20/01/2010

Béglé, le Romand

 

Chers Romands,

ne voyez surtout pas en Claude Béglé la pauvre victime romande écrasée par des méchants lobbys et médias alémaniques qui ne supporteraient pas voir à la tête de la poste un Romand. Ce n'est pas le Romand Béglé qui a échoué, c'est Béglé le grand voyageur, le polyglotte qui a justement perdu le sens des proportions helvétiques et romandes qui s'est cassé le nez.

Prétendre que c'est au Romand qu'on en a voulu, c'est penser qu'être Romand constitue un handicap au départ pour toute carrière nationale. Et c'est penser qu'il existe des courants anti-Romands en Suisse allemande, en particulier dans les médias. Or, c'est faux.

Les Romands de qualité, les fortes personnalités ont au contraire un certain bonus auprès des Alémaniques, on les aime pour leur savoir-vivre et leur tempérament, et on leur passe même des erreurs qu'on ne pardonnerait pas à un Zurichois. Prenez Christophe Darbellay, s'il était né à Zoug, il subirait les tirs croisés (et mortels, professionellement parlant) des médias zurichois pour ses mouvements d'opinion incohérents.

Il existe beaucoup d'exemples de personnalités fortes romandes qui ont su s'imposer à Berne ou à Zurich.

Prenez Charles Kleiber, prenez Nicolas Bideau, prenez les présidents de parti Levrat et Darbellay, et prenez le Suisse de l'année, le chirurgien Prêtre, des Romands pur sucre.

Claude Béglé a échoué pour d'autres raisons. Dès sa nomination, ça sentait l'échec, l'homme a trop voulu, il a trop parlé, il se voyait Roi Soleil sans être assuré du soutien des nombreux vassaux, petits ducs et courtisans qui font la pluie et le beau temps dans la Berne administrative. Et malgré tout le charme qu'il dégage, on ne peut ignorer qu'il a tout simplement eu un comportement inadéquat pour un grand commis de la Confédération.

Puis, rencontrant une opposition farouche, une presse critique et un réseau redoutable de vieux socialistes autour de Osswald Sigg et Ulrich Gygi qui étaient opposés dès le départ à sa nomination et ont alimenté la presse dominicale de détails croustillants (mais jamais vraiment scandaleux) sur le passé de Béglé, il a cru pouvoir gagner par la parole, par les arguments, par les démentis, par la franchise et la conviction. Alors que le pouvoir est un jeu de réseaux, de soutiens discrets. Il s'est aussi trop tard entouré de conseillers en communication.

 

 

 

  

 

 

16/12/2009

Cher Dominique Warluzel

Cher Dominique Warluzel,

je suis d'accord avec vous quand vous dites dans Le Matin qu'à Genève une certaine défaillance de l'autorité concourt au développement de l'insécurité. D'accord aussi quand vous dites qu'il faudrait des gens de convictions pour diriger le département des institutions (anciennement Justice et Police) et que la police devrait davantage jouer un rôle répressif.

Mais je trouve complètement fou et irresponsable d'annoncer haut et fort que - à cause du climat d'insécurité à Genève que vous comparez à celui de New York des années 80 - vous vous êtes armé, que vous avez même une arme (que j'imagine chargée) dans votre voiture.

Quand un avocat aussi célèbre et aussi respecté que vous estime qu'il n'est plus possible de circuler à Genève sans avoir une arme à feu dans sa voiture, je crie "au secours".

Votre message sera compris: citoyens, armez-vous! Les autorités, la police en l'occurence n'est plus capable de vous protéger. Voilà comment on lit vos propos.

Et malheureusement, votre exemple ne sera pas suivi que par des citoyens responsables comme vous, mais aussi par toutes sortes de voyous qui n'hésiteront pas à faire usage de leur arme....Si on porte une arme, c'est bien pour s'en servir.

D'un côté, nous nous battons pour interdire les chiens dangereux qui sont de véritables "armes de combat" et de l'autre on recommande (indirectement) aux citoyens de se munir d'uen arme à feu... C'est de la folie.

Désarmez-vous, cher ami! Et vite. Genève n'est pas ausi dangereuse que ça.

La repression oui, mais l'autodéfense armée non!

Avec mes meilleures salutations

Peter Rothenbühler

 

 

 

      

14/12/2009

Berlusconi et les demeurés

Berlusconi et les simples d'esprit

On peut condamner la politique de Silvio Berlusconi, on peut détester le personnage, mais il est absolument inadmissible de cautionner ou même justifier l'acte d'agression dont il vient d'être la victime.

Heureusement, l'individu qui a lancé un objet solide à la figure du président du conseil italien est identifié comme étant un individu bizarre aux antécédents psychiatriques notoires, sans attaches politiques précises. On n'ose imaginer à quel point le climat politique italien - qui est déjà pas mal empoisonné - aurait été détérioré si cet individu avait appartenu à un parti politique de l'opposition.

Ce qui choque dans cet attentat, c'est 

-le manque flagrant de vigilance de la part des gardes de corps de Berlusconi. Ils sont là pour empêcher justement ce genre d'attentats. Cet incident aura des conséquences graves pour l'organisation de la sécurité de Berlu.

-la propension de Berlusconi à vouloir prendre des bains de foules alors qu'il sait pertinemment qu'il court de grands risques. On dirait presque qu'il l'a cherché, le conflit physique...  

-les pires, ce sont les réactions des internautes -Suisses et Italiens - qui font de l'agresseur de Milan un héros. Dois-je en conclure que certaines personnes qui inondent actuellement les sites des journaux de quelques stupidités (avec le grand courage d'auteurs anonymes) ont enfin trouvé un héros qui leur va bien...un demeuré?

 

   

  

11/12/2009

Où sont les pro-minarets?

 

Bravo aux musulmans suisses! Contrairement aux pires craintes de certains, leurs réactions au vote du peuple Suisse ont été mesurées.

L'idée d'organiser une manif de musulmans à Berne, samedi, est excellente. Tout le monde peut et doit faire usage des droits démocratiques, chez nous. (Je ne pense pas qu'en Arabie Saoudite ou en Libye ou dans d'autres pays qui soutiennent et financent en partie les mosquées construites en Europe, il soit possible de manifester contre une nouvelle loi sans se faire coffrer..)

Ce qui est déplorable, c'est que les pro-minarets ne soient pas capables de mobiliser des personnalités Suisses pour défendre leur cause. A Berne, c'est un imam venu d'Allemagne, Abu Hazma, un ancien boxeur professionnel allemand converti à l'islam qui prendra la parole....

Voilà un problème qui provoque un grande incompréhension auprès du public suisse: on se demande où sont les porte-paroles des musulmans suisses. Ou sont des hommes et des femmes établis ici, crédibles, qui ont le courage de donner les explications nécéssaires sur ce qui se passe dans les mosquées, dans la tête des croyants, leur rapport à la Sharia, etc. 

C'est une des questions qui fausse le rapport avec les comunnautés musulmanes, on entend plein de choses sur certains Imams pratiquants en Suisse qui, selon un rapport secret de la Confédération, seraient assez nbombreux à prêcher la haine (12 sur 200) et on aimerait recevoir une réponse claire et nette à ce sujet de la part des musulmans modérés qui forment la majorité.