16/11/2009

Confrérie du Guillon - les intellos du vin

Unique au monde!  

Samedi soir, j'ai eu l'honneur de vivre un spectacle unique en Suisse, non, unique au monde, et s'il vous plait, ne dites pas aux Chinois, aux Indiens et aux Américains que cela existe, sinon, ils vont prendre d'assaut le Château de Chillon pour vivre cet évènement, eux aussi. Il faut que ça reste entre nous.

Donc, j'ai eu l'honneur d'être accueilli comme Compagnon d'honneur à la vénérable Confrérie du Guillon, lors du "Ressat d'automne", un diner aux chandelles à 250 personnes, dans une énorme salle du Château de Chillon.  

Je ne pouvais pas refuser cet honneur, parce que cet un ami cher, Claude-Alain Mayor, doyen de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL), qui m'a proposé comme compagnon d'honneur.

Mais j'avoue que j'y suis allé sans trop me presser, sans me réjouir vraiment, j'imaginais une soirée parmi des amis du vin certes sympas, mais âgés et éventuellement un peu courts en conversation qui allaient me parler de mélanges de goût (quelque chose entre la myrtille et le caramel, vous sentez, là?)du dernier millesime du x-ème vignobles de Lavaux ou de la Côte. J'aime bien le vin, mais trop en parler...

Je m'attendais aussi à deux ou trois discours de notables, aussi ennuyeux que longs (je connais la musique) et une musique folklorique d'accompagnement qui rend impossible toutes les discussions à table. Et surtout à un repas long, long, long, en compagnie de gens qui ne m'intéressent pas vraiment, avec des pauses interminables entre la soupe et la salade et le morceau de rôti trop cuit et le dessert hypercalorique. Si, si ça existe, et dans les meilleures sociétés.  

Eh bien, c'était tout le contraire. J'ai assisté à une sorte de miracle, j'étais, et cette fois l'expression s'impose, déçu en bien. Et combien. Donc, ça existe, des soirées parfaites, parfaitement bien organisées, oû on reste à table quatre heures sans s'ennuyer une seconde, en compagnie de gens sympas, drôles et en profitant d'un spectacle qui s'adresse à tous les sens.  

Je ne sais pas pourquoi on n'écrit pas plus souvent sur cette Confrérie du Guillon. Ce que j'ai vécu samedi soir est un évènement culturel d'une originalité incroyable, un spectacle unique, une sorte de "Gesamtkunstwerk", oeuvre d'art total qui allie cérémonie, gastronomie, bonne humeur, élégance, gentillesse et surtout beaucoup d'esprit. A croire que boire du vin rend particulièrement spirituel.

Les conseillers du Guillon, ces messieurs qui forment le noyau dur de la Confrérie (qui n'a qu'un seul but: chanter la gloire du vin en bonne compagnie, si je peux me permettre ce résumé) sont de véritables poêtes, des dignes successeurs de Gilles, de Jack Rolland, de Michel Deneriaz et d'autres grands chanteurs et humoristes Vaudois: a propos, l'un des meilleurs entre eux est effectivement le fils du légendaire homme-orchestre de la radio Romande Michel Dénériaz! Christian Dénéreaz est avocat, un beau monsieur, qui a une voix qui porte à cent mètres....

Chaque plat du repas (concoté par la brigade de Nino du restaurant de l'université de Lausanne à Dorigny) et chaque nouveau vin est annoncé par un conseiller en robe (jaune, rouge ou verte, les couleurs de l'automne) et là, c'est le miracle: ces messieurs ont préparé des textes qui font rires aux larmes le parterre de compagnons et compagnonnes, les blagues fusent, Khadafi, Brélaz, Merz et les Genevois en prennent plein la g...... Il y a tant de nouveaux bons mots, j'en ai noté des tout petits: "Je suis à moitié bilingue, je ne parle que le français." "Brigitte Bardot n'a jamasi investi dans la chirurgie esthétique, elle économise pour le taxidermiste." "Audiovisuel en Vaudois? Ecoute-voir!" "Pourquoi le drapeau vaudois est-il vert et blanc? Pour que le vin coule mieux dans le verre", "Les cochons ne vivent pas vieux, mais les vieux deviennent cochon" (en parlant de Berlusconi), "Ce sont des acrobates du verbe qui donnent au pays de Vaud des airs de St-Germain des Prés" 

Ces messieurs parlent sans micros, ils cultivent ce qui se perd de plus en plus chez nous: le discours libre, à haute voix, sans power point ni micro, ni musique d'accompagnement, ils chantent même, et en vers, s'il vous plait.     

