01/04/2011 14:54 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (1)

Jean-Daniel Gerber

Départ d’un grand

 Les trains qui partent à l’heure et ne déraillent pas ne font pas les gros titres. Ainsi, l’annonce que M. Jean-Daniel Gerber, directeur du SECO, ancien chef de l’Office fédéral des migrations, ancien directeur exécutif auprès du Groupe de la Banque mondiale, partira à la retraite fin mars, n’émeut pas les foules. Je parie que 80% des lecteurs ne savent pas qui est M. Gerber, alors qu’il a été responsable pendant des années de quelques-uns des problèmes les plus épineux de la Confédération: les réfugiés, la politique économique, le marché du travail, etc. C’est que M. Gerber a été excellent dans tout ce qu’il a touché. Cet homme de grande culture, respecté par tous, est resté modeste dans le contact quotidien avec les citoyens. Jamais l’objet d’un scandale, ses prises de position étaient pourtant souvent très courageuses, mais aussi fondées. Il partira sans faire de bruit. Nous ne pouvons que le remercier.

L'expert rêvé!

L’expert rêvé

 On s’interroge sur l’avenir du nucléaire. A qui faire confiance? Les nouvelles sont alarmantes, les politiciens surfent sur la vague de la peur, les experts défilent sur les plateaux de télévision et ne nous inspirent pas toujours confiance. Sauf un. Un homme qui pourrait jouer les notaires de campagne au cinéma, un monsieur tranquille aux yeux très éveillés derrière des lunettes rectangulaires, la moustache grise, le costume sobre, il s’appelle Hans-Björn Püttgen, il est directeur de l’Energy Center de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). En quelques jours, Püttgen s’est construit une aura de crédibilité extrêmement solide. L’homme ne s’excite pas, il est sans a priori, il explique, il dit ce qu’il sait, tout ce qu’il sait, et il en sait beaucoup. C’est un homme libre, l’expert rêvé.

15/03/2011 12:07 Publié dans Chronique Le Matin Dimanche | Lien permanent | Commentaires (0)

Chère Marine Le Pen

Chère Marien Le Pen,

Notre pays vous inspire. Vous admirez notre système politique et surtout notre attachement à la souveraineté, nous réglons mieux nos problèmes d’immigration, la France a beaucoup de leçons à recevoir de la Suisse bref, pour vous, nous sommes un exemple.

A voir les photos qui soulignent vos propos dans l’Illustré, on se demanderait presque comment cette jolie et sympathique blonde qui porte un bijou africain (!) au cou, peut passer pour une vilaine, méchante, dangereuse leader de l’extrême droite chez elle?

Mais attention, ne vous réjouissez pas trop tôt. Pour comprendre la Suisse, et surtout ses médias, vous devez savoir que les Suisses sont aussi un modèle de masochisme. Nous aimons les flatteries seulement quand elles viennent de la part de gens que nous détestons. Parce que nous imaginons trop volontiers que les gens bien nous détestent.

C’est le cas après chaque victoire de l’UDC: nous pensons que toute l’Europe nous en veut à mort. Alors que ce n’est pas du tout le cas. Le monde entier, gauche et droite confondus, admire la politique suisse. Mais ça nous gêne. Parce que nous ne nous plaisons pas en nous regardant dans le miroir. Nous préférons les miroirs déformants, nous acceptons juste d’être admirés par des gens comme vous. Plaisir de masos, vous comprenez?

Cordialement Peter Rothenbühler

Lieber Kurt Felix

Lieber Kurt Felix,

Wann kommst Du wieder ? Das ist die Frage, die ich Dir immer wieder stelle, seit du mit 50 beschlossen hast, deine TV-Karriere abzuschliessen und das Privatleben mit Paola zu geniessen. Keiner hat’s geglaubt, damals. Aber Du hast es durchgezogen, mit Velo, Motorboot, Haus in Italien. Und glücklicherweise auch mit Kolumnenschreiben. Deine Kommentare in der Schweizer Illustrierten sind  Kult geworden, du hast so viele neue Begriffe geprägt wie nur  Kachelfrosch zum Wetter. Hast als Hohepriester der Unterhaltung sogar Intellektuellen die Scham vor dem TV-Genuss genommen.  Jungjournalisten, die noch nie « Verstehen Sie Spass ?» gesehen haben, nicht wissen, dass Du weltweit als Erster die versteckte Kamera zur Samstagabendkiste gemacht hast,  klopfen noch heute bei dir an, wenn sie  TV-Expertise brauchen. Alt-Journalisten übrigens auch (Danke für die vielen Tipps !). Noch nie ist einer so früh abgetreten um solange dabeizubleiben.  Ich bedauere nur, dass du kein Buch geschrieben hast, auch über dein Eheglück z.B., das jeden Eheberater närrisch macht.  Jetzt überschlagen sich die Medien natürlich mit Interviews zum Siebszigsten. Das mag ich Dir gönnen. Nur sehne ich mich nach einer Zeit zurück, wo man Prominente noch  weniger gnadenlos auf ihre Krankheiten ansprach – und reduzierte. Du bist nicht Kurt Krebs, dammi. Du bist Felix, der erfolgreichste TV-Macher der Schweiz. Also : wann kommst du wieder ? Ich kenne die Antwort : « Weisch, Peter, ich han beschlosse….. » Okay, ich insistiere nicht. Hebs guet !

Herzlich

Peter Rothenbühler

Paru dans Sonntagszeitung du 13 mars 2011