06/12/2010

Les esclaves des rues

Les esclaves

 Je ne peux m’empêcher de crier au scandale: j’ai le cœur serré quand je vois ces femmes et jeunes filles roms assises par terre, dans la neige, sur le Grand-Pont de Lausanne et en d’autres endroits exposés au vent et au froid et tendre la main pour mendier. On peut avoir des raisons de leur permettre de mendier. Mais ne voit-on pas que ces femmes et ces filles ne sortiraient jamais par ce temps si elles n’étaient pas obligées, par une bande de mecs lâches, à faire ce travail par – 3 degrés? Juste parce que pendant le marché de Noël ces esclaves rapportent un maximum? On nous montre des documentaires à la télé sur le travail des enfants en Colombie, mais on n’a qu’à sortir en ville pour rencontrer les esclaves de chez nous! Et personne ne dit ou ne fait rien!

Expulser le peuple?

Expulser le peuple

 Décidément, les journalistes de ce pays sont incorrigibles (avec quelques rares exceptions). Un jour après que le peuple suisse a dit oui à une majorité de 53% des voix à l’initiative de l’UDC pour le renvoi des étrangers criminels, le commentaire qui domine les médias – et surtout les émissions de notre radio nationale, c’est: les électeurs ont été séduits, manipulés, ils n’ont pas compris, ils ont été victimes d’une campagne de publicité démagogique, payée par un parti xénophobe et antidémocratique. En bref, la majorité du peuple est une bande de nases. Peu de véritable interrogations sur les vraies raisons du oui, par exemple sur une réalité sociale qui angoisse une majorité. Pour faire plaisir aux médias, il faudrait peut-être expulser le peuple! Enfin, pas tout le peuple, juste la majorité.

30/11/2010

Monsieur tourisme

M. Tourisme

Kurt Illi est mort. Frappé par une crise cardiaque à 75 ans, à la sortie d’une soirée passée dans un cirque, à Zurich. Peu connu des Romands, Kurt Illi a été pendant de longues années le promoteur le plus original du tourisme suisse, en Asie et dans les pays arabes. L’ancien directeur de l’Office du tourisme de Lucerne vendait des vacances avec «garantie pluie» aux Arabes, il organisait des mariages japonais dans une chapelle romantique au bord du lac des Quatre-Cantons et il a réussi à imposer le pont de la Chapelle de Lucerne comme un symbole touristique aussi important que la tour Eiffel ou le Colisée. Il a aussi invité les Romands à passer quelques jours à Lucerne à moitié prix après le vote du peuple suisse contre l’EEE. Et il a monté un «coup» avec Claude Nobs: pour lui faciliter les négociations avec Montreux, il s’est fait photographier avec lui sur la terrasse d’un café de Lavaux en déclarant qu’il lui offrait des conditions favorables pour un déménagement complet du Montreux Jazz à Lucerne. Ça a fait bouger les autorités de Montreux!

Leonard Gianadda

Une honte

 On ne devrait pas cracher dans la soupe, c’est-à-dire dans la coupe de champagne, quand une ville décide de remettre son prix culturel à une personnalité qui le mérite depuis longtemps. Mais il y a quand même des retards qui ne se pardonnent pas. Martigny a attendu trente ans (!) pour attribuer le Prix de la Ville à Léonard Gianadda. Donc, un prix qui «vise à favoriser et à encourager le développement et la transmission du patrimoine culturel». Gianadda est l’un des plus importants acteurs culturels de Suisse, reconnu, célébré et décoré dans le monde entier, sauf chez lui. La remise du prix samedi dernier ne fait que rappeler les raisons pour lesquelles cette ville a si longtemps refusé les honneurs à Gianadda: parce qu’il est ce qu’il est! Un géant qui balaie tous les obstacles sur son chemin, avec fougue. Donc, quelqu’un de difficile pour des gens petits.