Je n'éxagère pas, je suis plutôt du genre difficile en ce qui concerne le divertissement, je connais les "Schnitzelbänk" des Bâlois, je n'ai aucuen raison de louer gratuitement une institution juste parce qu'elle m'a offerte une sorte de carte de membre en forme de Guillon (ce machin qui est planté dans le tonneau et qu'on peut tirer un peu pour goûter le vin.... j'ai essayé et heureusement le vin blanc ne fait pas de tâches, j'en avais plein les pantalons...), mais ce "Ressat de la Confrérie du Guillon" est probablement l'évènement culturel qui m'a le plus impressionné, ces derniers temps. Et je ne boude pas le théâtre.

En plus, il faut dire que cette société qui n'est composée que de volontaires (vignerons, avocats, notaires, professeurs, ingéneiurs, architectes du pays de Vaud) fonctionne comme un organisateur de fêtes professionnel. La décoration est de bon goût. L'évènement est "timé" à la minute, les hôtes entourés et chouchoutés du début à la fin...le service des vins et des plats se fait en quatrième vitesse... impressionnant. Ils ne se prennent pas trop au sérieux, mais ils font les choses sérieusement.

Le Château de Chillon offre naturellement un cadre absolument fantastique pour un repas de fête de ce genre, avec ses grandes salles, sa chambre de torture et ses grands feux de cheminée. Seul bémol: le Château de Chillon refuse d'acheter une troisième machine à café, ce qui fait que le service du café prend plus de temps que prévu. (Mais cela devrait s'arranger bientôt).

14 novembre 2009 

Je vous donne encore la liste des vins, l'essentiel de la soirée (quitte à ne boire qu'une gorgée par verre, vu que la plupart des convives rrentraient en voiture...)

Vinzel AOC 2007 (Avec la terrine de chevreuil)

Aigle AOC Pinot noir 2007 (Avec les tagliatelles à la myrtille

Saint Saphorin AOC 2006 (Avec La Bocca d'oro de l'Atlantique poêlé aux poireaux et truffes)

La Côte AOC Gamaret 2005 (Avec le filet de sanglier "in Porchetta")

Dézaley AOC 2006 (avec le Vacherin de la Vallée)

 

Mon préféré: le Camaret, un très grand vin, digne des meilleurs Bordeaux.    

  

 

                   

02/11/2009

Cafés sans fumée qui se plaignent- eh bien, qu'ils meurent

 

Epurer le marché:

Les cafés qui n'ont pas d'autres raison d'être que de servir de fumoir à l'heure de l'apéro, doivent repenser leur offre.

Les jérémiades de certains cafetiers qui pensent perdre des clients à cause de l'interdiction de fumer m'on tinspiré trois remarques:

-Je salue le courage du président de GatsroNeuchâtel, Michel Vuillemin, qui a enfin osé dire une certaine vérité - très peu politiquement correcte: "Cette loi (interdictiond e fumer) va épurer le marché", "il y a trop de bistrots dans ce pays", "ceux qui se sont contentés d'enlever les cendrier en rouspetant méritent de fermer". Evidemment, il a été exclu de GastroSuisse, parce que cette société a pour seul but de défendre l'existence de tous les cafés, même les plus mal gerés.

-De passage à Zurich, j'étais supris de sentir de la fumée de cigarette dans un bon restaurant. Ca pue...On s'habitue tellement vite à l'air frais, à une ambiance qui permet de déguster son repas sans interférences nocives. Pour une fois Zurich a du retard par rapport à la Suisse romande. Si vous trouvez qu'il faut revenir à la fumée partout, allez respirer l'air dans les cafés de la gare, par exemple, c'est infecte, et bientôt historique, heureusement.

-J'observe avec un certain amusement l'engagement des journalistes pour la cause des fumeurs. Eux, qui sont normalement toujours du côté des apôtres de l'environnement, du bio, de la santé, bref du côté de ceux qui aimeraient construire un monde meilleur. Dans cette lutte contre le cancer des poumons, contre l'air pollué dans les lieux publics, pour le droit à respirer un air propre, ils sont très partagés: parce que tout en défendant les bonnes causes, ils sont en majorité en contradiction totale avec ce qu'ils prêchent, sur le plan personnel. Les fumeurs sont encore très nombreux dans notre profession. En revanche, les alcooliques sont en nette diminution, depuis quelques années. 

Les restaurants et bistrots que je fréquente se portent très bien avec l'interdiction de fumer. Et le personnel respire...

