolue de consommation d’alcool (et de drogues) dans toutes circonstances : même lors des inaugurations de bâtiments, Losinger ne sert que jus d’oranges et eau minérale!

 

Jeudi

SSR fait le ménage

Des politiciens de gauche, Alain Berset et Christain Levrat en tête, voient l’information en danger parce que la SSR a enfin décidé de mieux gérer l’argent de la redevance. Ce sont les mêmes politiciens qui ont poussé le service public a créér une pléthore de programmes- au détriment des acteurs privés de l’audio-visuel. La SSR souffre elle aussi de la chute des revenus publicitaires, elle est bien obligé de chercher des synérgies là ou elles font sens. Il n’y a pas de raison qu’elle ne gère pas mieux – notre argent. Une fusion institutionnelle de la RSR avec la TSR est d’ailleurs très bien possible sans abandonner la décentralisation des studios, (un à Genève, un à Lausanne). On ne doit pas reprocher à la SSR de se restructurer, on peut juste lui reprocher de ne pas assez bien informer le public de ses intentions.  

 

 

merzimages.jpgVendredi

Sacré Merz !

Super, l’exemple que donne le président de la Confédération aux élèves de ce pays : il fait toutes les fautes possibles, mais comme c’est lui aussi qui distribue les notes, il n’a pas de souci à se faire. En tirant le bilan de son année présidentielle, Hans-Rudolf Merz constate que tous les objectifs sont atteints, que même pour ses aller-retour avec la Libye il mérite 19 sur 20. Super ! Si les otages ne sont pas revenus, ce n’est pas de sa faute. C’est à cause des photos de police d’Hannibal publiés dans la Tribune de Genève, considérées comme une nouvelle humiliation par Tripoli, c’est ce que M. Kadhafi lui aurait dit en personne. Une fois de plus, M. Merz dit trop et met les pieds dans le plat : il désigne un bouc émissaire pour masquer son propre échec. Et joue les porte-parole d’un dictateur qui doit bien rire des divisions du camp helvétique. Sacré Merz !           

 

05/10/2009

Horreur à Saignelégier

 

Lundi

Lausanne bouge

C’est la semaine du renouveau culturel et sportif de Lausanne. Cette fois, tout s’est décidé à la fois : la ville aura un nouveau stade de foot, un bassin olympique et un nouveau musée des beaux-arts dans les anciens dépôts de locomotive. Et un nouveau directeur de la cinémathèque, Frédéric Maire, qui lui aussi voit grand : il aimerait faire de cette institution une sorte de « maison du cinéma » qui attire les foules. Saluons ce nouveau dynamisme de Lausanne. Et espérons que ça dure…

 

Mardi

Des millions en l’air

Guy Laliberté, le fondateur canadien du Cirque du Soleil s’est payé le ticket de voyage le plus cher au monde : il a  payé  35 millions de dollars pour un aller retour dans l’espace  avec arrimage à la station spatiale internationale pendant quelques jours. Celui qui fut un modeste artiste de rue est devenu milliardaire grâce au succès de son cirque qui offre des spectacles d’une grande poésie.  Si un mec dépense 35 millions pour réaliser un rêve de gamin, en cette période de crise ou des pères de famille ne savent plus comment nouer les deux bouts, je n’ai plus aucune envie d’aller voir le spectacle qui a fait sa fortune.  Pour moi, il peut rester dans l’espace.          

 

Mercredi

Horreur à Saignelégier

D’abord, je croyais à une farce. Un architecte biennois (de 80 ans) veut construire un grand hôtel quatre étoiles près de Saignelégier, un projet devisé à 21 millions qui prévoit la création de 80 chambres  sur un terrain de 14 000 m2. La maquette du futur grand-hôtel rappelle furieusement les horreurs architecturales des années septante, ces grands machins touristiques du style « Grande-Motte », énormes triangles en béton, clapiers à touristes inspirés des constructions monumentales des ères fascistes et bolchéviques. Bon, ne nous énervons pas, les Jurassiens ont su éviter d’autres horreurs (places d’armes et compagnie), ils sauront imposer un style sympa et campagnard à tout projet sérieux .      

