16/11/2011

Cher Jacques Barillon

Cher Jacques Barillon,

Vous voilà presque aussi célèbre outre-Sarine qu’ici. Une page entière dans le « Blick », juste pour avoir ramassé les restes juridiques dans  une tragicomédie footballistique , c’est pas si mal. Et ça va continuer. Parce que les Zurichois adorent les figures qui confirment leurs préjugés sur les Romands : ces avocats qui portent des vestes en cuir à 61 ans encore, ces Russes riches qui ne le sont pas vraiment et ces présidents de foot  mégalo. Vous entrez  bien dans ce tableau. Mais naturellement, vous n’avez pas accepté de défendre Bulat Chagaev juste parce que cet homme « qui n’a rien à se reprocher »(selon vous) est tous les jours dans la presse. Non, vous , l’homme qui a sauvé la vie du chien Baxter courez humblement  au secours de Bulat, un « homme perdu » (vos mots) qui est la victime d’une « véritable  battue » à Neuchâtel  et n’a trouvé personne  pour le défendre. Je  crois même  que vous ne le faites pas pour de l’argent, vu que votre homme semble avoir égaré son porte-monnaie. Donc, beaucoup de visibilité en vue quand même, mais beaucoup de travail aussi, quand même: je sens une certaine fébrilité parmi les candidats au poste laissé  vacant par M. Zappelli. Un riche Russe derrière les barreaux, pour prouver qu’on n’est pas aussi mou que le démissionnaire, ce n’est pas si mal, électoralement. Et pour les photos !

Cordialement

Peter Rothenbühler

07/07/2011

Cher Mark Muller

Cher Mark Muller,

Je ne sais pas comment vous allez vous sortir de cette gonfle. Vous êtes le président du Conseil d’Etat, vous êtes responsable des constructions et de la gérance des logements du canton qui a fait scandale en février parce qu’il a loué une villa de sept pièces à un ancien fonctionnaire pour moins de 1000 francs. Et voilà qu’on apprend par le TJ que vous-même, vous louez un sept-pièces en attique à Plainpalais pour un loyer ridiculement bas de 1800 francs. A Genève! Où les loyers atteignent des sommets.

C’est conforme à la loi, dites-vous, «ce loyer serait payé par n’importe quel autre locataire». Mais vous n’êtes justement pas «n’importe quel locataire» mais le magistrat libéral qui combat cette loi, imposée par la gauche (qui ne permet pas d’élever le loyer après rénovation), comme étant «un monstre juridique». A juste titre.

Mais allez expliquer aux citoyens selon quelle règle de morale politique on peut dénoncer d’un côté une loi qu’on trouve absurde et injuste et de l’autre en profiter sans vergogne pour ses intérêts privés. C’est mission impossible.

A votre place je verserais la différence avec un prix du marché à une institution caritative, et cela aussi longtemps que vous êtes encore au gouvernement. Ça ne vous reviendra peut-être même pas si cher.

Cordialement, Peter Rothenbühler

22/06/2011

Chère Marianne Huguenin

Chère Marianne Huguenin,

Le Prix Wakker pour l’Ouest lausannois est une jolie récompense pour la population et les municipaux de cette ancienne périphérie de Lausanne, qui est en train de devenir le nouveau centre vital de la capitale vaudoise.

Belle revanche sur le destin, en effet, pour une ancienne «zone industrielle», longtemps considérée comme un ghetto d’immigrés, et regardée de haut par les voisins lausannois. Mais oublions les anciennes et vilaines discriminations.

Je vous écris, parce que vous symbolisez si bien le renouveau de Renens, la ville dont vous êtes la syndique. J’ai toujours eu un faible pour Renens en particulier et pour les grandes personnalités communistes issues de familles bourgeoises en général. Intelligentes et cultivées, elles marient si bien un engagement social radical et des valeurs humaines fortes avec une compréhension très empathique de l’économie de marché.

S’il n’y avait qu’une médaille à décerner ce week-end, je vous la remettrais à vous personnellement, et je pense que la population de l’Ouest lausannois, qui vous adore, est bien d’accord avec moi. J’aimerais aussi vous encourager à continuer votre travail, parce qu’il est loin d’être fini. Il faut encore un tas de projets audacieux pour que le Grand-Lausanne devienne enfin digne d’entrer dans la Super League des villes européennes.

Cordialement, Peter Rothenbühler

07/06/2011

Cher Albert II de Monaco

images[2].jpgCher Albert II de Monaco

Lâchez-vous un peu, mon vieux, soyez un tantinet plus naturel, et surtout: montrez un peu d’affection réelle pour votre future mariée. Je ne peux m’empêcher d’étudier dans la presse les nombreuses photos du couple princier que vous formez avec Charlene Wittstock, de vingt ans votre cadette: on dirait une carte postale, des statues en cire, deux mannequins posant pour un catalogue de mode mariage, proprets, bien photographiés et bien retouchés, mais tellement froids. Il manque ce courant électrique, ces sourires qu’on a pu voir dans les yeux et sur les lèvres de l’autre couple princier, William et Kate. Les mains qui se cherchent par exemple. Et pas des mains posées l’une dans l’autre comme le photographe vous l’a dit. Pardonnez-moi de m’occuper de ce qui ne regarde que vous et votre future épouse – au fond. Mais c’est vous qui avez commencé. Vous faites d’une affaire purement privée un événement public. Vous espérez que votre mariage se grave dans la mémoire non seulement de vos «sujets», les Monégasques, mais du monde entier. Quand on s’expose autant, on doit s’attendre à être observé de près. Pour le moment, ça va plutôt bien pour vous: les médias adorent raconter des contes de fées, sans se poser trop de questions. Alors, bonne chance, mais détendez-vous un peu…

Cordialement

Peter Rothenbühler