 

 

  

 

 

 

27/10/2009

Yes, you can, M. Brélaz

 

 

Peur du MCG

Lausanne fait enfin la chasse aux dealers...

la victoire éléctorale du Mouvement des Citoyens Genevois (MCG) de Eric Stauffer a fait l'effet d'une bombe, jusque dans le canton de Vaud. Eric Stauffer a promis de faire disparaître les dealers de drogue et les mendiants en moins de deux mois si on le laisse diriger les opérations.

Il a aussi promis de conquérir le pays de Vaud, d'y fonder un Mouvement des Citoyeny Vaudois.

Premier effet de cette annonce: du coup, les autorités lausannoise mettent la deuxième et la troisième vitesse dans la lutte contre les dealers de drogues qui squattent Bel Air, Riponne, Saint Laurent et depuis peu la Rue de Bourg.

Jusqu'à maintenant, les excellents articles, reportages et commentaires de 24heures sur le sujet, les protestations de citoyens, les diverses interpellation et motion de parlementaires inquiets n'ont eu que peu d'effets. La police a fait des razzias coup de poing pour amuser la galerie - et les médias, mais il n'y a eu aucune comncertation efficace entre les différents pouvoirs compétents, municipalité, police, pouvoir judiciaire, pour nettoyer le centre de la ville de cette "racaille" comme dirait Sarkozy.

Il fallait la menace du MCG pour qu'enfin ça bouge. Le municipal de police Vuilleumier, un bon type, sympa, promet enfin un programme, des nouveaux flics s'occuperont des dealers, le syndic Brélaz se plaint de la lenteur et du manque de sévérité des juges. Et annonce que "notre lutte doit tendre à l'éradication du marché, même si c'est impossible". 

C'est toujours ça, disait la souris qui faisait pipi dans le Léman. Attendons de voir si ces effets d'annonce seront suivis d'actes efficaces. Pour le centre de Lausanne, il y a urgence....

D'ailleurs, la formule de Brélaz est assez intéressante, elle mérité le Prix Champignac, c'est pourquoi je la répète: "Notre lutte doit tendre à l'éradication du marché, même si c'est impossible." 

Il veut dire: il est impossible de faire quelque chose, mais essayons quand même...

Je ne perds pas l'espoir.

 

      

 

  

 

 

 

 

14/10/2009

ChessexIII

Cher JLK,


votre réponse me plait. Vous devriez la publier dans le journal, partager vos émotions avec les lecteurs.

Je vous ai fait tort, peut-être...j'ai lu de l'aigreur, une volonté de blesser dans votre texte qui n'y étaient peut-être pas. 

Vous invoquez le manque de temps pour rédiger un texte qui serait à la hauteur du sujet, je vous répondrais que dans le journalisme, le temps ne doit jamais être un excuse, et sous la pression du "dead line" comme disent si joliment les Anglais, on écrit souvent les meilleurs textes, parce qu'ils contiennent beaucoup de spontanéité...

D'ailleurs, vous pouvez toujours revenir su le sujet...Chessex et son oeuvre restent d'actualité.

Ou je ne vous suis pas, c'est quand vous l'accusez d'avoir fait un "marketing douteux" pour son livre "Un Juif pour l'exemple"...

Reproche que j'entends souvent de la part d'autres personnes (auteurs et journalistes surtout).

Eh bien, je dirais que c'est justement ce qui manque à la plupart des créateurs romands, cette capacité de vendre, de "réseauter" jusqu'à Paris, de créer un buzz autour d'une oeuvre, cette capacité de faire du marketing, oui, qui naturellement implique un manque de pudeur souvent. Mais si vous voulez exister, à côté des auteurs français par exemple qui profitent d'une énorme machine de public relations et de marketing, vous devez suivre l'exemple de Chessex.

Naturellement, on ne peut se permettre de crier fort que si l'oeuvre tient la route, s'il est de qualité, s'il resiste à la critique...

Ce qui était le cas pour le Juif pour exemple. C'est un excellent livre, et vous verrez, quand il sortira en allemand, en février, comment les critiques zurichois vont le recevoir. Sans à prioris, sans jalousie, sans faire référence au caractère de l'auteur ou à ses antécédants de bagarreur...

A part ça, je me ferais un plaisir de rendre une petite visite à vos trois ânes, ce sont des animaux que j'adore. Vous pouvez me traiter  que je d'âne, et je suis heureux. Et n'oubliez pas, ils ont l'habitude de faire une auto-promotion très bruyante.

Disons que Chessex étaitz un très grand écrivain, et par moment un grand âne.  

Vous m'avez battu: je vis à 1000 mètres, et je rêve de vivre à 1222.

Bien à vous

Peter Rothenbühler