 

Jeudi

Polanski, encore

Mon opinion sur l’affaire Polanski ? Je refuse les raccourcis du genre, « il a beau être un génie, cela reste un violeur d’enfant, donc, il doit être jugé, même trente ans après les actes ». Il y a plusieurs niveaux à considérer dans cette affaire, avec chaque fois quelques réserves. Un : oui, à l’époque des faits reprochés et avoués, Polanski aurait dû être jugé. Mais : craignant que la justice américaine (connue pour ses peines longues et inhumaines)  statue un exemple de sévérité à cause de sa célébrité, il a préféré fuir, ce que je comprends très bien.  Deux : difficile de comprendre pourquoi Polanski, avec les moyens dont il dispose, n’a pas réussi depuis à trouver un arrangement avec la justice américaine (qui  fonctionne comme un marché). Trois: les autorités Suisses auraient du éviter le scandale en informant discrètement la star des ennuis qui l’attendent. On a des services secrets et diplomatiques pour cela. Quand la Suisse a-t-elle arrêté et extradé un très grand criminel, genre tortionnaire ou dictateur ? Jamais. Quatre : Un Conseil fédéral qui s’exprime à plusieurs voix jette une image déplorable sur le fonctionnement de notre gouvernement. Cinq : je ne crains pas pour Polanski, il a les moyens de se payer les meilleurs avocats français et américains. Six: j’ai aussi un point de vue de père et je me demande. Quelle maman, quel papa laissera son enfant de treize ans s’amuser sans surveillance avec des comédiens et metteurs en scènes délurés dans une villa de star ? A ma connaissance, Jack Nicholson et Roman Polanski n’avaient pas vraiment le profil du gentil baby-sitter rassurant. S’il y a des coupables dans cette affaire, ils sont nombreux… Sept : last but not least, quand le monde culturel proteste contre la sévérité d’un acte de l’Etat, l’opinion publique se range – presque par réaction épidermique - plutôt du côté de l’Etat et de la répression.  Et huit : à la place de Frédéric Mitterrand, je n’aurais rien dit. Mais d’autant mieux agi en coulisse.  

 

Vendredi

Barrière du papet ?

Les artisans bouchers-charcutiers du canton de Vaud ont créé la première  journée du papet vaudois, aujourd’hui, ils distribuent gratuitement du papet dans leurs magasins. Le client achète les saucissons de son choix, le papet lui est offert, même pour quatre personnes.  L’action rencontre un succès fou. Voilà des artisans qui ont des idées de marketing ! Malheureusement, aucune boucherie de la ville de Lausanne ne participa à cette journée. Y  a-t-il un fossé du papet autour de Lausanne ? Non, simplement, il ne reste que très peu d’artisans charcutiers certifiés en ville, fabriquant leur propre saucisson. Vous voulez la recette du papet, tapez www.charcuterie-vaudoise.ch

28/09/2009

Nos first ladies

Lundi

First ladies

Léger sentiment de honte pour l’image de la mode Suisse en voyant les toilettes de nos trois Conseillères fédérales et des épouses de leurs collègues lors de la réception du président russe Medvedev. Au temps de l’union soviétique, ce sont les mamies russes qui avaient l’air d’avoir arraché les rideaux d’un palace pour s’habiller. Cette fois, la plus élégante était Madame Medvedev et nos dames totalement à côté de la plaque, avec leurs robes surdimensionnés de toutes les couleurs. La seule qui portait du noir festif, Micheline Calmy-Rey, ne s’est jamais séparé de son énorme sac rouge (un véritable tic chez elle) et une fois de plus, la seule qui dégageait une certaine élégance était Madame Couchepin quoique des pantalons noirs (à la place des blancs) auraient mieux fait l’affaire.       

