13/02/2012

Cher Pascal Broulis

Chr Pascal Broulis

Si je vous écris une deuxième fois en quelques semaines, c’est parce que je me sens presque obligé: cette semaine, vous étiez le seul Romand à faire les grands titres des médias suisses (jusqu’à Saint-Gall!) sans avoir cassé la gueule à un barman ou passé devant un juge. On parle de vous pour une bonne cause. On vous critique aussi, évidemment, mais avec respect.

Sans faire de bruit, votre gouvernement a attiré des «géants» sur le territoire vaudois en distribuant de jolis cadeaux fiscaux, en exploitant «à mort» les dispositions de «l’arrêté Bonny». Eh bien, pour une fois qu’un gouvernement se montre assez malin pour booster la vie économique de son canton, on ne va pas pleurer.

Bien sûr que cette arrivée massive d’entreprises multinationales est aussi source de dommages latéraux, dans l’immobilier par exemple, et vous devrez tout faire pour les réparer. Mais ce qui compte, aujourd’hui, c’est que votre gouvernement a réussi à réaliser un tournant historique: le temps est fini où l’on pouvait, à juste titre, reprocher aux Romands de ne pas savoir montrer les dents, de laisser filer tous les avantages du côté de Zurich. La perception du canton de Vaud a fondamentalement changé: Vaud et celui qu’on a appelé «le petit Broulis» jouent dorénavant dans la Ligue des champions.

Cordialement, Peter Rothenbühler

06/02/2012

Cher François Marthaler

Cher François Marthaler

J’apprends que vous, patron cantonal des Infrastructures, avez l’intention de communiquer abondamment sur le projet du nouveau Parlement cantonal, le fameux «Rosebud» (bouton de rose) qui ressemble davantage à une station de téléphérique qu’à un bouton de rose. Je me demande bien ce que vous voulez encore en dire.

Les pour et les contre se chamaillent autour d’un sujet secondaire: la couleur du toit. Sera-t-il marron comme présenté sur les maquettes ou gris comme prévu en réalité, ce qui ne plaît pas aux fans de tuiles.

Or, la question n’est pas là. Si référendum contre le projet il y a, les gens vont dire non à ce projet, non pas pour une question de couleur, mais parce que ce toit asymétrique est tout simplement moche. Pas beau à voir. Il faut juste l’avouer et enfin arrêter de prendre les citoyens pour des analphabètes de l’esthétique: juger un projet architectural est une affaire d’experts, nous rappelle-t-on sur un ton de maître d’école. Je veux bien que les questions techniques ne puissent pas être jugées par des amateurs, mais quand il s’agit d’esthétique, même un gamin de 4 ans pourra vous dire si la bâtisse est excitante, émouvante, belle à voir ou pas du tout. Les députés n’ont qu’à faire confiance à leur goût et ils sauront ce qu’il y a à faire.

Cordialement, Peter Rothenbühler

24/01/2012

Cher Didier Cuche

Cher Didier Cuche

Merci et encore merci. Hier, vous avez fait pleurer de joie toute une nation. Une fois de plus vous avez maîtrisé la Streif. Formidable! Si j’étais patron horloger, je vous engagerais comme ambassadeur. Vous n’êtes pas fait pour une simple pub de lunettes ou de voiture. Non, vous représentez plus, des valeurs suisses, je dirais même des valeurs jurassiennes, les plus nobles qui soient: gaillard solide, fiable, sérieux, modeste, grand travailleur, pas grande gueule pour un centime, mais avec ce talent extraordinaire et surprenant des gens du Jura pour allier la beauté, le rêve et le design avec la précision de la mécanique fine. C’est tout vous.

Vous skiez comme un horloger: vos lignes et courbes sont belles et précises à la fois, et le tourbillon que vous produisez à l’arrivée, c’est juste beau, comme une montre suisse! Et votre maîtrise du temps, incroyable: je ne parle pas seulement des centièmes de seconde que vous chipez à vos concurrents, mais de votre sensation pour le moment propice, pour la juste préparation, pour l’heure venue. Magistrale décision, votre annonce de retraite, à l’endroit même de vos plus grands triomphes!

Le petit gars des Bugnenets que vous étiez a encore un bel avenir devant lui. Mais, aujourd’hui, fêtons cette heure de gloire, ce moment d’exception de l’histoire du ski.

Cordialement, Peter Rothenbühler

PS. Après parution de cet texte, on m'a d'une part félicité d'avoir vanté le valeurs jurassiennes, d'autre part rendu attentif au fait que Didier Cuche est déjà ambassadeur d'une marque de montre, Corum. Pardonnez-moi! je ne le savais pas. Et pour cause: je me demande pourquoi ce partenariat ne se remarque pas. Où sont les annonces, les affiches qui profitent de ce mariage entre l'idôle du moment et une belle marque???

