28/06/2011 11:23 Publié dans A propos de tout (ma chronique dans Le matin) | Lien permanent | Commentaires (2)

Toits cintrés de Pully

Toits cintrés

 Bonne nouvelle: le Conseil communal de Pully condamne enfin les toits cintrés, ces énormités architecturales, sorte de tonneaux géants couchés qui ont poussé comme des champignons sur le territoire de la commune. Chaque fois que je me suis promené le long du lac, je me suis demandé: mais pourquoi, en Suisse romande, peut-on construire n’importe quelle horreur, sans que les autorités interviennent? Pully l’a fait. Bravo!

Pendant qu’on y est: les maisons peintes en jaune vif, en orange ou carrément en rouge, de vraies lanternes en béton visibles à grande distance, se multiplient dans la région. Est-ce dû à une étrange folie des peintres en bâtiment ou à l’ambition des propriétaires de faire voir à tout le monde qu’ils ont une très, très jolie maison?

Cher Pierre Keller

Cher Pierre Keller,

Pas facile, ces honneurs, n’est-ce pas? Le provocateur, l’artiste sulfureux, le polémiste soudain élevé au rang de notable, de ponte, honoré, applaudi par tous. Le Coluche de la culture suisse (par tes gestes comme par tes vannes) décoré comme un général, rentrant victorieux d’une bataille. Etrange, non?

Quand l’ambassadeur de France t’a accroché les palmes académiques au revers, l’autre jour, ils étaient tous là, autorités, amis, artistes, grands cuisiniers. C’était beau, festif, sympa. Tu étais touché aux larmes. Mais tu semblais aussi souffrir un peu. Parce que c’est quand même la fin de quelque chose…

Bon, tu ne serais pas Pierre Keller, si tu ne savais pas transformer une fin en nouveau départ. Discrètement tu changes ta «tournée d’adieu» de directeur de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) en campagne, pour une nouvelle carrière, politique par exemple. A la radio tu as déjà changé de ton, soudain, le trublion excité d’hier se donne des airs de sénateur. Ça te va bien, d’ailleurs, ce discours serein. Mais, avant de redémarrer, laisse-nous encore un peu te fêter: avant toi, l’ECAL n’était qu’une modeste école d’art régionale. Tu en as fait l’une des meilleures écoles de design et d’art du monde. Non, la meilleure! La Suisse te doit une profonde reconnaissance.

Cordialement, Peter Rothenbühler

22/06/2011 16:37 Publié dans Chronique Le Matin Dimanche | Lien permanent | Commentaires (0)

Chère Marianne Huguenin

Chère Marianne Huguenin,

Le Prix Wakker pour l’Ouest lausannois est une jolie récompense pour la population et les municipaux de cette ancienne périphérie de Lausanne, qui est en train de devenir le nouveau centre vital de la capitale vaudoise.

Belle revanche sur le destin, en effet, pour une ancienne «zone industrielle», longtemps considérée comme un ghetto d’immigrés, et regardée de haut par les voisins lausannois. Mais oublions les anciennes et vilaines discriminations.

Je vous écris, parce que vous symbolisez si bien le renouveau de Renens, la ville dont vous êtes la syndique. J’ai toujours eu un faible pour Renens en particulier et pour les grandes personnalités communistes issues de familles bourgeoises en général. Intelligentes et cultivées, elles marient si bien un engagement social radical et des valeurs humaines fortes avec une compréhension très empathique de l’économie de marché.

S’il n’y avait qu’une médaille à décerner ce week-end, je vous la remettrais à vous personnellement, et je pense que la population de l’Ouest lausannois, qui vous adore, est bien d’accord avec moi. J’aimerais aussi vous encourager à continuer votre travail, parce qu’il est loin d’être fini. Il faut encore un tas de projets audacieux pour que le Grand-Lausanne devienne enfin digne d’entrer dans la Super League des villes européennes.

Cordialement, Peter Rothenbühler

Freysinger hors jeu

Freysinger hors jeu

 Oskar Freysinger a toujours été un politicien UDC hors norme, original, amusant. Avec son allure de barde gaulois, ses envolées lyriques et son franc-parler, il a réussi à se faire des amis loin au-delà de son parti. Mais avec ses visites médiatisées aux personnalités européennes d’extrême droite antimusulmanes, il se fait surtout des ennemis, actuellement. D’abord au sein de son propre parti, où on ne le comprend plus. L’UDC a tout fait pour éviter d’être associée aux fachos étrangers en tous genres. Et voilà que Freysinger, avec ses gros sabots, en remet une couche. Comment peut-on combattre toute union européenne et en même temps essayer de créer une amicale européenne des xénophobes?