 

Mardi

Jura « libre » de fumer

On s’est battu pour la « liberté » des Jurassiens. Quelle déception de voir ce qu’ils en font. Au nom de la liberté et de l’autonomie (« on ne fera pas comme les autres cantons ») le parlement jurassien vient de refuser une motion visant à protéger la population contre la fumée passive. La décision tombe au moment où, enfin, dans les restaurants Lausannois, on peut manger et boire sans se faire enfumer (Quel bonheur !)  Et naturellement, la décision jurassienne n’a strictement  rien à voir avec la présence de l’un des plus gros producteurs de cigarettes de Suisse (BAT) dans le canton.  Non, les Jurassiens sont courageux, jamais ils ne cèderaient aux pressions d’un  lobby !      

 

Mercredi

Surprise Burkhalter

Didier Burkhalter n’est pas celui que vous croyez : les médias (et moi-même) vous l’ont présenté comme un type du genre « Buchhalter » (comptable), ennuyeux, triste, sans charisme. Et que découvrons-nous dans ses interviews, par exemple dimanche soir, face à Fathi Derder et Pascal Décaillet dans « Le grand oral » de « La Télé » ? Il fait exprès. Si Burkhalter projette une image d’homme austèr, c’est que cela fait partie de sa méthode. La « méthode  Burkhalter « signale une volonté de rupture totale avec le comportement traditionnels des ministres. Fini les batailles d’égo, les déclarations fracassantes, le jeux des indiscrétions, avec lui, ce sera : le ministre au service des projets, au service des solutions, le discours public pour rassembler, pour convaincre les adversaires. Burkhalter a une écoute, d’une qualité inouie. S’il réussit à imposer son style avec cette autorité tranquille qu’il dégage, ce sera un grand bien pour la Confédération.       

 

Jeudi

Le cœur à droite

Nous recevons un message de Vera Weber, la fille de l’écologiste Franz Weber : « Oskar Freysinger a un cœur pour les phoques ». Bravo, ça prouve au moins  que le Conseiller national UDC a un cœur.  Qui bat pour une espèce étrangère à notre pays !  C’est déjà pas mal. On ne peut s’empêcher de penser à Brigitte Bardot. Freysinger et Bardot, même combat. Elle, c’est les phoques, les chiens, les chats et le Front National. De la à dire que l’extrême droite préfère les animaux aux humains, c’est un pas que je ne franchirais pas…

 

Vendredi

Solution au « syndrome Broulis »

Après la mésaventure de Pascal Broulis, renvoyé dans son canton pour mauvaise note en allemand (le « syndrome Broulis »),  L’Hebdo appelle à une « relance linguistique » dans le canton de Vaud qui reste à la traine en matière d’enseignement de l’allemand. Tout y fait défaut : la volonté politique, l’enthousiasme des enseignants pour l’aventure bilingue, les maîtres germanophones, la proximité d’un canton alémanique. Les jeunes Vaudois n’ont aucune possibilité de s’immerger dans la langue allemand. J’ai une solution patente au problème : et si tous les Suisses allemands vivant dans le canton offraient aux petits Vaudois la possibilité d’entendre la langue de Goethe (ou de Züri West) au quotidien en parlant plus souvent en allemand ? Aujourd’hui, les très nombreux Alémaniques vivant sur les rives du beau Léman s’interdisent de parler allemand en présence de Romands. Par respect. Mais aussi pour leur propre plaisir de parler français. Quand deux ou trois Alémaniques se rencontrent dans la rue, ils s’adressent la parole en français. C’est peut-être totalement faux.  Qu’ils émergent enfin de leur « apnée linguistique » pour permettre aux autres cette immersion linguistique qui fait défaut. 

 

 

14/09/2009

Montbenon appartient aux dealers

 

Lundi

Dealers gagnants

L’esplanade de Montbenon, l’un des plus beaux parcs de Lausanne, autrefois promenade préférée des mamans avec leurs bébés, n’appartient plus aux Lausannois, il est en main des dealers. La « banane », cette belle terrasse qui couvre le bâtiment de la FNAC,  place Bel-Air, n’appartient plus aux Lausannois, elle est en permanence squattée par les dealers.  Le citoyen a l’impression que les autorités sont impuissantes face au commerce illégal et ses acteurs. La police fait des descentes spectaculaires, de temps en temps, puis tout retourne à l’ordre du jour. Ce sont toujours les dealers qui gagnent. 