 

 

 

 

17/01/2012

Cher Mark Muller

Cher Mark Muller

Peu importe qui a cogné le premier, dans la nuit du 1er janvier. Aux juges de démêler les faits. Un conseiller d’Etat légèrement ivre, emmêlé à 5 heures du mat’ sur le parvis du «MàD» dans une bagarre avec un barman, ce n’est pas glorieux, ni pour lui ni pour la République qu’il est censé représenter. Je dirais même que cela ne devrait jamais arriver. Ou ne jamais monter jusqu’au tribunal…

Bien sûr que vous avez le droit de boire quelques verres de trop à Nouvel-An, mais pas n’importe où et à n’importe quelle heure. Et quand vous vous faites agresser à la sortie des toilettes, vous ne devriez pas riposter, ni verbalement, ni physiquement. Vous le savez bien.

Le malheureux «Dégage, pauvre con!» de Sarkozy lui a coûté très cher. Mais lui, au moins, il sait aussi cogner en politique. Alors que chez vous, on attendrait justement un peu plus de pugnacité: Pour faire sauter les verrous qui bloquent la situation catastrophique de l’immobilier à Genève, par exemple. Une réputation de cogneur, ce n’est pas si mal en politique, sauf quand c’est lié à des histoires de sortie de bar, bien sûr. Et quand l’affaire se termine inutilement devant les juges.

Quel genre de négociateur êtes-vous? Quelques verres de plus, et le différend était réglé, non? Pour le bien de la République. Et de votre réputation.

Cordialement, Peter Rothenbühler

10/01/2012

Cher Pascal Broulis

Cher Pascal Broulis,

Ouh là, là, un livre sur les impôts, écrit par le ministre des Finances du canton de Vaud. La barbe, me suis-je dit, quand j’ai reçu en cadeau votre bouquin «L’impôt heureux en 150 anecdotes». «L’impôt heureux»… on se moque de moi ou quoi?

Mais quelle surprise: je l’ai lu! Il est plein d’infos amusantes, instructives et surtout: bien écrit et bien illustré. C’est le premier livre que j’ai seulement osé ouvrir sur un sujet qui m’indiffère (ou me rebute) presque autant que la physique quantique.

Attention, je paye mes impôts, je suis un contribuable consciencieux, mais je ne lis même pas les instructions et recommandations qui accompagnent le courrier de vos services, la déclaration d’impôt. Parce ce que je suis convaincu que je n’y comprends rien.

Et là, j’ai lu, et lu et lu, comme si j’avais un roman policier norvégien entre les mains. Vous êtes un véritable sorcier, Monsieur. Vous me rappelez mes meilleurs profs, ceux qui savaient nous intéresser à des sujets ultradifficiles en nous racontant des anecdotes significatives, avec enthousiasme et les yeux brillants. Voilà un ministre des Finances qui ne se contente pas de tondre les contribuables comme des moutons mais essaye, et réussit, à les rendre plus intelligents. Avec le sourire. Ça vaut presque un prix littéraire.

Cordialement, Peter Rothenbühler

01/01/2012

Chère Gisèle Ory

 

Chère Gisèle Ory,

Vous ne défendez pas trop bien votre projet d’«hôpital multisites» pour le canton de Neuchâtel. Au lieu de taper du poing sur la table, vous tapez sur vos critiques. Au lieu d’en faire une affaire personnelle, vous vous cachez derrière des experts et vos collègues du Conseil d’Etat qui vous soutiennent à peine. Il me semble que vous essayez même de cacher les véritables enjeux.

En déclarant que «les critères» pour votre concept (la chirurgie à La Chaux-de-Fonds, la maternité à Neuchâtel, etc.) «sont médicaux et économiques avant d’être politiques», vous tordez le cou à la logique économique, médicale et financière qui veut qu’un petit canton se dote d’un seul grand hôpital. Tout le monde sait que l’obstacle qui empêche une solution plus rationnelle est d’ordre purement politique: la concurrence terrible entre le Haut et le Bas, un «mal neuchâtelois» inguérissable. On a beau dire qu’une ambulance met moins de temps pour se rendre de La Tchaux à Neuch’ que de Renens au CHUV, rien n’y fait. Il fallait à tout prix ménager le Haut et le Bas, quitte à créer des structures monstrueuses.

Pour guérir un mal de ce genre, il faut d’abord passer par un diagnostic clair, net et brutal. Osez-le! Et vous avez peut-être encore une chance de réussir dans votre fonction de cheffe du Département de la santé.

Cordialement, Peter Rothenbühler

Chère Gisèle Ory

 

Chère Gisèle Ory,

Vous ne défendez pas trop bien votre projet d’«hôpital multisites» pour le canton de Neuchâtel. Au lieu de taper du poing sur la table, vous tapez sur vos critiques. Au lieu d’en faire une affaire personnelle, vous vous cachez derrière des experts et vos collègues du Conseil d’Etat qui vous soutiennent à peine. Il me semble que vous essayez même de cacher les véritables enjeux.

En déclarant que «les critères» pour votre concept (la chirurgie à La Chaux-de-Fonds, la maternité à Neuchâtel, etc.) «sont médicaux et économiques avant d’être politiques», vous tordez le cou à la logique économique, médicale et financière qui veut qu’un petit canton se dote d’un seul grand hôpital. Tout le monde sait que l’obstacle qui empêche une solution plus rationnelle est d’ordre purement politique: la concurrence terrible entre le Haut et le Bas, un «mal neuchâtelois» inguérissable. On a beau dire qu’une ambulance met moins de temps pour se rendre de La Tchaux à Neuch’ que de Renens au CHUV, rien n’y fait. Il fallait à tout prix ménager le Haut et le Bas, quitte à créer des structures monstrueuses.

