30/11/2010

Cher Ricardo Lumengo

 

Cher Ricardo Lumengo,

Ayez le courage de vous retirer du Conseil national: les médias ont fait de vous, l’ancien requérant d’asile africain, le symbole de l’intégration réussie. On vous a appelé un «porteur d’espoir». Et vous avez volontiers assumé ce rôle. Seulement voilà: quand on est devenu l’ambassadeur d’une cause, on se doit d’être irréprochable, plus que tous les autres. Sinon, on risque de nourrir des préjugés négatifs. Si vous restez, si vous continuez à défendre publiquement votre petite tricherie électorale, vous rendez un mauvais service à tous les Africains immigrés qui mènent une vie au-dessus de tout soupçon et travaillent chez nous comme médecins, physiciens, juristes, professeurs, etc.

Sachez aussi que votre soudaine célébrité, votre omniprésence dans les médias, est trompeuse. Elle vous donne l’impression d’être porté par les journalistes. Mais chaque fois que nous parlons encore de vous, nous devons aussi rappeler que vous avez été condamné pour fraude électorale. Et vous vous transformez en une caricature, un symbole de l’intégration pas tout à fait réussie. Il est encore temps de réparer cette image. En revenant à la case départ. Dignement.

Cordialement, Peter Rothenbühler

Chère Bâloises, chers Bâlois,

 

Chères Bâloises, chers Bâlois,

Merci! Vous avez rendu un grand service à toute la presse suisse. Dans les turbulences autour de votre journal, la Basler Zeitung , vous avez réaffirmé une vérité fondamentale. Vous avez répondu à la question: à qui appartient un journal? Qui décide, en dernier ressort, de son destin? L’éditeur? Des financiers zurichois? Non, un journal appartient à ceux qui le lisent et qui l’achètent, aux lecteurs. Leur attachement à un journal est fort, c’est pour eux un «outil de survie» indispensable, un ami, un conseiller, un fiduciaire. Il existe un contrat de confiance, mais aussi un lien affectif entre un journal payant et ses abonnés. En disant «c’est mon journal», les lecteurs en parlent en véritable propriétaire. C’est la grande différence avec les informations gratuites: vous ne verrez jamais des lecteurs descendre dans la rue pour sauver l’âme d’un site internet, n’est-ce pas? Vous avez exigé que la Basler Zeitung reste bâloise et vous avez réussi. Le nouveau propriétaire, le Bâlois Moritz Suter promet de sauver l’entreprise, il fait confiance au nouveau rédacteur en chef, Markus Somm qui s’engage, lui, à faire un journal ouvert à tous, miroir authentique de l’esprit des Bâlois. J’espère seulement que les deux seront capables de tenir leurs promesses.

Cordialement, Peter Rothenbühler

11/10/2010

Cher Daniel de Roulet

 

Cher Daniel de Roulet,

 

Vous avez gagné. Sous la pression de l’Association Suisse-Israël, UBS retire Le Corbusier de sa pub.

Quelle satisfaction pour celui qui est à l’origine du dénigrement «du Corbu»! En 2005 déjà, vous l’aviez traité de collabo des nazis et exigé que la Banque nationale suisse retire son portrait des billets de 10 francs.

Heureusement, la Banque nationale avait les reins plus solides que UBS.

Je veux bien discuter des égarements opportunistes de Le Corbusier. Mais lui coller l’étiquette «antisémite» et «nazi», c’est lapider sans procès.

Je m’étonne d’ailleurs que La Chaux-de-Fonds ne proteste pas contre cette diffamation du plus grand de ses enfants.

Entre fils de pasteur, je vous rappelle Jean, VIII: 7: «Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre.»

Vous avez incendié le chalet suisse de l’éditeur allemand Axel Springer en 1973, pensant que Springer était un ancien nazi, juste parce que les milieux gauchistes berlinois le traitaient comme tel. Malheureusement, vous vous êtes cruellement trompé, Springer était le plus fervent supporter d’Israël. Votre crime est prescrit. On vous pardonne l’«erreur de jeunesse». Vous restez un écrivain honorable. Malgré tout.

Ne pensez-vous pas que quelqu’un comme vous devrait définitivement arrêter de jouer les incendiaires?

Cordialement,Peter Rothenbühler

Cher Jean-René Fournier

Cher Jean-René Fournier,

Je suis assez d’accord avec vous. Le Valais ne doit pas devenir un pays de loups. Les moutons doivent y rester rois. Logique, dans un pays où le PDC fait la loi. Aussi, je plaide pour un non-lieu dans votre procès. Pour deux raisons. Primo: si vous êtes condamné pour avoir permis de tirer le loup du Chablais en 2006, vous deviendriez le martyr de la cause des moutonniers. Un saint, quoi, un nouveau Farinet. Je n’aime pas cette idée.

Deuzio: je comprends votre philosophie qui heurte tant les citadins. Pour nous, la nature, c’est un paradis vert, si possible intouché, et ensoleillé de préférence. Pour vous, les montagnards, la nature peut être la pire des ennemies: les avalanches, les inondations, la sécheresse, les épidémies, les prédateurs, c’est un éternel combat avec et contre les éléments. Et tant mieux si un problème peut être réglé à coups de fusil de chasse.

Ce que j’ai moins bien compris, c’est cette pose hypermachiste avec le loup empaillé dans votre bureau. On n’humilie pas publiquement sa victime! Ce triomphalisme machiste me dégoûte un peu. Rien que pour cela, vous mériteriez un blâme. Mais pas un procès.

Un mot encore: ne craignez pas le boycottage de vos pistes par les Verts des villes. Le ski en Valais est trop cher pour eux.

Cordialement,

 Peter Rothenbühler