 

Mardi

La grippe

J’ai rencontré l’autre jour un porte-parole de l’Office fédéral de la santé et je lui ai demandé, monsieur, sincèrement, vos prévisions ne sont-elles pas un peu exagérées ? « Non », me dit-il, « nous sommes sûrs qu’il y aura deux million de malades de la grippe A en octobre. » Et il ajoute : « et probablement, comme ils ne seront pas tous enregistré, on comptera officiellement environ 400'000 malades de la grippe ». Et alors, quand il y a une vague de grippe normale, on en compte combien ? « A peu près 400’000 ». J’en conclus que s’il y aura une vague de grippe (-  j’en doute encore), elle ressemblera à ce que nous vivons chaque année.  Sans panique, sans avertissements, sans spots publicitaires, sans désorientation totale du public. Après ça, il faudra quand même sérieusement revoir la politique d’information de l’Office fédéral de la santé.     

 

Mercredi

Sarko le grand

Un documentaire de la télévision romande l’a révélé (bravo !) : quand le président Nicolas Sarkozy visite des usines, accompagné d’une horde de journalistes et photographes, il ne veut serrer la main et voir autour de lui que des ouvriers et responsables qui ne dépassent pas sa taille. Encore un truc pour paraître plus grand. Les semelles compensés, la coiffure montée ne suffisent plus. Mais qui aura le courage de dire à M. Sarkozy qu’être et surtout paraître petit ou grand, ce n’est pas une question de centimètres, mais d’attitude. Mitterrand était (physiquement) encore plus petit que Sarkozy. Mais il paraissait plus grand. Semelles compensés ? Non. Attitude altière, droite, décontractée.  Sarko ne sort pas grandi de cette histoire.

 

Jeudi

« Otages » Suisses

Arrêtez de parler d’ «otages» dans l’affaire Libyenne. Quand on voyage librement dans le pays et qu’on va régulièrement déjeuner avec le premier ministre et qu’on a une jolie chambre à l’ambassade Suisse, une voiture et un téléphone portable et un portemonnaie plein de pognon,  mais une interdiction temporaire  de quitter le pays, ce n’est pas vraiment un destin d’otage comme on les connait. Ou alors il faudra trouver un autre mot pour les vrais otages.  D’ailleurs : pourquoi on nous révèle seulement maintenant, que ces messieurs ne souffrent pas vraiment le martyre ?

 

Vendredi

Bonjour les dégâts

J’ai le léger soupçon que le parti libéral-radical (PLR) n’est pas vraiment décidé à gagner cette bataille pour la succession Couchepin. Je n’ai pas d’autre explication pour leur stratégie faible:  ils ne nomment pas l’homme fort du parti, Fulvio Pelli. Ils partent avec un double-ticket, avec des candidats peu convaincants : Le Genevois Christian Lüscher est sympa mais trop léger, le Neuchâtelois compétent mais sans rayonnement. J’ai entendu des Zurichois du parti faire une réflexion intéressante : «On va de toute façon perdre un siège, mieux vaut le perdre maintenant qu’après le départ de Merz. Un parti national qui n’a qu’un seul  Conseiller fédéral, ce n’est pas la gloire, si en plus c’est un Romand, bonjour  les dégâts.» Et derrière tout cela, il y a un grand stratège: Fulvio Pelli qui n'a pas enterré ses ambitions. Quand Hans-Rudolf Merz partira, il sera l'homme providentiel: radical proche des alémaniques, mais repésentant la "latinité", donc recréant l'équilibre lingistique au gouvernement. Mon pari: en 2010, nous aurons Schwaller et Pelli au gouvernement.