Pour guérir un mal de ce genre, il faut d’abord passer par un diagnostic clair, net et brutal. Osez-le! Et vous avez peut-être encore une chance de réussir dans votre fonction de cheffe du Département de la santé.

Cordialement, Peter Rothenbühler

26/12/2011

Tango TSR

Chère Sofia Pekmez, cher Michel Zendali,

La première de votre «Tango» ne m’a pas séduit. Du tout. D’abord, regardez-vous dans la glace: seriez-vous d’accord de regarder une émission sur la «séduction» présentée par un couple d’un certain âge, comme on dit pour ne pas dire vieux? Michel avec ses attitudes de James Bond, sa voix de crooner et son regard qui dit «mais qu’est-ce que je fais ici»? Et la belle Sofia qui se la joue sexy, avec petite robe noire, décolleté et des sorties déjantées du genre: «Moi, j’adore vos fesses» (à Michel). Pathétique. En plus, ça allait dans tous les sens. Les invités brillaient par des obsessions qui relèvent plus de la psychiatrie que du divertissement. Et, parmi les «experts», c’est Christian Constantin qui disait les choses les plus intelligentes. Un président de club qui parle mieux que tous les autres dans un «magazine de société», ça fait réfléchir! Par moments, j’avais envie de vous crier: «Attention, les papis, on vit au XXIe siècle!» Mais voilà, le mal est fait: choisir la «séduction» comme thème d’une émission qui veut «mettre face à face des représentants des deux sexes», c’est comme choisir la paix, le fromage, la croyance ou un autre sujet très, très vaste, sans accrochage actuel. Et cela à un moment où tout le monde parle d’implants mammaires… échec garanti. On ne s’invente pas Delarue ou Dechavanne sur le tard, mes chers.

Cordialement,Peter Rothenbühler

Tango TSR

Chère Sofia Pekmez, cher Michel Zendali,

La première de votre «Tango» ne m’a pas séduit. Du tout. D’abord, regardez-vous dans la glace: seriez-vous d’accord de regarder une émission sur la «séduction» présentée par un couple d’un certain âge, comme on dit pour ne pas dire vieux? Michel avec ses attitudes de James Bond, sa voix de crooner et son regard qui dit «mais qu’est-ce que je fais ici»? Et la belle Sofia qui se la joue sexy, avec petite robe noire, décolleté et des sorties déjantées du genre: «Moi, j’adore vos fesses» (à Michel). Pathétique. En plus, ça allait dans tous les sens. Les invités brillaient par des obsessions qui relèvent plus de la psychiatrie que du divertissement. Et, parmi les «experts», c’est Christian Constantin qui disait les choses les plus intelligentes. Un président de club qui parle mieux que tous les autres dans un «magazine de société», ça fait réfléchir! Par moments, j’avais envie de vous crier: «Attention, les papis, on vit au XXIe siècle!» Mais voilà, le mal est fait: choisir la «séduction» comme thème d’une émission qui veut «mettre face à face des représentants des deux sexes», c’est comme choisir la paix, le fromage, la croyance ou un autre sujet très, très vaste, sans accrochage actuel. Et cela à un moment où tout le monde parle d’implants mammaires… échec garanti. On ne s’invente pas Delarue ou Dechavanne sur le tard, mes chers.

Cordialement,Peter Rothenbühler

19/12/2011

Muriel Zeeender-Berset

LE MAIL DE

 

Chère Muriel Zeender-Berset,

Si vous aviez été élue à la place de votre mari, toute la nation s’interrogerait: mais qui garde les enfants? Et accessoirement: pourquoi n’y a-t-il pas encore de garderie d’enfants au Palais fédéral? Mais comme ce n’est pas une maman mais un papa de 39 ans qui a été élu, tout le monde part du principe que c’est la maman qui restera à la maison, que c’est la professeure de littérature que vous êtes qui va mettre les enfants au lit et assumer toutes les taches ménagères. Alain au palais, Muriel aux fourneaux. Voilà le topo de vos prochaines douze années. Et vous semblez trouver ça tout à fait normal, déclarez que ça ne changera pas trop votre train de vie actuel.

J’en déduis que les couples parfaits, ça existe quand même. Après avoir découvert l’homme sans défauts, celui qu’on appelle déjà le Mozart de la politique, nous voilà en train de découvrir la femme parfaite, son épouse. Femmes de ce pays, prenez un exemple! On peut avoir trois enfants en bas âge, un métier, un engagement politique et un mari qui part et rentre à des heures impossibles, et tout va bien dans le meilleur des mondes.

Je vous admire, chère Muriel, je suis sûr que vos enfants seront aussi parfaits que leurs parents et diront aussi «no problem» à qui exprimera des doutes.

Cordialement, Peter Rothenbühler

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