26/12/2011

Tango TSR

Chère Sofia Pekmez, cher Michel Zendali,

La première de votre «Tango» ne m’a pas séduit. Du tout. D’abord, regardez-vous dans la glace: seriez-vous d’accord de regarder une émission sur la «séduction» présentée par un couple d’un certain âge, comme on dit pour ne pas dire vieux? Michel avec ses attitudes de James Bond, sa voix de crooner et son regard qui dit «mais qu’est-ce que je fais ici»? Et la belle Sofia qui se la joue sexy, avec petite robe noire, décolleté et des sorties déjantées du genre: «Moi, j’adore vos fesses» (à Michel). Pathétique. En plus, ça allait dans tous les sens. Les invités brillaient par des obsessions qui relèvent plus de la psychiatrie que du divertissement. Et, parmi les «experts», c’est Christian Constantin qui disait les choses les plus intelligentes. Un président de club qui parle mieux que tous les autres dans un «magazine de société», ça fait réfléchir! Par moments, j’avais envie de vous crier: «Attention, les papis, on vit au XXIe siècle!» Mais voilà, le mal est fait: choisir la «séduction» comme thème d’une émission qui veut «mettre face à face des représentants des deux sexes», c’est comme choisir la paix, le fromage, la croyance ou un autre sujet très, très vaste, sans accrochage actuel. Et cela à un moment où tout le monde parle d’implants mammaires… échec garanti. On ne s’invente pas Delarue ou Dechavanne sur le tard, mes chers.

Cordialement,Peter Rothenbühler

19/12/2011

Muriel Zeeender-Berset

LE MAIL DE

 

Chère Muriel Zeender-Berset,

Si vous aviez été élue à la place de votre mari, toute la nation s’interrogerait: mais qui garde les enfants? Et accessoirement: pourquoi n’y a-t-il pas encore de garderie d’enfants au Palais fédéral? Mais comme ce n’est pas une maman mais un papa de 39 ans qui a été élu, tout le monde part du principe que c’est la maman qui restera à la maison, que c’est la professeure de littérature que vous êtes qui va mettre les enfants au lit et assumer toutes les taches ménagères. Alain au palais, Muriel aux fourneaux. Voilà le topo de vos prochaines douze années. Et vous semblez trouver ça tout à fait normal, déclarez que ça ne changera pas trop votre train de vie actuel.

J’en déduis que les couples parfaits, ça existe quand même. Après avoir découvert l’homme sans défauts, celui qu’on appelle déjà le Mozart de la politique, nous voilà en train de découvrir la femme parfaite, son épouse. Femmes de ce pays, prenez un exemple! On peut avoir trois enfants en bas âge, un métier, un engagement politique et un mari qui part et rentre à des heures impossibles, et tout va bien dans le meilleur des mondes.

Je vous admire, chère Muriel, je suis sûr que vos enfants seront aussi parfaits que leurs parents et diront aussi «no problem» à qui exprimera des doutes.

Cordialement, Peter Rothenbühler

12/12/2011

Toni Brunner

Cher Toni Brunner,

Vous êtes en danger. Quand on tarde de s’émanciper de son parrain politique, on finit toujours par payer ses dettes. Quand cette conquête du deuxième siège au Conseil fédéral, ce casting show du genre «l’UDC a des talents» tournera encore plus mal, c’est-à-dire à un résultat «zéro point», c’est vous qui porterez le chapeau de l’échec. C’est sûr.

Alors que c’était certainement l’idée de votre «conseiller stratégique» de 71 ans, de faire remonter sur scène toutes ces vieilles gloires recalées autrefois, un spectacle qui ressemble aux séries B policières américaines, où chaque nouvel acteur porte les stigmates de celui qui va se faire flinguer – si possible par ses propres camarades. Je me demande ce que ce jeu du massacre peut bien cacher.

Admettons que vous ayez des qualités de Machiavel, je dirais que pour vous, personnellement, quelques années sans deuxième siège au Conseil fédéral, ne seraient pas si mal que ça: l’UDC pourrait faire un maximum de foin, se régénérer dans le bain de l’opposition, et vous, le jeune Toni pourriez vous mettre dans les starting-blocks pour lancer, le moment venu, votre propre candidature, comme le représentant de la nouvelle génération, le réformateur d’un parti sclérosé. Si toutefois vous ne tombez pas avant, avec votre parrain.

Cordialement, Peter Rothenbühler

16/11/2011

Cher Jacques Barillon

Cher Jacques Barillon,

Vous voilà presque aussi célèbre outre-Sarine qu’ici. Une page entière dans le « Blick », juste pour avoir ramassé les restes juridiques dans  une tragicomédie footballistique , c’est pas si mal. Et ça va continuer. Parce que les Zurichois adorent les figures qui confirment leurs préjugés sur les Romands : ces avocats qui portent des vestes en cuir à 61 ans encore, ces Russes riches qui ne le sont pas vraiment et ces présidents de foot  mégalo. Vous entrez  bien dans ce tableau. Mais naturellement, vous n’avez pas accepté de défendre Bulat Chagaev juste parce que cet homme « qui n’a rien à se reprocher »(selon vous) est tous les jours dans la presse. Non, vous , l’homme qui a sauvé la vie du chien Baxter courez humblement  au secours de Bulat, un « homme perdu » (vos mots) qui est la victime d’une « véritable  battue » à Neuchâtel  et n’a trouvé personne  pour le défendre. Je  crois même  que vous ne le faites pas pour de l’argent, vu que votre homme semble avoir égaré son porte-monnaie. Donc, beaucoup de visibilité en vue quand même, mais beaucoup de travail aussi, quand même: je sens une certaine fébrilité parmi les candidats au poste laissé  vacant par M. Zappelli. Un riche Russe derrière les barreaux, pour prouver qu’on n’est pas aussi mou que le démissionnaire, ce n’est pas si mal, électoralement. Et pour les photos !

Cordialement

Peter Rothenbühler