22/06/2011 16:35 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (0)

Les yeux tristes de Charlène

Les yeux de Charlene

 Avez-vous remarqué que le vent tourne dans les médias au sujet du mariage princier de Monaco? La plupart des magazines continuent de nous bassiner avec le mariage du siècle et le «grand bonheur», le «grand amour» du prince Albert II et de sa nageuse Charlene Wittstock, qui ne rêve que de donner un héritier au trône, selon ses interviews officielles. Mais le regard triste, froid et distant de Charlene, et les gestes maladroits, privés de toute tendresse de son futur époux, nous disent clairement autre chose. Même le bon peuple de Monaco n’y croit plus, à ce grand amour. Un plagiste anonyme cité par le magazine VSD le résume bien: «Petit à petit son regard s’est éteint. Nous avons maintenant une princesse Barbie, froide comme un glaçon.» Voici ose même un titre massacrant: «Charlene, tu peux encore dire non.»

La mode de Calmy-Rey

Les fringues de Calmy-Rey

 La petite polémique lancée ici au sujet du look de notre présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, connaît des suites: le Blick s’est posé des questions jeudi, Le Temps les a reprises vendredi: la présidente n’a-t-elle pas assez de fringues? (Elle met plusieurs jours de suite les mêmes costumes très voyants.) Et: serait-elle mal conseillée? Il faut dire qu’en matière de mode nous sommes plus sévères avec les femmes. Une politicienne qui porterait toujours la même cravate ornée d’un chat se ferait maltraiter par les médias, c’est sûr. Mais enfin, une présidente, c’est autre chose qu’un syndic de Lausanne. Elle rencontre les grands de ce monde, elle est notre carte de visite. Donc, si elle décide de porter la même veste verte sur des pantalons bleus à l’ouverture d’une exposition d’art à Bâle et le lendemain pour rencontrer M. Poutine à Genève, en changeant seulement de T-shirt, c’est juste mauvais pour l’image de notre pays. Ce n’est pas un manque de fringues, mais un manque de goût, et de respect pour la fonction, et pour l’hôte de marque.

07/06/2011 16:49 Publié dans Chronique Le Matin Dimanche | Lien permanent | Commentaires (2)

Cher Albert II de Monaco

images[2].jpgCher Albert II de Monaco

Lâchez-vous un peu, mon vieux, soyez un tantinet plus naturel, et surtout: montrez un peu d’affection réelle pour votre future mariée. Je ne peux m’empêcher d’étudier dans la presse les nombreuses photos du couple princier que vous formez avec Charlene Wittstock, de vingt ans votre cadette: on dirait une carte postale, des statues en cire, deux mannequins posant pour un catalogue de mode mariage, proprets, bien photographiés et bien retouchés, mais tellement froids. Il manque ce courant électrique, ces sourires qu’on a pu voir dans les yeux et sur les lèvres de l’autre couple princier, William et Kate. Les mains qui se cherchent par exemple. Et pas des mains posées l’une dans l’autre comme le photographe vous l’a dit. Pardonnez-moi de m’occuper de ce qui ne regarde que vous et votre future épouse – au fond. Mais c’est vous qui avez commencé. Vous faites d’une affaire purement privée un événement public. Vous espérez que votre mariage se grave dans la mémoire non seulement de vos «sujets», les Monégasques, mais du monde entier. Quand on s’expose autant, on doit s’attendre à être observé de près. Pour le moment, ça va plutôt bien pour vous: les médias adorent raconter des contes de fées, sans se poser trop de questions. Alors, bonne chance, mais détendez-vous un peu…

Cordialement

Peter Rothenbühler

23/05/2011 14:35 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (2)

Qui est la victime?

Qui est la victime?

 L’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York, les accusations portées contre lui, sont tellement énormes, tellement incroyables qu'en France, on évite la seule question rationelle qui compte: est-il coupable ou non? On a préféré parler de complot. Ou de gloser sur le choc des cultures: ici, la France tolérante, libertine, catholique, où les politiciens sont un peu olé olé et où les médias ferment les yeux sur les écarts moraux de leurs dirigeants et - entendons-nous, sans le dire - DSK aurait échappé à la justice..... Là, une Amérique protestante, puritaine, moralisatrice, sans pitié, sans tolérance, qui condamne l’adultère de ses leaders. Et une justice sans pitié qui traque, humilie, met au pilori, expose les prévenus à la meute des reporters.

Mais le seul et véritable choc des cultures qui intéresse dans cette affaiere, c'est celui entre deux individus: un homme blanc, juif, très puissant, très riche et libertin qui s’en prend à une immigrée africaine, noire, musulmane, effacée, pauvre, exemplaire au travail.

On préférerait tant, en France, croire que ce soit Strauss-Kahn la victime. Le contraire serait une catastrophe. C'est pourquoi les avocats de Strauss-Kahn feront tout pour transformerune une victime en coupable. Et ainsi la violer une seconde fois.