10/01/2012 08:34 Publié dans Chronique Le Matin Dimanche | Lien permanent | Commentaires (0)

Cher Pascal Broulis

Cher Pascal Broulis,

Ouh là, là, un livre sur les impôts, écrit par le ministre des Finances du canton de Vaud. La barbe, me suis-je dit, quand j’ai reçu en cadeau votre bouquin «L’impôt heureux en 150 anecdotes». «L’impôt heureux»… on se moque de moi ou quoi?

Mais quelle surprise: je l’ai lu! Il est plein d’infos amusantes, instructives et surtout: bien écrit et bien illustré. C’est le premier livre que j’ai seulement osé ouvrir sur un sujet qui m’indiffère (ou me rebute) presque autant que la physique quantique.

Attention, je paye mes impôts, je suis un contribuable consciencieux, mais je ne lis même pas les instructions et recommandations qui accompagnent le courrier de vos services, la déclaration d’impôt. Parce ce que je suis convaincu que je n’y comprends rien.

Et là, j’ai lu, et lu et lu, comme si j’avais un roman policier norvégien entre les mains. Vous êtes un véritable sorcier, Monsieur. Vous me rappelez mes meilleurs profs, ceux qui savaient nous intéresser à des sujets ultradifficiles en nous racontant des anecdotes significatives, avec enthousiasme et les yeux brillants. Voilà un ministre des Finances qui ne se contente pas de tondre les contribuables comme des moutons mais essaye, et réussit, à les rendre plus intelligents. Avec le sourire. Ça vaut presque un prix littéraire.

Cordialement, Peter Rothenbühler

01/01/2012 17:55 Publié dans Sonntagszeitung Kolumne | Lien permanent | Commentaires (1)

Liebe Micheline Calmy-Rey

Liebe Micheline Calmy-Rey,

Sie waren in den letzten Jahren meine Lieblingskorrespondentin, auch wenn Sie mir nie zurückgeschrieben haben. Ich konnte mich immer so schön ärgern über Sie. Und wundern. Noch vor zwei Jahren sagte man Ihnen ein Karriere-Ende mit Schrecken voraus. Jetzt, wo Sie durch einen politischen Schluck Tee ersetzt werden, bricht plötzlich so etwas wie Nostalgie aus. War dies die letzte Figur mit Ecken und Kanten im Bundesrat ? Kommt jetzt wieder eine Durststrecke der aussenpolitischen Neuenburger Pendulen à la Aubert- und Felber? Es weinen die Karikaturisten. Und die Kommentatoren finden endlich, doch, doch, die Frau hat’s gebracht, an einem Posten, wo prinzipiell nicht viel auszurichten ist, hat sie einiges bewegt, manchmal sogar im Interesse des Landes. Ihr starkes Auftreten, Ihr Charisma, Ihre Eleganz sind weltweit positiv aufgefallen. Sie sind also dauf und dran, als recht gute Aussenministerin in die Geschichte einzugehen. Wobei vermutlich bei vielen Lobhudlern der leise Wunsch mitschwingt, dass Sie definitiv von der Bildfläche verschwinden, und nicht, wie Sie schon gedroht haben, sich weiter für gewisse Anliegen einsetzen werden (Aerger garantiert !). Ihr Abschied kommt auch in einem Moment, wo eigentlich alle offenen Fragen ihrer Amtszeit geklärt sind, ausser einer natürlich : Wer ist eigentlich Ihr Coiffeur ? Ich gebe zu, dass ich in den letzten Jahren mehrere Reporter auf die Suche geschickt habe, um den Kerl blosszustellen, leider erfolglos. Jetzt gebe ich es auf. Good luck !

Herzlich

 

Peter Rothenbühler

Chère Gisèle Ory

 

Chère Gisèle Ory,

Vous ne défendez pas trop bien votre projet d’«hôpital multisites» pour le canton de Neuchâtel. Au lieu de taper du poing sur la table, vous tapez sur vos critiques. Au lieu d’en faire une affaire personnelle, vous vous cachez derrière des experts et vos collègues du Conseil d’Etat qui vous soutiennent à peine. Il me semble que vous essayez même de cacher les véritables enjeux.

En déclarant que «les critères» pour votre concept (la chirurgie à La Chaux-de-Fonds, la maternité à Neuchâtel, etc.) «sont médicaux et économiques avant d’être politiques», vous tordez le cou à la logique économique, médicale et financière qui veut qu’un petit canton se dote d’un seul grand hôpital. Tout le monde sait que l’obstacle qui empêche une solution plus rationnelle est d’ordre purement politique: la concurrence terrible entre le Haut et le Bas, un «mal neuchâtelois» inguérissable. On a beau dire qu’une ambulance met moins de temps pour se rendre de La Tchaux à Neuch’ que de Renens au CHUV, rien n’y fait. Il fallait à tout prix ménager le Haut et le Bas, quitte à créer des structures monstrueuses.

Pour guérir un mal de ce genre, il faut d’abord passer par un diagnostic clair, net et brutal. Osez-le! Et vous avez peut-être encore une chance de réussir dans votre fonction de cheffe du Département de la santé.

Cordialement, Peter Rothenbühler

Chère Gisèle Ory

 

Chère Gisèle Ory,

Vous ne défendez pas trop bien votre projet d’«hôpital multisites» pour le canton de Neuchâtel. Au lieu de taper du poing sur la table, vous tapez sur vos critiques. Au lieu d’en faire une affaire personnelle, vous vous cachez derrière des experts et vos collègues du Conseil d’Etat qui vous soutiennent à peine. Il me semble que vous essayez même de cacher les véritables enjeux.

En déclarant que «les critères» pour votre concept (la chirurgie à La Chaux-de-Fonds, la maternité à Neuchâtel, etc.) «sont médicaux et économiques avant d’être politiques», vous tordez le cou à la logique économique, médicale et financière qui veut qu’un petit canton se dote d’un seul grand hôpital. Tout le monde sait que l’obstacle qui empêche une solution plus rationnelle est d’ordre purement politique: la concurrence terrible entre le Haut et le Bas, un «mal neuchâtelois» inguérissable. On a beau dire qu’une ambulance met moins de temps pour se rendre de La Tchaux à Neuch’ que de Renens au CHUV, rien n’y fait. Il fallait à tout prix ménager le Haut et le Bas, quitte à créer des structures monstrueuses.

Pour guérir un mal de ce genre, il faut d’abord passer par un diagnostic clair, net et brutal. Osez-le! Et vous avez peut-être encore une chance de réussir dans votre fonction de cheffe du Département de la santé.

Cordialement, Peter Rothenbühler