27/09/2010

Cher Oscar Tosato

Cher Oscar Tosato,

Un détail pour commencer: changez de coiffeur! Croyez-moi. Si vos collègues ne vous ont jamais fait la remarque, c’est parce qu’ils craignent que vous plairiez davantage aux électeurs en améliorant votre coupe. Sincèrement, avec cette panosse sur le crâne, vous avez une tête de serial killer intello dans un policier américain – ou de secrétaire général d’un syndicat français.

Mais je ne vous écris pas pour me moquer de votre coiffure. Non, c’est pour vous féliciter pour votre culot. Oui, il fallait en avoir, pour offrir, l’hiver dernier, des places d’apprentissage aux adolescents sans titre de séjour. C’était plein de bon sens. Mais contraire aux lois, malheureusement. Beaucoup vous ont soutenu. Beaucoup vous ont critiqué surtout. On vous a traité d’irresponsable. Et pour cause. Un municipal lausannois de L’Enfance et de la Jeunesse qui milite pour le non-respect des lois, qui déclare vouloir «faire le pari de l’illégalité», c’est juste impossible. Mais bon, vous avez eu du nez, et beaucoup de chance, et peut-être avez-vous même fait avancer les choses.

En tout cas, aujourd’hui, on vous pardonne, parce que le Conseil aux Etats vient de légaliser exactement ce que vous demandiez. Vous êtes devenu le héros d’une bataille juste.

Bravo et merci ! (Mais n’oubliez pas d’appeler le coiffeur!)

Cordialement,

Peter Rothenbühler

Cher Alain Rebetez,

Cher Alain Rebetez

J’ai suivi les élections au Conseil fédéral sur les chaînes des télés alémaniques et romandes. A votre collègue alémanique je donne 4 sur 10. Il a été ennuyeux. Vous par contre, vous faites 10 sur 10, vous êtes un animateur redoutable: toujours les bonnes questions, une autorité naturelle exercée avec charme. Vous lâchez la bride quand les querelles deviennent passionnantes, vous relancez immédiatement quand ça devient ennuyeux. Vous «virez» les intervenants avec tact, mais vite. Et vous êtes enthousiaste!

La cerise sur le gâteau, pour moi, c’était le cadrage: on ne vous voyait pratiquement que de profil. J’étais content pour vous. Parce que j’ai un vrai problème quand je dois vous regarder de face à la télé. Même mes gamins secouent la tête: «Faut l’envoyer à Youtube», disent-ils quand ils vous voient gesticuler depuis la place Fédérale: «On dirait Kermit du Muppet Show.» Vous roulez les yeux, vous ouvrez la bouche, si grande qu’on a peur d’être avalé. Pensez aux écrans énormes: ça fait quelque chose!

Je ne veux pas freiner vos élans: vous nous donnez au moins l’impression que la politique fédérale peut encore provoquer des poussées d’adrénaline à un correspondant. C’est déjà pas mal. Mais calmez votre gestuelle, juste un tout petit peu. Pour nous plaire de face, aussi.

Cordialement,

Peter Rothenbühler